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Parc du Marquenterre. Le sanctuaire des oiseaux

Le parc du Marquenterre fête la nature jusqu’au 27 mai. Pour cette 12e édition de la Fête de la nature, le thème retenu est « Voir l’invisible ».

 © Crédits photos: F. G.; Parc du marquenterre; A. Hiley

« C’est un péché d’ouvrir à tous un sanctuaire tel que celui-ci, mais nous, nous en sommes fiers », dit joyeusement Philippe Carruette, guide nature et responsable pédagogique du parc du Marquenterre. Trente-trois années déjà sont passées depuis son arrivée dans ce parc, mais son émerveillement reste intact. « Il y a une diversité au niveau du vivant au Marquenterre qui m’étonne tous les jours », s’enthousiasme-t-il. Au terme d’espèce, il préfère celui d’individu. Si, pour l’œil profane, les oiseaux d’une même espèce se ressemblent tous, l’œil expert de ce passionné voit l’unicité de chacun.
Alors, même si ce parc est loin d’être le plus grand et le plus impressionnant, « il est celui qui présente la plus grande capacité d’observation d’oiseaux et d’animaux sauvages », explique Philippe Caruette. D’une part, parce que la chasse n’y est plus pratiquée depuis 44 ans. D’autre part, parce que tous les aménagements du site (sentiers et postes d’observation) ont été conçus pour que les visiteurs ne perturbent jamais les oiseaux.

Un parc terre d’accueil pour les oiseaux
Sur les 200 hectares du parc du Marquenterre, au cœur de la réserve naturelle de la Baie de Somme, plus de 300 espèces d’oiseaux ont été recensées depuis son ouverture au public en 1973. Parmi les espèces emblématiques que l’on peut y rencontrer suivant les saisons, se trouvent l’avocette, la cigogne blanche, la spatule, la mouette, le héron garde-bœuf, le courlis, la foulque, le tadorne, l’oie, l’aigrette, la mouette, etc. À chaque saison, cependant, ses oiseaux et leur histoire de vie.
Mais si chacun a son histoire, tous ont choisi la Baie de Somme comme terre d’accueil pour s’y ressourcer avant de reprendre leur migration ou se reproduire. Ainsi, alors que les canards nordiques, viennent y hiverner, les spatules blanches, les avocettes élégantes ou les phragmites des joncs viennent, eux, s’y reproduire au printemps. Mais les changements climatiques perturbent progressivement leurs comportements. Depuis les années 1990, les guides observent l’augmentation de la présence en hivernage de nombreuses espèces, ainsi que le départ vers le Sud plus tardif pour d’autres oiseaux. Autre préoccupation : la baisse de l’élevage en baie de Somme, activité indispensable pour l’équilibre de cet espace naturel et, au-delà, pour tout le territoire.
Mais entre ses forêts de pins et de feuillus, ses marais salés et d’eau douce, ses prairies, ses dunes, ses zones de buissons, le parc du Marquenterre reste bel et bien un paradis pour les oiseaux, grâce à la volonté de son fondateur, Michel Jeanson. Après avoir fait construire un polder, dans les années 1950, pour agrandir son domaine agricole afin de se lancer dans les cultures de tulipes et jacinthes, il convertit le site en terre dédiée à l’accueil des oiseaux, en 1973, et ouvert au public. Parce que la nature se partage et se préserve ensemble.

Florence Guilhem

Au programme de la fête

– 26 mai, de 9 h à 12 h : « Le comportement des oiseaux ». La meilleure façon de retenir le nom de l’oiseau que l’on vient de voir est sans nul doute d’observer avec attention sa vie et ses multiples comportements. Le guide naturaliste vous entraînera sur le chemin passionnant de l’éthologie partagée.
– 27 mai, de 9 h à 11 h 30 : « Le monde caché des tritons ». Au-delà de la beauté de ces amphibiens, leurs mœurs sont étonnantes et souvent peu connues, notamment lors de leur vie terrestre qui les mène souvent bien loin de leur mare de naissance. Le guide naturaliste spécialiste des amphibiens vous fera découvrir sur le terrain la vie cachée des tritons.

2018-05-25T10:30:04+00:00 25 mai 2018|Categories: Magazine|Mots clés: , , , , |