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Chasse. Les chasseurs d’oiseaux migrateurs en appellent à Macron

En marge du déplacement du président de la République à Calais sur la situation migratoire le 16 janvier, un collectif de chasseurs de gibier d’eau a tenté de l’interpeller sur l’épineux dossier de la chasse des oies.

En théorie, d’ici la fin du mois de janvier, les chasseurs de gibier d’eau devront raccrocher leurs fusils au râtelier et remettre en parc leurs appelants. Mardi 16 janvier, à l’occasion du déplacement du président de la République à Calais pour évoquer la situation des migrants, un collectif d’associations de chasseurs de gibier d’eau a tenté d’attirer l’attention du chef de l’État sur une revendication de longue date : obtenir une prolongation de la chasse des oies durant le mois de février.

Après avoir essuyé un refus du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, les chasseurs espèrent désormais un geste fort de la part du président de la République. Crédit : DR

Un tour de chauffe

Après avoir essuyé un refus du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, les chasseurs espèrent désormais un geste fort de la part du président de la République. « Nous savons très bien que la décision de prolonger la chasse des oies est un choix politique, avance le calaisien Roger Catez, président de l’association de chasse maritime du Calaisis (ACMC). Forte de ses 1 100 adhérents et de ses 101 installations de chasse sur environ 1500 hectares, l’association est aux premières loges lors des épisodes de migration.

Au niveau national, les chasseurs revendiquent le fait de représenter une force de plus d’un million de pratiquants. Et certains d’entre eux en sont déjà à rêver d’une mobilisation comme celle de 1998, où 250 000 chasseurs avaient battu le pavé parisien, dans l’hypothèse où ils ne seraient pas entendus.

Parmi les associations représentées au sein de ce mouvement, on comptait la présence de l’Association des chasseurs côtiers du littoral (ACCL) Nord, les Amis huttiers de la Sensée, l’Association maritime des chasseurs de la baie de Canche (AMCBC), l’Amicale des huttiers de la vallée de la Sensée (AHVS), ou encore la Ligue des Sauvaginiers Français (LSF).

Le mépris des arguments avancés

Pour le président de l’AMCBC et président de la commission « gibier d’eau » de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, Thierry Forestier, la demande des chasseurs se fonde sur plusieurs arguments : « On nous a demandé d’étayer notre demande par des études scientifiques. Aujourd’hui, nous avons les résultats de ces études et ils montrent que l’on peut sans soucis chasser les oies au mois de février. Nous avons investi dans des radars qui nous permettent de mieux connaître l’état des populations d’oiseaux et leurs déplacements. Nous avons aussi équipé des oiseaux de balises et aujourd’hui, on nous jette tout cela à la figure ».

Si les chasseurs français de migrateurs sont aussi en colère, « c’est parce qu’on continue de massacrer des oies, en les gazant, aux Pays-Bas, avec la bénédiction de l’Union européenne. Est-ce que cela est normal alors que nous demandons à pouvoir les chasser un peu plus longtemps chez nous ? », rapportent des membres du collectif.

Le collectif de chasseurs de migrateurs, qui se trouvait sur le parcours du président Macron, a été tenu à l’écart par les forces de l’ordre dans un parc municipal, non loin de l’Hôtel de ville où le chef de l’État devait rencontrer les élus locaux.

D’autres actions à venir ?

Dès leur arrivée sur la place d’Armes de Calais, les chasseurs étaient attendus par un comité d’accueil ; mais pas forcément celui auquel ils s’attendaient : « Les CRS nous ont attendus, avant de nous demander de nous regrouper. Nous avons été conduits jusque dans un parc municipal – le Parc Richelieu -, à l’écart », témoigne l’un des manifestants. Une demi-compagnie d’hommes en uniforme les a ainsi tenus en respect pendant quelques heures, dans une ambiance plutôt bon enfant. « Nous ne sommes pas venus pour casser, ou perturber quoi que ce soit, raconte un autre participant au rassemblement. Nous sommes venus pour que le président de la République nous voie et nous entende ».

Si les chasseurs n’ont pas pu s’entretenir directement avec Emmanuel Macron, ils ont en revanche obtenu qu’une rencontre entre le chef de l’État et le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, puisse avoir lieu avant la fin de la semaine prochaine. De cette rencontre et des réponses obtenues dépendront la suite que les chasseurs de gibier d’eau donneront à leurs actions.

Vincent Fermon

Vincent Fermon 2018-01-17T10:29:52+00:00 17 janvier 2018|Categories: Environnement|Mots clés: , , , , , |