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Pêche. C’est l’heure de taquiner la truite

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, plus de 50 000 pêcheurs amateurs s’apprêtent à sortir les cannes pour l’ouverture de la pêche à truite, le 10 mars, qui marque le lancement de la saison 2018.

À vos marques, prêts, lancez ! Après six mois d’attente, les pêcheurs de salmonidés peuvent reprendre leur matériel pour se rendre au bord des rivières de la région. À quelques heures de l’ouverture de la pêche à la truite, les inventaires piscicoles réalisés à l’automne 2017 sur le territoire semblent plutôt bons.

Des travaux qui portent leurs fruits
Dès samedi à l’aube, novices et mordus de l’hameçon vont retrouver leur place favorite sur les rives des cours d’eau de « 1re catégorie »*. « Il s’agit des rivières, plans d’eau et lacs principalement peuplés de truites, ainsi que ceux où il paraît souhaitable d’assurer une protection spéciale des poissons de type salmonidés », explique Florence Van Nieuwenborg, responsable du pôle développement de la Fédération du Nord pour la pêche et la protection du milieu aquatique. Depuis quelques années, les fédérations départementales mènent plusieurs opérations dans le but de régénérer l’écosystème dans lequel évoluent les truites et leurs proies : entretien des boisements des berges afin de préserver et développer les habitats piscicoles, création ou restauration de frayères, aménagements des barrages pour favo- riser l’accessibilité des zones de reproduction des poissons. Avec ces chantiers, « les alevinages (ré-empoissonnement avec des truites d’élevage, ndlr) sont en diminution et les truites sauvages continuent de gagner du terrain, annonce Grégory Crowyn. Malgré les fortes précipitations de l’hiver, nous espérons que la reproduction s’est bien passée. » Le directeur de la Fédération de pêche du Pas-de-Calais se réjouit en tout cas des résultats issus des stations de vidéo-comptage réparties sur différents secteurs. « À Mourlinghem (62) sur la Liane, 138 truites de mer ont été comptées en 2017, contre 87 en 2016 ; ainsi que sur la Ternoise à Auchy-lès-Hesdin avec 377 truites (229 en 2016). L’année dernière, 19 saumons atlantiques ont même été dénombrés, indique-t- il. Ce sont de grands migrateurs qui remontent les cours d’eau pour se reproduire, c’est une très bonne nouvelle pour la biodiversité locale.»

Un loisir qui attire toujours
Le Nord et le Pas-de-Calais font partie des zones qui comptent le plus de pêcheurs en France avec respectivement 26 000 et 25 000 pratiquants. « Nous avons maintenu nos effectifs avec même une petite augmentation des ventes de cartes de pêche, alors qu’au niveau national il y a une légère baisse », souligne Grégory Crowyn. Des efforts sont faits pour attirer un public de plus en plus large avec une multitude de tarifs (carte découverte, journalière, hebdomadaire, mineure…). « Il y a une nette progression du nombre de femmes pratiquant la pêche (+ 6 % des adhésions l’an dernier), note le responsable du Pas-de-Calais. Un certain nombre d’entre elles s’intéresse à la pêche à la mouche, une technique qui demande beaucoup d’attention. » Durant toute la saison, les associations se mobilisent aussi pour initier les plus jeunes à la pêche de loisir mais aussi pour les aider à comprendre les milieux aquatiques et les espèces qui les peuplent à travers diverses animations gratuites. « Il est possible d’apprendre la pêche dès l’âge de six ans avec un apprentissage à la fois pratique et environnemental », informe Grégory Crowyn. Un bon pêcheur doit en effet être au courant de règles de base avant de se lancer. « Il est important de ne pas marcher dans l’eau pour éviter le piétinement des frayères et des œufs de truite, ainsi que d’utiliser l’épuisette qui permet, tout en le conservant dans l’eau, de remettre le poisson à flot dans des conditions idéales », rappelle par exemple la Fédération du Nord. « Grâce au partage du droit de pêche, nous proposons de nouveaux parcours en rivière », poursuit Florence Van Nieuwenborg. Ainsi, avec le principe de « réciprocité », les titulaires de cartes peuvent bénéficier d’un territoire de pêche plus vaste, au niveau départemental et interdépartemental. « Il est possible de pêcher sur tous les parcours réprocitaires de France », résume Grégory Crowyn. Les passionnés pourront s’adonner à la pêche jusqu’au dimanche 30 septembre inclus.

Simon Playoult

2018-03-09T10:13:14+00:00 8 mars 2018|Categories: Magazine|Mots clés: , , , |