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Lait bio. Un marché porteur et dynamique

La demande des consommateurs en lait bio est en forte augmentation. Dans la région, les laiteries se préparent et encouragent les conversions.

© J. Chabanne

Pour répondre à la demande en lait bio, il faudrait une centaine de producteurs supplémentaires dans les Hauts-de-France. Les besoins d’augmentation de collecte de lait bio sont ainsi estimés à 40 millions de litres à court terme dans la région. C’est ce qui ressort d’une réunion organisée par la structure Bio en Hauts-de-France et le Point accueil installation transmission (PAIT), jeudi 22 novembre à Hucqueliers (62). 

En forte croissance

Si, en termes de surfaces bio, la région est encore à la traîne par rapport au reste du territoire national, on constate tout de même une forte croissance du nombre des fermes bio (+ 20 % de producteurs en 2017). Sur 873 exploitations (3,6 % des fermes), on compte aujourd’hui 178 producteurs de lait bio. « La production laitière bio est fortement concentrée dans le Boulonnais », précise Sylvain Desrousseaux, conseiller en production animale à Bio en Hauts-de-France.

En 2016, 15 % des nouveaux producteurs bio représentaient des installations. « Une des particularités dans le lait bio est qu’on observe de plus en plus d’installations hors cadre familial et qu’on voit à nouveau la création d’ateliers lait », souligne Simon Hallez, responsable filières et territoires à Bio en Hauts-de-France. Il s’interroge : « La filière bio n’est-elle pas un moyen de limiter l’érosion du nombre d’éleveurs en facilitant la transmission aux jeunes générations ? »

La demande elle, affiche une hausse de 54 % en six ans en France. « C’est constant, ce n’est pas juste une mode », souligne Alexandre Carlu de la chambre d’agriculture. En outre, les consommateurs ne dissocient pas le bio de l’origine France ; pour eux, ce sont deux éléments forcément liés. 

« On ne peut plus parler de niche »

« Une grande partie des laiteries sont aujourd’hui capables de collecter en bio », poursuit Sylvain Desrousseaux avant de citer : « Lact’Union, Prospérité fermière, Sodiaal, Biolait, Ucanel. La filière est en plein développement. » Différents représentants étaient ainsi invités à s’exprimer lors de cette journée d’échanges. Toutes les laiteries sont à la recherche de nouveaux producteurs.

La Prospérité fermière « est engagée dans cette dynamique bio depuis trois ans, et nous souhaitons la développer », témoigne Marc Méry de Montigny, agriculteur bio et administrateur au sein de la coopérative, qui admet qu’il y a à peine cinq ans, « le bio, on laissait faire les autres ! » « À l’horizon 2020, nous prévoyons un besoin total de lait bio de 11 millions de litres pour l’usine de Saint-Pol-sur-Ternoise. » Le volume actuel est de 4,5 millions de litres environ, soit 15 exploitations. « Avant de passer en bio, il est nécessaire que l’exploitation soit saine », précise-t-il.

« Chez Lact’Union nous faisons du bio depuis 1995, poursuit Élodie Guilbert, conseillère chez Lact’Union dans la Somme. 8 millions de litres bio sont collectés, dont 4,5 millions directement par la coopérative. Notre objectif est de collecter 8 millions en 2020. » Grâce à différentes mesures, la coopérative accompagne les installations de Jeunes agriculteurs. Du côté de la transformation, le lait bio représente 15 % de l’activité de l’usine d’Abbeville. « On ne peut plus dire que c’est un marché de niche », souligne-t-elle.

Au niveau national, la collecte de lait bio de Sodiaal s’élève à 135 millions de litres. « L’objectif pour 2020 est d’atteindre les 230 millions de litres », souligne Bernard Bezu, agriculteur et administrateur à la coopérative. « Maintenant la demande existe, avec, en parallèle une demande en lait conventionnel qui diminue de 6 à 7 % chaque année », ajoute-t-il. Du côté de Sodiaal, « les aides à l’installation sont similaires à celles du conventionnel, soit 10 000 euros par JA. »

Avec différentes variantes qui entrent en jeu (primes, en phase de conversion ou non), toutes les laiteries semblent proposer un prix qui tourne autour de 460 euros les mille litres. 

Des solutions

Enfin, c’est François Bonamy, éleveur laitier dans l’Avesnois, qui est intervenu lors de cette journée, pour parler de Biolait, société spécialisée dans la collecte de lait biologique : « L’enjeu est de collecter l’ensemble du territoire. Le lait bio doit pouvoir se faire partout, même s’il n’y a pas d’outil de transformation sur un lieu donné. » Les freins techniques au développement du bio semblent donc en nette diminution ; tout comme les freins psychologiques ? 

Laura Béheulière

Laura Béheulière 2018-11-29T15:01:23+00:00 29 novembre 2018|Categories: Actualité, Élever|Mots clés: , |