Accueil/Environnement/« Avoir un méthaniseur, c’est comme manœuvrer un paquebot »

« Avoir un méthaniseur, c’est comme manœuvrer un paquebot »

François Dusannier, gérant de la société Agriopale et de Pré du Loup énergie répond à nos questions sur l’unité de méthanisation à injection que son frère et lui ont installée et sur l’intérêt de produire du biogaz.

Méthaniseur, méthanisation, biogaz, injection

 

Depuis quand votre unité tourne-t-elle ?
Mon frère et moi avons installé une unité à Saint-Josse-sur-Mer (62), il y a trois ans. Il s’est passé cinq ans entre la décision de nous lancer et le jour où nous avons ouvert les vannes. Nous étions les six ou septième en France à choisir l’injection. Nous sommes situés sur le réseau qui approvisionne Le Touquet, Cucq, Merlimont… à côté, nous avons une exploitation de polyculture-élevage.

Quelles questions faut-il se poser avant de se lancer ? 
La méthanisation repose sur cinq piliers. D’abord, l’accès aux matières premières. Le moindre méthaniseur engloutit 10 000 t de déchets par an, il faut pouvoir les trouver, et dans la durée, car les contrats durent 15 ans. Ensuite, la biologie. Diriger un méthaniseur, c’est comme manœuvrer un paquebot : le moindre changement de ration prend huit jours à installer. Et il ne suffit pas de mettre des Cive (cultures intermédiaires à vocation énergétique, ndlr) pour que ça fonctionne… Attention aussi à la valorisation du digestat. C’est un produit intéressant car il remplace les engrais chimiques. Composé à 90 % d’eau, il demande une logistique et un épandage qui ont un coût. Enfin, l’accès au réseau. Contrairement au réseau électrique qui peut alimenter Marseille depuis le Nord, le gaz a deux vitesses : GrDF, c’est le réseau basse pression qui alimente en local, et GRT c’est l’autoroute, sous haute pression. Nous avons intérêt à injecter en basse pression car c’est moins coûteux. Si le gaz n’est pas consommé, on arrête de vous en acheter ! Ce sont les limites du système.

Quel est selon vous l’avantage de produire du biogaz ? 
La possibilité de le stocker dans le réseau. Quand on est dans une période de crise où les cours des céréales sont bas, ça peut être un moyen d’en valoriser une partie d’en faire de l’énergie… mais là c’est un autre débat…

Propos recueillis par Lucie De Gusseme

Coline Lucas 2018-03-09T13:57:22+00:00 9 mars 2018|Categories: Environnement|Mots clés: , , , |