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Colza. Une huile bio pressée à la ferme

Depuis trois ans, Richard Vilbert s’est lancé dans la culture de colza biologique. Il valorise sa production en fabriquant lui-même une huile vierge sur son exploitation de Rubembré (80). Il la commercialise ensuite en circuit court.

Richard Vilbert et son huile de colza 100 % biologique, cultivée et fabriquée à la ferme grâce à une presse artisanale. © P. Menu

Hectare par hectare, Richard Vilbert s’est tourné vers l’agriculture biologique. Une évolution et des changements de pratiques qu’il a entrepris de manière progressive depuis une vingtaine d’années. D’abord en aménageant des haies et bandes enherbées dès 1999 dans un souci de maintien de la biodiversité, puis en adoptant des techniques culturales simplifiées en 2005, avant d’engager 27 premiers hectares en bio en 2010. Aujourd’hui, la totalité de sa SAU est certifiée « agriculture biologique », soit 224 ha. Entre la production de céréales et de légumes, l’agriculteur s’est fait une spécialité : la culture de colza.

Itinéraire technique

L’exploitation de Richard Vilbert est située à Rubempré, dans le Nord de la Somme, à moins de 10 km de Sarton (62). Son parcellaire est réparti en 24 îlots d’environ 10 ha chacun sur des sols limoneux profonds (17 à 18 % d’argile). « Afin de stimuler leur activité biologique et accroître leur fertilité, j’implante des couverts réguliers à base de légumineuses (engrais verts), explique l’exploitant. Luzerne ou trèfle violet nettoient et rechargent les terres en azote. Ces végétaux oxygènent le sol tout comme les vers de terre. Ce sont en quelque sorte mes animaux d’élevage ! »

Avant d’implanter le colza, Richard Vilbert passe une charrue déchaumeuse (labour 12 centimètres) dans laquelle il a investi en 2014, une semaine en amont du semis, puis une herse rotative ou vibro. Des interventions décisives car le colza est une culture techniquement difficile qui demande une préparation stricte. La plante apprécie en effet un sol aéré afin que son pivot puisse descendre tout droit dans le sol.

« J’effectue mes semis vers le 20 août avec un semoir monograine (écartement 50 cm – 40 grains par m2), précise-t-il. Pour avoir une levée rapide et homogène, l’idéal est d’atteindre le stade quatre feuilles avant la fin du mois de septembre afin de contrer l’arrivée des altises (insecte parasite, ndlr). » Un premier binage a ainsi lieu lorsque la culture arrive à ce stade. « Si le colza est suffisamment développé en entrée d’hiver, l’impact des larves d’altises et/ou de charançon sera moindre », souligne l’agriculteur. Ce dernier lance la moisson de ses parcelles assez tardivement en saison, lorsque le colza se stabilise à 6 ou 7 % d’humidité. Depuis 2015, son rendement varie de 25 à 32 quintaux par hectare.

Un atelier de diversification original

L’ensemble de la production de colza de Richard Vilbert est valorisé sur la ferme. Le Samarien a investi 50 000 euros pour aménager un bâtiment et s’équiper d’un atelier (presse et embouteilleuse). « Je fabrique environ 700 litres d’huile chaque mois », indique le producteur. Le pressage est exécuté avec une presse à vis. Durant plusieurs jours, l’huile est stockée pour décanter. Elle est ensuite filtrée et mise en bouteille. L’huile vierge de colza bio est réputée riche en oméga 3 et communément utilisée pour assaisonner salades ou autres plats. Les flacons de l’agriculteur sont distribués en vente directe, dans les magasins bio spécialisés et en restauration collective. Richard Vilbert consacre désormais deux jours par semaine (fabrication, commercialisation) à cette nouvelle activité de diversification. Une initiative quasiment inédite en région Hauts-de-France. 

Simon Playoult

Laura Béheulière 2018-12-07T14:32:16+00:00 7 décembre 2018|Categories: Cultiver, Valoriser|Mots clés: , , , |