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Faune. Un trafic de passereaux tombe dans la région

Les 2 et 4 avril 2019, dans l’arrondissement de Lille, les agents de l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage ont saisi 112 passereaux protégés détenus illégalement chez des particuliers qui en faisaient commerce.

©SD59/ONCFS

C’est un trafic en recrudescence depuis une dizaine d’années. Début avril 2019, et après plusieurs et après plusieurs semaines d’enquête, les inspecteurs de l’environnement ONCFS du département du Nord ont procédé à trois perquisitions chez des particuliers. Ils y ont découvert 112 passereaux issus du milieu naturel : 21 verdiers d’Europe, 18 chardonnerets élégants, 12 linottes mélodieuses, 10 sizerins flammés, 20 tarins des aulnes, 23 pinsons des arbres, 3 pinsons du Nord, 4 moineaux domestiques, ainsi que 46 pièges. Les animaux et le matériel ont été saisis. Les oiseaux ont été réintroduits dans le milieu naturel.

186 oiseaux déjà saisis en 2019

« Cette affaire n’est pas la plus importante saisie du genre », rapporte l’ONCFS, même si elle interpelle forcément. En 2017, à l’occasion d’une perquisition dans le même arrondissement de Lille, 156 passereaux avaient été saisis. En 2018, pas moins de 370 passereaux ont été saisis dans le Nord, et 72 dans le Pas-de-Calais. Pour les trois premiers mois de l’année 2019, 186 oiseaux ont déjà été saisis, ce qui témoigne d’une activité toujours dynamique. « En France, tous les passereaux sont protégés », poursuit l’ONCFS. La capture, la détention, le transport et la commercialisation sont donc considérés comme un délit. La sanction encourue est une peine de 150 000 euros d’amende et deux ans d’emprisonnement.

Le Nord-Pas de Calais particulièrement touché

Si tout le territoire métropolitain est concerné, le Nord-Pas de Calais est « historiquement et culturellement très touché », selon l’ONCFS. Le but de ce trafic est d’alimenter en oiseaux des personnes qui détiennent ces espèces pour leur agrément, les collectionneurs ou éleveurs pour des concours de chant et de beauté. Un oiseau capturé dans la nature, à la différence de ceux nés en captivité, se reproduisent mieux et présentent un taux de survie supérieur. À la revente, le prix de certaines espèces peut varier d’une dizaine à plusieurs centaines d’euros. Certains croisements permettent en effet d’obtenir des oiseaux mutés remarquables, dont le prix peut atteindre jusqu’à 1000 euros pour les plus rares.

Vincent Fermon 2019-04-08T08:32:44+00:00 5 avril 2019|Categories: Actualité, Environnement|Mots clés: , , , |