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Légumes. À Brebières, des producteurs deviennent entrepreneurs

OtimO, unité de stockage et de conditionnement à façon de carottes, vient d’entrer en fonctionnement à Brebières (62). À sa tête, des producteurs associés de la région souhaitant « mieux valoriser » leur production.

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Il n’a fallu que quelques mois pour voir sortir de terre cet immense bâtiment dans la zone des Béliers. Six exactement, autant que pour faire pousser une carotte. Entré en chantier en juin 2017, le site a été mis en marche en décembre dernier et atteint actuellement son rythme de croisière. L’outil industriel a pour objectif de stocker, laver, brosser, trier et conditionner 12 000 tonnes de carottes par an.

OtimO, quésako  ?
La région Hauts-de-France produit près d’un cinquième de la production nationale de carottes, soit quelque  100 000 tonnes. « Elle ne disposait en revanche que de peu de moyens industriels permettant d’en assurer le stockage et le conditionnement », indique Jean-Paul Letombe, directeur général d’OtimO. Les carottes produites sur le territoire étaient en effet souvent destinées à l’industrie belge. Fort de ce constat, un groupement de producteurs et d’entrepreneurs s’est créé afin de construire une unité dédiée. « Ce projet précurseur est porté par une vingtaine de producteurs et des investisseurs financiers, explique le directeur. Il s’agit de mutualiser les compétences pour mieux maîtriser la partie “vente” et s’organiser pour valoriser le travail des agriculteurs. » En résumé, garder la main sur la production et ses débouchés. Les dirigeants d’OtimO promettent ainsi une « rémunération équitable en toute transparence et concertation avec les producteurs ».

Un cahier des charges strict
Un investissement significatif, près de 6 millions d’euros, a donc été réalisé afin de disposer d’un bâtiment industriel avec des capacités de conservation en froid positif et de tous les équipements modernes nécessaires au conditionnement industriel à façon et entièrement automatisé de carottes (trieur optique, deux entrepôts frigorifiques de 3 000 tonnes, etc.). L’ambition d’OtimO est de proposer en frais des carottes, « refroidies à cœur pour une meilleure conservation », de différents calibres, longueurs et catégories (extra, cat-1, 4e gamme, soupe, cat-chevaux, etc.). « Les légumes sont obligatoirement produits sous la marque collective C.A.R.E. qui permet d’assurer traçabilité et qualité grâce à un cahier des charges strict. Ce dernier se rapproche beaucoup de celui de l’agriculture biologique (AB) mais les carottes sont produites en agriculture conventionnelle, annonce Jean-Paul Letombe. Toutes les étapes de la culture sont systématiquement contrôlées de la plantation à l’arrachage. » Une équipe d’ingénieurs agronomes accompagne les producteurs au fil de l’année, notamment pour optimiser les traitements. La labellisation C.A.R.E. est réalisée par un organisme et un laboratoire indépendants.

100 % Hauts-de-France
Les carottes sont produites exclusivement dans les Hauts-de-France. « Elles proviennent majoritairement d’un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de l’usine, notamment de l’Artois, du Douaisis, du Cambrésis et du Ternois, souligne Jean-Paul Letombe. Pour le moment, nous ne sommes pas à la recherche de nouveaux producteurs mais nous avons déjà des contacts avec des exploitants agricoles intéressés par notre démarche. Il est prévu de traiter 12 000 tonnes de carottes la première année, nous évoluerons ensuite en fonction du marché. »
Le site du Pas-de-Calais garde ainsi sous le coude un programme d’extension qui pourrait porter cette capacité à 30 000 tonnes par an. Emballées en sac, en box ou en caisse sous la marque OtimO, les carottes partent dans les rayons de la grande distribution, chez les grossistes, en restauration collective et dans l’industrie (surgelés, conserves, arômes). « Nous voulions acheminer notre production vers différents débouchés, informe le directeur général. Elle est commercialisée dans toute la région comme en France. À moyen terme, nous espérons également gagner des parts de marché à l’export ». OtimO concentre à ce jour ses activités dans la carotte mais ambitionne à l’avenir de conditionner et de stocker d’autres légumes.

Simon Playoult

Coline Lucas 2018-03-09T15:32:13+00:00 10 mars 2018|Categories: Vendre|Mots clés: , , |