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8 mai. Un hommage unique aux animaux

Le village de Couin (62) abrite le seul mémorial de France dédié aux animaux victimes des guerres. Chiens, chevaux ou pigeons ont accompagné et parfois sauvé la vie de militaires et de civils lors du second conflit mondial.

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Entre 1939 et 1945, près de 30 millions d’animaux ont servi sur les terrains d’opération. C’est deux fois plus que lors de la Grande Guerre. Les « Malgré eux », comme on les surnomme, étaient amenés dans les zones de combats pour tracter les hommes et le matériel, porter compagnie aux troupes, délivrer des messages ou, comme aujourd’hui encore, détecter les bombes. Beaucoup y ont perdu la vie, notamment dans la région et ses environs. Leur sacrifice est honoré dans une petite commune de la vallée de l’Authie.

Une fermette pas comme les autres
À la sortie de la champêtre municipalité de Couin, en direction de Bus-lès-Artois, le mur en briques rouges d’une ancienne fermette avec pignon sur rue attire instinctivement l’attention. Trois plaques de marbre noir, ornées de plantes, y sont ancrées. Dessus, des gravures de chevaux, de chiens et d’oiseaux. Ce cénotaphe* est le premier et unique monument aux morts du pays exclusivement consacré aux animaux disparus pendant les guerres. À Lille et à Verdun, des édifices existent également mais rendent uniquement hommage aux pigeons. Celui de ce village situé au sud d’Arras « a été érigé à l’initiative du Souvenir français et de l’ancien propriétaire des lieux, Yvon Damet, en juin 2004 », indique Francis Savoye, agriculteur et maire de Couin. Depuis cette date, des touristes français et étrangers – « surtout des Anglais », précise le premier magistrat – s’arrêtent chaque jour pour se recueillir, photographier et déposer une fleur ou une petite croix de bois au pied du monument, désormais référencé dans les guides.

L’embrigadement des animaux
Si la seconde guerre mondiale a l’image d’un grand conflit armé, mécanisé et motorisé ; les animaux y ont joué un rôle de premier choix. Leur enrôlement à des fins militaires était presque sans limite. L’Union soviétique utilisait par exemple des chiens antichars, équipés d’explosifs et dressés pour aller faire sauter les blindés ennemis. « Les chiens, souvent réquisitionnés dans des fermes, ont beaucoup servi comme sentinelles et patrouilleurs, déclare Francis Savoye, habitué à répondre aux questions du public de passage. Certains étaient même chargés de remettre des vivres aux soldats. » Lors du débarquement de Normandie en juin 1944, des moutons ont aussi été mis en première ligne par les Alliés pour avancer au préalable sur les terrains minés. Plus insolite encore, l’armée suédoise utilisait en 1942 des phoques entraînés à nager près des sous-marins. Les animaux étaient pourvus de mines individuelles à résonance magnétique qui explosaient à l’approche des submersibles. Dans la même perspective, les Américains avaient aussi comme projet d’équiper des chauves-souris d’explosifs, mais ce procédé ne fut jamais mis à contribution malgré des essais concluants. À l’issue de la guerre, beaucoup d’animaux ont reçu la reconnaissance de la Nation, accordée sous forme de décorations militaires, pour leurs actes de courage. Une bravoure aujourd’hui discrétement commémorée dans un petit coin du Pas-de-Calais.

Simon Playoult

La coupole d’Helfaut a 20 ans

Située à 5 kilomètres de Saint-Omer, la coupole d’Helfaut est l’un des vestiges les plus impressionnants de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui transformée en musée, elle propose plusieurs circuits de visite au public durant toute la semaine du 8 mai. Cet immense bunker nazi a été construit par l’Organisation Todt entre 1943 et 1944. Il devait être la base de lancement des fusées V2 contre Londres, fabriquées en série dans une usine souterraine en Allemagne par des déportés du camp de concentration de Dora. La coupole fut bombardée par les Alliés puis abandonnée en 1944, suite au débarquement de Normandie.
Sa masse écrasante, ses dédales souterrains et la souffrance des travailleurs forcés qui l’ont construite font de La Coupole un lieu symbolique de la barbarie nazie. C’est en 1997 que le site fut aménagé en centre d’histoire et de mémoire. Depuis son ouverture, elle a accueilli près de 2,5 millions de visiteurs, curieux ou passionnés. La visite débute par un sombre tunnel où résonne une reconstitution sonore des bombardements. Celui-ci débouche sur le grand dôme, constitué de 55 000 tonnes de béton armé.

* Un cénotaphe est un monument funéraire ne renfermant aucun corps.

2018-05-03T12:11:06+00:00 7 mai 2018|Categories: Actualité, Magazine|Mots clés: , , , , |