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Paris-Roubaix. Une course en pleins champs

Le saviez-vous ? Le monde rural se mobilise en masse pour faire vivre et suivre la « Reine des classiques » qui traversera la région dimanche 14 avril 2019. Levons le voile sur la facette agricole de cette épreuve mythique.

Le côté artiste des paysans. Long de 257 km, le Paris-Roubaix offre à voir la diversité des paysages du Nord de la France. Entre plaines agricoles (Aisne, Cambrésis…), forêts (Mormal, Wallers…) ou anciens sites miniers (Douchy, Arenberg…), une poignée d’agriculteurs n’hésitent pas à créer des structures de pailles ou autres tracteurs décorés pour indiquer leur présence sur la course. Durant le Tour de France, un concours national est même organisé en partenariat avec la FNSEA pour élire le plus beau visuel.

Un agriculteur vainqueur en vélodrome ! En avril 1981, Bernard Hinault remporte la 79e édition du Paris-Roubaix. Surnommé le « blaireau » au sein du peloton, celui qui a aussi gagné à cinq reprises le Tour de France deviendra éleveur à l’issue de sa carrière sportive. Durant vingt ans, l’ancien coureur, très populaire auprès du public, a cultivé des terres à Calorguen, à côté de Dinant (22), sur une exploitation de 50 hectares.

Agriculteur brasseur novateur. Si « l’enfer du Nord » est le surnom historique donné à la course pour sa pénibilité, c’est aussi le nom d’une bière créée spécialement en son honneur. La brasserie Terre et tradition, tenue par Sylvain Delhaye, agriculteur-brasseur de Quérénaing (59), produit donc depuis trois ans cette boisson houblonnée. Un brassin éphémère disponible uniquement quelques jours avant le Paris-Roubaix.

Chemins agricoles. Cabossés, usés par des centaines d’années de passage, les chemins pavés sont redoutés des coureurs cyclistes. Ceux qui font toute l’originalité et la réputation du Paris-Roubaix à l’international ont une tout autre utilité au quotidien. 364 jours par an, ils desservent les villages ou les champs et sont quasi uniquement empruntés par des agriculteurs entre leur ferme et leurs parcelles.

La campagne en fête. La « Reine des classiques » est un événement sportif hors normes : l’une des courses cyclistes les plus longues et les plus anciennes (créée en 1896). Sa notoriété attire plusieurs dizaines de milliers de spectateurs aux bords des routes de campagne. Beaucoup d’habitants des communes traversées par la course se retrouvent pour voir la caravane et les coureurs passer. Plusieurs commerces de proximité restent ouverts toute la journée. Au public nordiste se joint une foule de fans de vélo étrangers : Belges, Hollandais, Italiens, Allemands.

Des lycées agricoles chargés du pavage. Depuis une vingtaine d’années, les lycées horticoles de Raismes et de Lomme dans le Nord sont chargés de restaurer les secteurs pavés accueillant la course. Chaque année, plusieurs parties du tracé sont choisies pour être réparées en amont de l’épreuve. Des dizaines d’élèves apprennent ainsi la technique du pavage en conditions réelles sur ces célèbres chemins. Pour cette 117e édition, les coureurs devront avaler 54,5 kilomètres de chemins pavés !

Simon Playoult

© A.S.O
Simon Playoult 2019-04-15T09:18:05+00:00 11 avril 2019|Categories: Magazine|Mots clés: , |