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Ensilage de maïs. Obtenir un fourrage de qualité

L’ensilage de maïs est un fourrage très compétitif dans les systèmes fourragers grâce à sa productivité et à sa forte valeur énergétique. Mais il n’y a pas le droit à l’erreur ! C’est en quelques heures qu’il va falloir assurer la qualité de l’alimentation du troupeau pour toute l’année. Il convient donc de tout mettre en œuvre lors de la récolte pour obtenir un fourrage de qualité et d’en tirer tous les bénéfices.

Adapter les silos

La taille des silos doit être fonction de la consommation des animaux afin d’avoir une vitesse d’avancement sur la largeur du front d’attaque de 10 à 15 cm par jour en hiver et de 20 cm en été. La consommation doit être évaluée avant la récolte afin de calculer la surface optimale du front d’attaque pour déterminer la hauteur du fourrage dans le silo.

Pour assurer un bon tassage, le débit du chantier doit être dicté par les personnes au silo et non au champ. © DR

Récolter au bon stade

Le stade de récolte optimal est atteint lorsque la plante entière du maïs est de 32 % de matière sèche. C’est à ce stade qu’il y a le meilleur compromis pour le rendement et la digestibilité entre le grain et la partie tige/feuilles. Pour prévoir ce stade de récolte et anticiper son chantier d’ensilage, deux possibilités existent : l’observation du remplissage du grain à l’aide de la grille proposée par Arvalis ou la réalisation d’une analyse matière sèche de la plante entière à l’aide d’une étuve ou d’un outil d’analyse infrarouge.

Gérer son chantier de récolte

Avec la puissance des ensileuses aujourd’hui, le tassement au silo est souvent un frein par rapport à la vitesse de récolte. Le débit du chantier doit être dicté par les personnes au silo et non au champ. Il faut donc s’organiser en conséquence : soit remplir deux silos simultanément et prévoir deux tracteurs tasseurs, soit prendre une ensileuse moins puissante ou encore diminuer le nombre de bennes en rotation. L’objectif est d’atteindre une densité de 240 kg MS/m3. Pour cela, les règles à respecter sont les suivantes : pas de jumelage, pression des pneus supérieure à 2 bars, vitesse maximale de 3 à 4 Km/h, poids des tracteurs (400kg/t MS/heure ou 2t/rang ensilé).  Le chantier d’ensilage doit être au service des impératifs du client final, l’éleveur, et non l’inverse.

Ne pas subir le réglage de l’ensileuse

Il est important de maîtriser et de surveiller la finesse de hachage et surtout l’éclatement du grain tout au long du chantier. La coupe des particules doit être franche et l’amidon vitreux des grains doit être pulvérisé pour que la digestion du maïs soit optimisée. L’objectif de finesse de hachage du maïs à l’auge est de 8 à 10 mm. En fonction des équipements de reprise et de distribution ainsi que du type de ration, il sera nécessaire de régler à la hausse la taille de coupe de l’ensileuse. Il faudra veiller tout de même à ne pas dépasser 17 à 18 mm afin de ne pas pénaliser le tassement. Le contrôle peut se faire au champ ou au silo en début de chantier avec un conseiller et l’aide d’un tamis secoueur (ITCF).

Bien couvrir son silo

Il convient de fermer rapidement et de manière la plus hermétique le silo à la fin du chantier afin de limiter les pertes. Une bâche est toujours perméable à l’oxygène et toutes ne se valent pas. Les bâches classiques sont fabriquées avec des matériaux généralement recyclés donc instables et très poreux à l’oxygène. Vous pouvez connaître leur perméabilité en demandant l’OTR (taux de transfert d’oxygène).

La mesure de la densité des silos est désormais possible afin de vérifier si le tassage est suffisant. © DR

Faut-il mettre un conservateur ?

Les principales catégories de produits utilisés comme conservateur sont les acides ou les inoculants bactériens. Les acides propioniques et formiques, grâce à leur propriété anti-microbienne et acidifiante, sont utilisés comme inhibiteur de moisissures lorsque les ensilages sont exposés à l’infiltration d’air lors d’ouverture précoce, dessus de silos, ensilage trop sec…

Pour les inoculants bactériens ou conservateurs « biologiques », on retrouve deux types de bactéries : les homofermentaires qui ont un effet marqué sur l’acidification rapide du silo et les hétérofermentaires, efficaces contre les post-fermentations. Elles permettent de conserver la stabilité du silo en présence d’air une fois le silo ouvert.

Quelque soit le conservateur, il sera pleinement efficace et rentabilisé s’il est utilisé à la dose adéquate et réparti de façon homogène dans le silo.

La maîtrise technique de la récolte et de la conservation du maïs représente donc un enjeu économique très important. Réaliser un silo dans les règles de l’art est la garantie de gagner de l’argent.

Jérôme Larcelet, responsable du pôle nutrition chez Oxygen et Optival

Laura Béheulière 2019-09-03T08:38:19+00:00 3 septembre 2019|Categories: Actualité, Cultiver|Mots clés: , , , |