Accueil/Actualité/Apiculture. Des apiculteurs se font piquer leurs ruches

Apiculture. Des apiculteurs se font piquer leurs ruches

« Voler une ruche, c’est comme voler un mouton ou une vache », s’insurgent les apiculteurs professionnels, face à la recrudescence de disparitions.

« Pour moi, ce ne sont pas des professionnels qui ont fait cela. C’est l’œuvre de pieds nickelés… » Apiculteur à Wavrans-sur-l’Aa (62), dans l’Audomarois, Didier Dubois a découvert en milieu de semaine dernière que quatre de ses ruches ont disparu. Une cinquième a été retrouvée au bord d’un chemin, détériorée. C’est presque par hasard, en effectuant le tour des lieux où ses ruches sont en hivernage que l’apiculteur s’est rendu compte du forfait. « À cette époque de l’année, on ne déplace plus les ruches. On fait de la surveillance, de temps en temps, pour s’assurer que tout va bien », explique M. Dubois. Lorsqu’il arrive dans la friche où une trentaine de ruches sont installées, visibles depuis la RN 52, à Lumbres, il s’aperçoit que le compte n’y est plus. Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie et des constatations sur place ont été réalisées.

ruches, vol, miel

Didier Dubois, apiculteur professionnel dans l’Audomarois, vient de déposer plainte pour le vol de quatre de ses ruches. Crédit: DR

Des manipulations délicates

Quatre ruches ont disparu de leur lieu d’hivernage, à Lumbres. Une cinquième a été dégradée. Crédit: DR

Au delà du préjudice économique, Didier Dubois évoque également un préjudice moral. « Ce n’est pas cela qui va me faire arrêter mon activité, mais je suis choqué par le manque de respect pour mon travail. Quelqu’un qui voudrait reconstituer un cheptel ou acheter une ruche pour démarrer une activité, on peut l’aider et l’accompagner. Au lieu de cela, les abeilles qui m’on été prises sont condamnées. Il y a peu de chance qu’elles survivent ou qu’elles soient productives après avoir été manipulées en ce moment », assure l’apiculteur.

Un phénomène ancien qui s’amplifie

La disparition de ruches dans les Hauts-de-France n’est pas un phénomène nouveau. Il y a quelques jours, elle faisait l’objet de discussions lors de l’assemblée générale de l’association des apiculteurs professionnels en Pays du Nord-Picardie (APPNP). Pour Didier Dubois, c’est la seconde fois en 13 années d’activités qu’il est victime d’un vol de ruches. Au cours de l’été dernier, un apiculteur installé à Noordpeene a vu lui aussi 17 de ses ruches se volatiliser, pendant une transhumance. Courant de l’hiver 2016-2017, une autre de leurs collègues a également vu quatorze de ses ruches disparaître, pendant la période d’hivernage. Le phénomène, s’il n’est pas nouveau, fait néanmoins enrager ces apiculteurs professionnels qui ne disposent que de peu de moyens pour protéger leurs ruches.

Vincent Fermon

2018-01-16T13:27:04+00:00 12 janvier 2018|Categories: Actualité|Mots clés: , , , |