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Chasse. Les chasseurs de gibier d’eau à quelques clics d’être exaucés ?

Une consultation publique préalable à la publication d’un arrêté ministériel permettant la prolongation de la chasse de l’oie cendrée au delà du 31 janvier est en ligne jusqu’à la fin du mois.

© Fédération nationale des chasseurs (D.GEST)

2019 sera-t-elle l’année où les chasseurs de gibier d’eau pourront poursuivre la chasse de plusieurs espèces d’oies au delà du 31 janvier ? L’espoir est permis chez les plus optimistes et les plus déterminés.
La mise en ligne depuis le 3 janvier d’un projet d’arrêté et d’une consultation publique sur le sujet par le ministère de la Transition écologique et solidaire est en effet aujourd’hui perçu comme un signal plutôt positif. Mais il y a toutefois une condition : que les chasseurs soient nombreux à se positionner en faveur d’une prolongation de la période de chasse des oies, et aussi que le nombre de leurs réponses soit plus important que celui d’opposants qui ne manqueront pas de se mobiliser.

Ce que dit le projet d’arrêté

Dans ses grandes lignes, le projet d’arrêté élaboré par le ministère de la Transition écologique et solidaire prévoit d’autoriser la chasse aux oies cendrées jusqu’au 28 février 2019 et celle d’autres espèces (rieuses et moissons) jusqu’au 10 février, « à des fins non récréationnelles ».
Un certain nombre de conditions devront par ailleurs être respectées : les chasseurs devront par exemple être installés dans leurs huttes ou dans des postes fixes matérialisés de main d’homme.
L’utilisation d’appelants devrait être possible, à condition qu’il ne s’agisse que d’appelants de l’espèce autorisée à être chassée. Pendant l’action de chasse, si prélèvements il y a, ceux-ci devront être saisis en temps réel sur l’application ChassAdapt.
Le projet d’arrêté fixe à 5 000 le nombre d’oies cendrées qui pourront être prélevées entre le 1er février et le 28 février 2019.

Les raisons d’espérer une prolongation

Le texte qui accompagne la consultation publique semble (cette fois) plutôt jouer en la faveur des défenseurs d’une pratique de la chasse des oies en février. En effet, si le ministère de la Transition écologique et solidaire reconnaît en premier lieu que « la date de fermeture de la chasse des oies fait l’objet d’études et de débats depuis plusieurs années », il admet également que la population européenne des oies cendrées est « en forte expansion ». D’après les chiffres cités par le ministère de la Transition écologique et solidaire, « l’effectif global de cette population a augmenté d’environ 30 000 individus au milieu des années 1960, passant ensuite d’un effectif de 120 000-130 000 au milieu des années 1980 pour atteindre environ 1 200 000 en 2017 ».

Sur le plan agricole, cette explosion des populations d’oies n’est pas sans conséquences. Alors que d’importants dégâts sont constatés d’année en année sur les cultures, notamment aux Pays-Bas où des campagnes de destruction des oies son organisées, le ministère français de la Transition écologique entend s’appuyer sur cet argument pour contourner les principes de la directive européenne dite « oiseaux ».

Du côté des chasseurs français qui ont adopté le slogan « Les oies, ça se chasse en Février, ça ne se gaze pas en Hollande », on ne pouvait pas espérer mieux que la reprise par leur ministère de tutelle de cet argument choc.

Une mobilisation en ligne

Si plusieurs signaux tendent donc à montrer que la chasse des oies au delà du 31 janvier est à portée de fusil dès cette année, reste encore aux chasseurs eux-mêmes à se mobiliser. En effet, préviennent plusieurs responsables cynégétiques départementaux et nationaux, « si les réponses en faveur de la chasse des oies en février sont inférieures à celles qui sont défavorables, nous n’obtiendrons pas ce que nous demandons depuis des années. La balle est dans votre camp pour la réussite de ce combat ».

Pour faciliter la tâche aux chasseurs les moins rompus à ce genre d’exercice, ces mêmes responsables associatifs vont jusqu’à proposer à leurs adhérents et sympathisants de reprendre les grandes lignes d’un argumentaire-type.

A chacun ensuite, selon son humeur, d’y ajouter quelques mots personnels. Pour certains, il s’agira d’exaspération face à un feuilleton qui dure depuis longtemps ; pour d’autres, ce sera peut être l’occasion d’exprimer une satisfaction quant à la possibilité de prolonger de quelques nuits leur saison de chasse.

Vincent Fermon

Lien vers la consultation publique

La Rédaction 2019-01-14T11:22:45+00:00 3 janvier 2019|Categories: Actualité, Magazine|Mots clés: , , , , |