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GAYLORD VIGNON. L’APPEL DE LA HUTTE

La chasse au gibier d’eau a ouvert ce samedi 5 août dès 6 heures du matin sur le littoral régional. Rencontre avec un huttier invétéré de la baie d’Authie.

Chez les Vignon, la chasse à la hutte est une affaire de famille. Ici, Gaylord et sa fille Léonie, accompagnés de leur chienne Nina. En arrière-plan, le parc des appelants utilisés en baie.

À la veille de l’ouverture annuelle, Gaylord Vignon trépigne d’impatience. Waders prêt à porter, fusil huilé et appelants sélectionnés, tout est opérationnel pour entamer une nouvelle saison de chasse à la hutte. Plus qu’un passe-temps, cette pratique ancestrale est devenue une véritable passion pour ce jeune chasseur. Durant les six mois à venir, il se postera une à trois fois par semaine dans sa petite cabane flottante située entre Berck-sur-Mer (62) et Fort- Mahon (80).

Un chasseur sachant hutter

Au gré des marées et du clair de lune, chasser à la hutte ne s’improvise pas. L’usage des appelants est tout d’abord impératif. Baptisés « courts cris » ou encore « chanteuses », ces canards domestiques ont chacun un rôle bien déterminé. « L’objectif de certains volatiles est d’attirer par le chant les oiseaux d’eau migrateurs ; d’autres ont pour rôle de finaliser leur pose vers la zone de chasse », explique Gaylord Vignon qui possède plusieurs anatidés de la sorte.

Leur utilisation demande une connaissance approfondie de l’environnement local et des comportements de la faune sauvage. Dans le marécage, les appelants sont donc positionnés à une place bien déterminée, à proximité de la hutte. « On les ordonne en tenant compte de la météo, du sens du vent et des probables axes de passage du gibier », précise le chasseur. Tous sont sous contrôle en permanence. Une bague spécifique est attachée à la patte de l’appelant dans laquelle vient se glisser une corde reliée au sol.

Entre la mer du nord et l’Afrique

C’est la nuit que le terrain est le plus propice à l’activité cynégétique. En effet, les oiseaux migrateurs profitent du crépuscule pour faire une halte et s’alimenter dans la lagune. Cette étape est appelée le gagnage. « La région est au cœur d’un couloir de migration naturel, indique Gaylord Vignon. Durant la période de chasse et particulièrement à l’automne, les animaux descendent du nord de l’Europe (Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni…) et prennent la direction de l’Afrique ».

Parmi les espèces les plus courantes dans les Hauts-de-France, on retrouve les sarcelles, le canard siffleur, le colvert, le chipeau mais également des oies cen- drées, rieuses ou de moisson et des limicoles (chevaliers, gambette…). « Elles sont reconnaissables par leur cri et leur vol, souligne le sociétaire de l’association de chasse de la baie d’Authie sud. Plus l’hiver sera froid, plus il y a de chance de voir des oiseaux, en quête de nourriture, passer près du littoral ».

Une tradition qui se perpétue

Les marais côtiers et les zones humides n’onts plus de secrets pour Gaylord Vignon. « J’avais huit ans lorsqu’un cousin m’a emmené pour la première fois chasser au hutteau*, se rappelle- t-il. Il faisait – 18 °C, ça marque ! Mais ce jour reste l’un de mes meilleurs souvenirs ». Depuis, la ferveur pour la chasse en baie ne l’a plus quitté. Comme lui au même âge, Léonie, la première de ses deux filles, partage aujourd’hui le hobby de son père. Toute équipée d’une tenue de camouflage, elle se rend à la hutte plusieurs fois par an et en connaît déjà un rayon sur les rouages de la chasse. La famille Vignon a décidément la hutte comme péché mignon.

*La chasse au hutteau consiste à creuser un trou dans le sable pour s’y cacher ou à se glisser dans une caisse généralement en bois en attendant le passage de gibier.
La Rédaction 2017-08-10T12:16:52+00:00 9 août 2017|Categories: Actualité|Mots clés: , , , |