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Cinéma. Prendre la “craie” des champs

« L’école est finie », un film de Anne Depétrini, sort le 11 juillet au cinéma. L’histoire d’une jeune professeure d’anglais, tout juste diplômée et mutée de Paris à Trouilly-sur-Celles, un petit village situé dans le Nord de la France.

Agathe Langlois, Pari-sienne jusqu’au bout de ses ongles bien vernis, a tout pour être heureuse : une famille qu’elle adore, une super bande de copines, et elle vient d’être titularisée comme professeur d’anglais. Mais quand elle apprend qu’elle est mutée à des centaines de kilomètres de chez elle, en pleine campagne, c’est la douche froide. À Trouilly-sur-Celles, en Picardie, la bonne humeur d’Agathe va être mise à rude épreuve. Entre des collègues démotivés et des élèves plus que dissipés, cette première année d’enseignement va lui réserver bien des surprises… Un synopsis qui en dit long sur cette comédie dédiée à la scolarité en milieu rural.

Débarquement à la campagne

Les pieds dans la boue, au milieu des vaches et des champs… Bérengère Krief, dans le rôle principal, semble perdue sur cette terre qui lui est hostile. L’affiche du film utilise volontairement les codes et les stéréotypes du monde rural. Anne Depétrini, la réalisatrice, décide, un peu à la manière de Dany Boon dans le film Bienvenue chez les Ch’tis, de placer un personnage hors de sa zone de confort. « Agathe arrive avec quelques préjugés de Parisienne, explique Anne Depétrini. Pour la première fois de sa vie, elle est ébranlée par les enfants qu’elle a en face d’elle en classe. Éduquer des jeunes issus d’un milieu favorisé n’est pas la même chose que d’aborder des enfants très éloignés de soi. »

À l’extérieur du collège où elle enseigne, Agathe se retrouve hébergée dans un petit village, « chez l’habitant ». « Je ne voulais pas que ce soient des agriculteurs hyper clichés comme on aurait pu s’y attendre dans un tel contexte. Je souhaitais montrer des gens très amoureux, poursuit la réalisatrice. Ils sont aussi très attachés à leur terre et sont, pour tout dire, un peu hors normes. Je voulais qu’il se dégage d’eux quelque chose de charmant et de suranné qui finit par nous toucher, sans jamais les ridiculiser. Ils me donnaient la possibilité de dépeindre la province sans verser dans la moquerie et la caricature. »

Prof en province

À travers le personnage d’Agathe, l’objectif du film est aussi d’évoquer le milieu des profs, pas toujours facile, avec humour et tendresse. « Ce que j’aime bien dans les comédies, c’est qu’on peut aborder, mine de rien, des problématiques sérieuses avec légèreté, indique Anne Depétrini. En l’occurrence, le film parle des profs pour lesquels j’ai beaucoup de respect. C’est un métier souvent dévalorisé, très dur, pas bien payé, et qui nécessite une vraie vocation. On affronte vingt ou trente gamins qui n’ont ni envie d’être là, ni de vous écouter parler ! Et il faut les intéresser, ce qui demande du charisme et de l’autorité. Je trouve que c’est très noble comme mission ». À travers une série d’aventures, Agathe Langlois, la Parisienne, va se frayer un chemin dans cet univers qui n’est pas le sien et découvrir la vie de professeur à la campagne. Une histoire à voir dans les salles obscures du Nord et du Pas-de-Calais.

Simon Playoult

Simon Playoult 2018-07-09T15:14:14+00:00 5 juillet 2018|Categories: Uncategorized|