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Élections chambre. FDSEA et JA Nord-Pas de Calais “dans l’action”

Dans le cadre de la campagne pour les élections aux chambres d’agriculture, nous avons proposé aux têtes de liste de chaque syndicat d’agriculteurs présentant des candidats en Nord-Pas de Calais (FDSEA-JA, Coordination rurale, Confédération paysanne) de répondre à un certain nombre de questions. 

Simon Ammeux, Pierre Hennebique et Laurent Verhaeghe, têtes de listes JA/FDSEA Nord-Pas de Calais. © DR

Dans la course aux élections à la chambre d’agriculture, qui se clôtureront le 31 janvier 2019, les têtes de listes FDSEA et JA du Nord-Pas de Calais revendiquent de n’être pas dans le discours, mais dans l’action.

Quelle place accordez-vous aux agriculteurs et agricultrices dans votre projet pour la chambre d’agriculture ?
Simon Ammeux : Une place centrale. Notre projet tourne autour des services que la chambre doit rendre. On a interrogé notre base pour construire notre projet, l’objectif est d’y répondre.
Laurent Verhaeghe : Ce projet a été construit sur le terrain via des questionnaires remplis par nos adhérents. Le cri du cœur que nous avons entendu est : « nous voulons vivre de notre métier ! ». Nous l’avons mis dans les premières lignes de notre programme.

Quels services pourraient être mis en place pour accompagner les agriculteurs dans leur quotidien ?
Pierre Hannebique : Aujour-d’hui, nous avons un outil performant. Le problème est plutôt que les agriculteurs n’ont pas forcément le réflexe d’appeler la chambre quand ils ont un nouveau projet. S’il y a des nouveaux outils à mettre en place, ils concernent donc plutôt la communication !

Des agriculteurs et des filières

De quelle manière la chambre peut permettre aux éleveurs de vivre de leur métier ?
Laurent Verhaeghe : La crise de 2015 a mis le doigt sur la méconnaissance par les professionnels de leurs coûts de production. La chambre a mis en place un outil de calcul, pour les productions animales aussi bien que végétales.
Pierre Hannebique :  Ainsi qu’un outil de gestion technico-économique afin d’être plus performant. La démarche peut se faire individuellement ou en groupe. Il faudrait aussi monter des groupes de travail : bien-être animal, réduction des phytosanitaires ou économies d’énergie… Ce n’est qu’en groupe qu’on trouvera comment répondre aux attentes sociétales.

Quelle place donneriez-vous aux filières émergentes et aux circuits courts ?
Laurent Verhaeghe : La chambre le fait déjà, notamment à travers l’association à la rencontre de nos fermes, qui rassemble tous les agriculteurs diversifiés pour des partages d’expérience. La demande de produits locaux est aujourd’hui très forte, surtout dans la restauration collective, mais il est difficile d’y répondre seul. La chambre d’agriculture de Picardie a développé une plateforme logistique intéressante en la matière. Nous voudrions faire la même chose en Nord-Pas de Calais.

L’agriculture régionale et l’environnement

Comment faciliter l’accès des agriculteurs aux énergies renouvelables (consommation, production) ?
Pierre Hannebique : Depuis une dizaine d’années la chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais mène un gros travail sur la méthanisation. C’est certainement la plus à la pointe en France sur ce sujet.
Laurent Verhaeghe : Le seul bémol, c’est l’acceptation de la population. C’est là que la chambre a un rôle à jouer auprès des porteurs de projets, ainsi que sur toute la mise en application de la réglementation. Elle est aussi en première ligne dans les discussions avec l’administration. C’est un travail de l’ombre, mais il est réel.

L’agriculture régionale et les territoires

Quel doit être le rôle de l’agriculture et des agriculteurs dans l’aménagement du territoire ? 
Simon Ammeux :  La place de la chambre doit être centrale dans un travail commun avec les collectivités. Elle doit alerter les élus, rôle qu’elle remplit déjà. Mais son avis n’est pas encore assez pris en compte par les élus non issus de l’agriculture.

Dans la lutte contre l’artificialisation des terres agricoles, quelle doit être l’implication de la chambre d’agriculture ? 
Simon Ammeux :
  Elle effectue une veille permanente. Les élus c’est une chose, mais le réseau autour d’eux est leur bras armé sur le terrain. La chambre est aussi là pour apporter toutes les données nécessaires, rappeler le poids économique du secteur et apporter une information neutre. 

De quelle manière assurer une proximité entre les agriculteurs et les organisations professionnelles agricoles ? 
Simon Ammeux : Même si on comprend qu’après le travail on ait besoin de se changer les idées, bien connaître ses organisations professionnelles agricoles (OPA) est primordial. Il faut aujourd’hui impliquer les gens le plus tôt possible dans leur carrière pour qu’ils se fassent un avis en toute connaissance de cause. 

Installer des agriculteurs ou agrandir l’existant ? 

Comment la chambre d’agriculture peut contribuer au renouvellement des générations en agriculture ? 
Simon Ammeux :  La chambre a la main sur le répertoire départemental à l’installation, une liste d’exploitants qui cherchent à céder leur outil. Il faut sensibiliser plus en amont les professionnels à cette possibilité de transmission, de façon à ce qu’ils sachent qu’elle existe. Mais attention à ne pas voir l’agrandissement qu’à travers le foncier. On peut aussi se développer de façon verticale –au travers d’un nouvel atelier par exemple – plutôt qu’horizontale.

L’agriculture régionale, l’Europe et le monde

Quelle est votre vision de la future PAC et par quels moyens comptez-vous influencer son écriture ?
Laurent Verhaeghe :  À ce niveau, le levier d’action est plutôt syndical. On a besoin d’une vision européenne où les règles seraient identiques pour tout le monde et suivies partout de la même façon. Il faudrait notamment que la PAC accompagne particulièrement les détenteurs de prairies. 

L’agriculture régionale et les consommateurs

Comment lutter contre l’agribashing ? 
Laurent Verhaeghe :  On doit apporter notre pierre pour lutter contre cette remise en cause de notre métier. Même s’il faut garder à l’idée que c’est toujours une minorité qui s’exprime.

Quelle communication envers le grand public et les consommateurs ? 
Pierre Hannebique :  Nous avons le salon Terres en fête et le magazine Parlons saisons, la présence aux salons agricoles… Il ne faut pas oublier que la chambre fournit aussi des données agricoles à tous les journalistes qui ont besoin de parler de notre agriculture locale. 

Comment attirer de nouveaux profils vers les métiers de l’agriculture ?
Simon Ammeux : Les profils des nouveaux installés vont déjà du CAP au diplôme d’ingénieur. Le vrai défi aujourd’hui est de faciliter l’installation plus que de la diversifier. N’importe quel jeune doit pouvoir trouver une place en agriculture, qu’il soit issu du milieu ou non. Mais il faut aussi savoir s’adapter à l’existant. Débuter avec 300 ha de blé aujourd’hui dans le Nord-Pas de Calais, c’est un peu utopique !  

Propos recueillis par Lucie De Gusseme

Laura Béheulière 2019-01-14T14:20:04+00:00 14 janvier 2019|Categories: Actualité|Mots clés: , , , |