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Fipronil. Mobilisation autour du seul éleveur français toujours victime

Un rassemblement de soutien à Pascal Butez est organisé demain, mardi 15 janvier, à Calais (62). L’agriculteur installé à Saint-Tricat et dont les bâtiments d’élevage restent vides, est toujours dans l’attente d’une issue positive.

Cela fait dix-mois que Pascal Butez n’a pas vu un œuf sortir de ses bâtiments d’élevage et qu’il attend une aide de l’Etat pour combler le déficit lié à la découverte de traces de Fipronil dans son élevage. Agriculteur et éleveur de poules pondeuses à Saint-Tricat, dans le Calaisis, il reste le seul éleveur français touché par la crise du Fipronil.

Le Fipronil est un insecticide destiné à lutter contre le pou rouge dans les élevages de poules pondeuses, mais dont l’utilisation est interdite chez les animaux destinés à entrer dans la chaîne alimentaire.

Les premières traces de Fipronil dans des oeufs ont été découvertes aux Pays-Bas. © Armelle Puybasset

Situation économique tendue

À la mi-2017, alors que l’on commence à parler de l’affaire des œufs contaminés au Fipronil en Belgique, en Allemagne ou aux Pays-Bas, Pascal Butez déclare spontanément aux autorités sanitaires françaises que ce produit a pu être utilisé par l’un de ses prestataires pour la désinfection de ses bâtiments. Les analyses effectuées chez l’agriculteur français vont révéler ensuite des concentrations de la molécule très importantes, supérieures à la réglementation européenne, l’obligeant à vider ses bâtiments après une mise sous surveillance de son élevage.

Depuis la découverte de traces de la molécule interdite sur son exploitation, Pascal Butez est confronté à une situation plus que difficile. La FDSEA du Pas-de-Calais parle pour lui d’une « impasse économique », puisque l’éleveur est « contraint de faire face à ses charges d’exploitation sans bénéficier de rentrées d’argent, faute de production ».

Pourquoi la France n’est-elle pas capable d’intervenir pour sauver une entreprise en lui permettant de reprendre son activité ? interroge la FDSEA 62. ©Stéphane Leitenberger

Rencontre en sous-préfecture de Calais

Le syndicat d’agriculteurs regrette par ailleurs l’abandon de l’État français, alors qu’il souligne que des cas similaires se sont produits en Europe, « et qu’ils ont été réglés par les pays concernés ». « Pourquoi la France n’est-elle pas capable d’intervenir de la même façon pour sauver une entreprise en lui permettant de reprendre son activité ? », interrogent les responsables locaux de la FDSEA du Pas-de-Calais.

Cette question, les syndicalistes ont prévu de la poser demain au sous-préfet de Calais, Michel Tournaire. La rencontre avec le représentant de l’État est prévue à 11h en ses murs, à l’esplanade Jacques-Vendroux. À l’issue, une omelette géante sera proposée aux participants.

Vincent Fermon

Vincent Fermon 2019-01-14T13:44:16+00:00 14 janvier 2019|Categories: Actualité, brèves, Élever|Mots clés: , , , |