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Peste porcine africaine. Trois organisations appellent à une vigilance renforcée

Le groupement de défense sanitaire du Pas-de-Calais (GDS62), la fédération départementale des chasseurs (FDC62) et la Chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais signent un texte commun appelant à faire preuve de vigilance. En Belgique, de nouvelles mesures sont également prises par les autorités.

Afin d'empêcher toute propagation du virus de la peste porcine africaine, le ministre de l'agriculture wallon René Collin promet des jours sombres aux sangliers. ©Pixabay

Tandis que le ministre wallon de l’agriculture, René Collin, assurait début novembre que le pic de l’épidémie de peste porcine africaine n’est pas encore atteint en Belgique et qu’il vient de promettre des jours sombres aux sangliers présents dans sa région, dans les Hauts-de-France, plusieurs organisations appellent au maintien de la vigilance.

Côté belge, où la présence du virus est avérée sur des sangliers depuis le mois d’octobre, plusieurs mesures ont été prises. La première de ces mesures a été d’établir un périmètre vaste de 63 000 hectares, découpé en trois zones de vigilance renforcée, et où des obligations de destruction de l’espèce sanglier restent en vigueur.

En Belgique, surveillance et pression de chasse accrue

Le 23 novembre, sous pression de l’Union européenne, un nouveau périmètre de 28 000 hectares a été déclaré « zone de vigilance » en Wallonie, au nord du périmètre déjà placé sous surveillance. L’objet de cette précaution est, selon le ministre Collin, « d’éviter au maximum les risques de dispersion du virus et d’éradiquer celui-ci au plus vite ».

Sur le plan cynégétique, une discussion entre les représentants des agriculteurs wallons (FWA) et d’Inter-environnement Wallonie a récemment conduit le ministre de l’agriculture de Wallonie à augmenter de 150% le tableau de chasse au sein de la zone d’observation renforcée (ZOR) pur atteindre quelque 660 sanglier abattus.

D’ici le 28 février, chaque territoire de la zone de vigilance (ZV) devra avoir prélevé d’ici le 28 février un nombre de sangliers équivalant à une fois et demi le nombre de sangliers prélevés lors de l’année cynégétique précédente.

Enfin, au sein de cette zone de vigilance, les sangliers abattus devront être acheminés vers deux centres de collecte spécifiques, pour y être détruits.

D’une manière générale, sur le territoire wallon et exception faite du périmètre infecté, l’ambition du ministre Collin est « de réduire en deux ans, d’ici le 1er mars 2020, la population actuelle de suidés de 50% sur base des tableaux de chasse des années précédentes ».

Dès cette année 2018-2019, cela signifie donc que l’augmentation du nombre de sangliers devant être tués à la chasse sera de 30%. Pour ce faire, en janvier et février prochains, chaque territoire de chasse sera contraint d’organiser 3 chasses collectives, en complément du calendrier qu’il s’était déjà fixé.

L’appel de René Collin à diminuer drastiquement les populations de sangliers poursuit un double objectif : celui de contribuer à enrayer la propagation du virus de la peste porcine africaine ; et de l’autre, éviter les dégâts dont le sanglier peut être responsable sur les parcelles agricoles et forestières.

Pour M. Collin, « la problématique des populations de sangliers ne doit pas nourrir les polémiques. Ce qui est essentiel, rappelle le ministre wallon de l’agriculture, c’est la mobilisation de tous pour éradiquer la peste porcine africaine et protéger notre économie agricole et forestière ».

L'ambition du gouvernement wallon est de réduire en deux ans, d’ici le 1er mars 2020, la population actuelle de suidés de 50% sur base des tableaux de chasse des années précédentes. ©Pixabay

Les mesures préventives prises dans le Nord-Pas de Calais

Côté français, un texte commun au groupement de défense sanitaire du Pas-de-Calais (GDS62), à la fédération départementale des chasseurs (FDC62) et à la Chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais appellent de la même manière les éleveurs comme les chasseurs à être vigilants face au risque de propagation du virus.

Si ce n’est pas la première fois que ce genre d’appel est lancé, il y est question en premier lieu du respect d’un certain nombre de mesures de prévention sanitaires :

  • à la chasse, des prélèvements soutenus de sangliers dans les zones où cela est nécessaire, que ce soit en forêt domaniale ou privée
  • application de strictes règles de biosécurité (nettoyage et désinfection des bottes, du matériel, des véhicules…)
  • collecte des viscères pour équarrissage ou destruction avec de la chaux
  • précaution maximales pour les chasseurs se rendant dans des zones infectées (pays de l’Est de l’Europe, ardennes belges…) ou zones proches : ne ramener ni trophée, ni venaison et désinfecter le matériel
  • surveillance des élevages porcins et vigilance stricte des mesures de sécurité sanitaire

« Si la PPA était détectée dans notre département, la chasse y serait interdite et parallèlement, l’économie de la filière porcine se trouverait durablement déstabilisée », indiquent la lettre des trois organisations françaises. Et d’estimer qu’une baisse de baisse de 20% des cours du porc pourrait par exemple engendrer une perte hebdomadaire de 7 millions d’euros pour la filière porcine française.

Vincent Fermon