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Biodiversité. 10 hectares de flore restaurés dans le Nord et le Pas-de-Calais

Le Conservatoire botanique national de Bailleul a mené un programme de restauration de la flore menacée dans le Nord et le Pas-de-Calais. Trois ans après son lancement, l’équipe présente son bilan.

Visite de terrain lors de la journée de clôture du programme du Conservatoire botanique national de Bailleul. © CBNBL

L’orchis musc, la laitue vivace, le lichen pulmonaire ou encore l’œillet des chartreux… toutes ces plantes sauvages sont, à divers degrés, en danger. Au total dans les Hauts-de-France, sur 1 400 espèces, 200 sont menacées d’extinction. Soit environ 13 %. Parmi les causes : la disparition d’un habitat liée à l’urbanisation, une gestion inadaptée, les produits phytosanitaires, les aménagements de loisir des riverains, la prédation d’autres espèces, la disparition du pâturage sur les coteaux…

Pour aller plus loin qu’un simple constat, le Conservatoire botanique national de Bailleul (CBNBL) a souhaité s’engager dans un programme de sensibilisation du public et de restauration de la flore dans le Nord et le Pas-de-Calais. En 2016, l’association a ainsi lancé son programme « REFORME » (pour Restauration de la FlOre Régionale MEnacée), financé par les Fonds européennes de développement régional (Feder) et la Région pour un coût total de 563 314 euros. Après trois ans de travaux, l’équipe du conservatoire botanique impliquée dans le programme a dressé un bilan le mardi 6 novembre à Bailleul. 

Sensibilisation, restauration et introduction

« Nous avons travaillé sur 209 populations de 77 espèces », souligne Bertille Asset, chef de projet. Forêts, coteaux, milieux tourbeux, prairies humides… tous les milieux ont été concernés. Trois gros chantiers ont été entrepris par le conservatoire. Un bilan des populations a d’abord été réalisé ; un travail minutieux effectué notamment grâce à la collaboration des propriétaires de terrain abritant des espèces rares. « 120 contacts ont été pris, dont un tiers avec des agriculteurs », précise-t-elle. Des courriers de conseil de gestion et de sensibilisation ont été envoyés aux particuliers. Parmi les conseils délivrés pour préserver la biodiversité, la directrice du programme cite : « fauches moins précoces, diminution des travaux de drainage, utilisation réduite des produits chimiques, etc. »

Des chantiers de restauration d’habitat ont également été réalisés avec différents partenaires du conservatoire. Par exemple : fauchage et mise en pâturage avec la commune de Cucq, étrépage avec l’Office national des forêts (ONF) et le Parc naturel régional Scarpe-Escaut, gestion de pelouses avec le Parc d’Ohlain ou encore débroussaillage avec le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale et un agriculteur. Au total 16 chantiers ont été engagés. 

Enfin, le CBNBL a réalisé des introductions ou des renforcements de population. « Avant la plantation des espèces, nous avons réalisé une phase de semis des cultures avec des graines issues de notre banque de semences, souligne Bertille Asset. Pour deux espèces, nous avons utilisé des pieds qui étaient en culture au conservatoire. » 11 populations ont été créées ou renforcées.

Fin des financements européens 

Les premiers résultats sont globalement positifs. « Parfois la restauration peut être rapide, parfois nous avons des mauvaises surprises », précise la responsable. La réintroduction de la cigüe a par exemple été difficile, puisqu’après la première plantation, des rats musqués avaient tout mangé. La restauration de la laitue vivace, considérée comme probablement disparue, a cependant été un succès.

Le suivi de ces travaux sera soutenu par la Région et l’État (financement annuel habituel). Mais les subventions européennes n’ayant pas été renouvelées après 2018, il sera difficile pour le conservatoire de mener de nouvelles actions d’envergure pour protéger la biodiversité. « C’est dommage que l’Europe ne continue pas à nous soutenir, a souligné Thierry Cornier, le directeur du conservatoire. Sans ces crédits, il n’est plus possible de faire des programmes aussi ambitieux. »

Laura Béheulière

Laura Béheulière 2018-11-08T14:29:57+00:00 8 novembre 2018|Categories: Actualité, Environnement|Mots clés: , , |