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Distribution. Rien n’a encore vraiment changé

Le 1er mars a signé la fin du round des négociations commerciales à marque nationale. Mais le gouvernement a déjà dénoncé des distributeurs qui n’ont pas joué le jeu.

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Le 1er mars est arrivé, sonnant la fin légale des négociations commerciales entre industriels et distributeurs sur les marques nationales. Et certains distributeurs n’ont pas été au rendez-vous. Ils n’ont effectivement pas respecté la charte « d’engagement pour la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises », signée en fanfare le 14 novembre. Mais, comme l’a bien précisé Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, le 22 février, il s’agit de ne pas mettre tout le monde dans le même panier.
Pour autant, deux noms sortent du lot cette année : l’éternel Leclerc et le groupe Carrefour dont Alexandre Bompard a pris la tête cet été. Ainsi, des perquisitions ont été menées les 27 et 28 février par des agents de la DGCCRF au siège des centres E. Leclerc à Ivry-sur-Seine (94). « On s’étonnera d’une telle procédure, alors même que les négociations sont en cours et, pour l’heure, non abouties », s’était étonné Leclerc dans un communiqué, rappelant que « les années précédentes, Bercy attendait la signature des contrats avant d’exercer ses contrôles ». Pour le distributeur, ces perquisitions sont dues au fait que « la période est aux annonces politiques ».

Perquisitions chez Leclerc
Le discours de Leclerc a été contrecarré, le 1er mars, par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. « Nous les justifions [ces perquisitions, ndlr] par des éléments que nous avons recueillis et qui montrent qu’il pourrait […] y avoir de la part de ce grand distributeur le non-respect des règles commerciales qui s’appliquent à tous sans exception », a-t-il déclaré. « Tous ces procès-­verbaux seront transmis à la justice et c’est la justice qui tranchera, et on verra qui, de la grande distribution ou de l’État, a raison en la matière ». Et de réaffirmer que des « distributeurs ne jouent pas le jeu ». Si André Bonnard, secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), concédait, le 27 février, que les distributeurs avaient passé des hausses de tarif, ces dernières « ne sont toujours pas suffisantes ». Il estime qu’en moyenne, les hausses actées par les distributeurs sont de l’ordre de 3 à 4 %, sachant que « les produits laitiers frais sont toujours pénalisés par la concurrence entre opérateurs et par un marché peu porteur ».

Carrefour, mauvais joueur
« Tous les ans, il y a un mauvais joueur, continue André Bonnard. Cette année, il y a l’effet Carrefour qui complique les négociations ». D’après lui, « Carrefour réduit les référencements » pour faire de la place au non-alimentaire, plus rémunérateur. « Le consommateur perd du choix et l’industriel ne peut placer ses innovations », déplore-t-il, estimant que le distributeur « ne passe pas autant de hausses de prix » qu’il pourrait le faire.
Le 28 février, Carrefour annonçait une perte nette de plus de 500 millions d’euros en 2017 et Alexandre Bompard déclarait vouloir « mettre en œuvre sans délai un plan de transformation ». Il souhaite faire 2 milliards d’euros d’économie pour les réinvestir dans l’extension de l’offre de commerce alimentaire en ligne, 170 nouveaux drives, le lancement d’une plateforme unique Carrefour.fr, etc. Il mise aussi sur une refonte de son offre de produits frais, notamment bio et principalement au travers de ses marques propres.

2018-03-09T15:09:04+00:00 9 mars 2018|Categories: Actualité|Mots clés: , , , |