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Chasse. Une fin de saison ternie par le statu quo sur les oies

Tolérée l’an dernier jusqu’au 10 février, la chasse des oies en France prendra fin cette année au 31 janvier, sans possibilité de dérogation. Et sans rassemblement de protestation des chasseurs dans les Hauts-de-France.

Sans attendre sa rencontre prévue avec le président de la République, le 25 janvier, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) annonce que les chasseurs d’oiseaux migrateurs ne pourront pas chasser les oies pendant le mois de février.

Après avoir tenté d’interpeller le Chef de l’État sur la possibilité de prolonger la chasse des oies en février, mardi 16 janvier à Calais, un collectif regroupant plusieurs associations de chasseurs de gibier d’eau avait bon espoir d’être entendu.

Hier, le 18 janvier, la lettre qu’ils ont reçue du président de la FNC a douché leurs espoirs. Dans cette déclaration, Willy Schraen annonce en effet que « 2018 sera la première année où nous ne chasserons pas les oies en février ».

Selon le président des chasseurs de France, obtenir une prolongation pour la chasse des oies était à la portée des chasseurs en 2018, compte tenu de la réalisation d’un dossier « scientifique et juridique » permettant de chasser, « sous forme d’une dérogation de régulation, l’oie cendrée jusqu’au 28 février ».

Il faut néanmoins rappeler que les années précédentes, cette prolongation de quelques jours n’était le fait que d’une tolérance des pouvoirs publics, et d’un jeu du chat et de la souris sur le plan juridique entre ministère de l’Environnement, associations environnementalistes et Conseil d’État.

“2018 sera la première année où ne chasserons pas les oies en février”, annonce sévèrement Willy Schraen. Crédit : Pixabay

La manifestation d’Amiens est annulée

Dans les rangs des chasseurs, les sentiments se partagent entre indifférence, résignation et colère. Depuis quelques jours, c’est d’abord sur les réseaux sociaux qu’ont lieu les échanges les plus vifs. Avant que ces colères et cette déception ne se déversent dans la rue ? Si certains rêvent d’une mobilisation comme celle de 1998, cela ne peut se faire sans l’adhésion du plus grand nombre et demande plusieurs mois de préparation.

S’il admet « comprendre parfaitement la volonté des chasseurs d’exprimer leur colère », Willy Schraen appelle ces mêmes chasseurs à ne pas prendre part à des manifestations. « Les manifestations de chasseurs en province ne sont pas la bonne solution », explique-t-il.

Dans le département de la Somme, le message a été entendu puisque le rassemblement qui était prévu le samedi 27 janvier à Amiens, par l’Union picarde des associations de chasseurs de gibier d’eau et de migrateur (UPACGEM), a été annulé.

Des actions “coup de poing” de chasseurs pour sensibiliser le grand public à la destruction des oies ailleurs au sein de l’Union européenne – c’est le cas par exemple aux Pays-Bas, où les oiseaux sont éliminés par gazage, pour des raisons de sécurité -, pourraient néanmoins avoir lieu.

En Charente-Maritime, à Rochefort, l’organisation d’une manifestation le 3 février reste aussi d’actualité, soutenue par l’Association nationale des chasseurs de gibier d’eau (ANCGE).

Vincent Fermon

Vincent Fermon 2018-01-19T14:24:06+00:00 19 janvier 2018|Categories: Environnement|Mots clés: , , , , , , |