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MONTREUILLOIS. UNE BULLE D’OXYGÈNE À LA CAMPAGNE

Unique en France, un projet de restauration d’une ferme pour la transformer en lieu d’hébergement pour touristes, personnes handicapées ou malades et leurs aidants prend vie dans le Montreuillois.

Louis Dransart et Élodie d’Andréa ont quitté leur quotidien parisien pour s’installer à la campagne avec un nouveau projet de vie. Le projet d’hébergement ouvert aux touristes comme aux aidants familiaux à la recherche de répit prend forme progressivement, grâce à l’aide de bénévoles. © DR

Dans le village de la Madeleine-sous-Montreuil (62), c’est un nouveau combat auxquels se prêtent depuis quelques mois Élodie d’Andréa et Louis Dransart. Le premier qu’ils mènent, c’est celui d’aider au mieux leur fille de deux ans à vivre avec une maladie rare et neurodégénérative.

Aujourd’hui, le couple qui a vécu pendant une dizaine d’années en région parisienne a choisi de s’installer dans le Montreuillois pour y ouvrir un lieu d’hébergement touristique capable d’accueillir à la fois des touristes, mais également des personnes souffrant de maladie, d’un handicap ainsi que des personnes qui les accompagnent. Le nom qu’ils ont choisi pour baptiser leur projet peut prêter à sourire : « Les bobos à la ferme ». Mais derrière ce nom, c’est d’abord toute une philosophie : « L’idée, c’est d’abord de créer un lieu d’hébergement, mais nous aimerions proposer en complément une offre de séjour pour permettre aux aidants familiaux d’avoir un moment de répit, assure Élodie d’Andréa. Nous souhaitons aller au-delà de ce qui existe déjà en matière d’accueil médicalisé. Dès lors que nous devenons parents d’un enfant handicapé, nous devenons aidants et nous n’avons plus besoin de vacances, mais de répit ». En octobre 2016, le couple a été désigné lauréat du 1er prix Euratourisme lors du week-end « Tourisme et innovation » et bénéficie depuis d’un accompagnement de la CCI Littoral Hauts-de-France.

Un lieu relaxant et harmonieux 

Le corps de ferme qu’ils ont acheté est une longère à l’abandon « depuis une vingtaine d’années », détaille Élodie. De chaque côté de la partie habitation s’ajoutent des dépendances pour former une cour au carré. Côté jardin, un terrain constructible pourrait accueillir des gîtes pour l’accueil de touristes et d’aidants familiaux. « Nous souhaitons créer des gîtes qui ne ressemblent pas à des chambres d’hôpital aux- quelles les aidants sont trop souvent habitués », explique la propriétaire. « En supprimant la frontière entre le monde de ceux qui vont bien et ceux qui souffrent d’un handicap, on donne une meilleure estime de soi aux aidants ».

L’esthétique des lieux, comme le choix des matériaux, sont primordiaux : « Quand on arrive dans un lieu où l’on se sent bien, les choses vont déjà un peu mieux », poursuit Élodie. Un service de garde pourrait par exemple être mis en place pour permettre à des parents d’enfants handicapés ou malades de profiter de sorties ou d’ateliers, pendant quelques heures. Dans l’une des granges, le couple envisage d’installer un espace « bien-être » mis à disposition de professionnels pour des ateliers de yoga, de méditation, de sophrologie… Inspiré de la permaculture, un jardin potager pourrait également être aménagé avec le souci d’en faire un lieu de détente accessible.

Changer le regard sur le handicap

« Quand on entre dans le monde du handicap, on se retrouve souvent seuls. Le but de notre structure est d’offrir un lieu qui permette de rompre cet isolement et de montrer aux familles que l’on peut vivre normalement ». La clientèle ciblée est large : « Nous pouvons accueillir toute personne qui a besoin de déconnexion et de répit ». Pour l’initiatrice des Bobos à la ferme, « il y a urgence à prendre des initiatives pour aider les aidants familiaux. On espère qu’avec ce genre de projet, on arrivera à faire évoluer les choses ».

Car Élodie et son compagnon en sont convaincus : « Ce n’est pas en plaçant les personnes en situation de handicap au ban de la société que l’on changera le regard. Si on arrive à contribuer un peu à cela, ce serait la cerise sur le gâteau ». Le couple envisage l’ouverture des premiers hébergements au cours du premier trimestre 2018. En attendant, l’association qu’ils ont créée continue de recevoir de nombreux témoignages de sympathie, des aides de toutes parts, ainsi que des dons financiers ou en nature, car le chemin est encore long.

Vincent Fermon

La Rédaction 2017-09-19T08:01:48+00:00 18 septembre 2017|Categories: Actualité|Mots clés: , , , |