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Pitgam. Entre diversification et tradition

Installé depuis novembre 2017 sur moins de 30 ha, Pierre Campion mise sur des cultures à forte valeur ajoutée, dont le flageolet blanc, pour faire vivre son exploitation.

Pierre commercialise ses haricots via plusieurs magasins de produits fermiers. Crédit:DR

Il n’est ni originaire de la région – il est né à Gien, dans le Loiret –, ni né dans une famille d’agriculteurs, et c’est dans les Flandres que Pierre Campion a décidé de s’installer. Depuis novembre dernier, il est à la tête d’une exploitation de polycultures à Pitgam sur laquelle il produit à la fois des pommes de terre, du lin, des pois de conserve et de l’orge de printemps en conventionnel, et du seigle, des blés anciens, de l’épeautre, de la pomme de terre (aussi), des courges, des pois chiches et des flageolets blancs et verts en bio.

Le choix de cultures peu courantes est assumé par le jeune homme, qui aura 32 ans dans quelques semaines. « Ce choix de cultures est nécessaire pour ma rotation, mais aussi pour me démarquer d’autres exploitations », explique-t-il.

Salarié avant de se lancer

« Toujours attiré par le métier d’agriculteur », il commence son parcours par un Bac STAE au lycée de Montargis puis un BTS ACSE. Sa première expérience professionnelle, il la vit dans une exploitation spécialisée en grandes cultures dans l’Oise.

Sa compagne étant originaire du Nord, il rejoint le Dunkerquois en 2012 et travaille comme salarié dans une entreprise de travaux agricoles du Pas-de-Calais jusqu’à son installation en novembre 2017. « Ces expériences m’ont servi, mais je voulais vraiment m’installer et être indépendant. Je me suis plu dans mes emplois salariés mais j’avais envie de travailler pour moi », affirme Pierre.

Trouver quelques hectares, voire une exploitation à reprendre n’est pour autant pas facile, et c’est « un peu par hasard » qu’il rencontre celui qui va devenir son cédant et tuteur. « C’était à l’occasion d’une projection-débat à Dunkerque sur le renouvelle- ment des générations en agriculture », se souvient le jeune exploitant. Et de poursuivre : « J’ai eu la chance de tomber sur quelqu’un qui voulait transmettre à un jeune plutôt que son exploitation ne serve à l’agrandissement d’une autre ».

Le maintien d’une production ultra-locale

L’une des particularités de la ferme de Pierre Campion est d’être parmi la quinzaine d’exploitations qui participe au maintien de la production du Flageolet blanc de Flandre. Dans les pas de son cédant, il a pour cela rejoint l’association des producteurs créée en 2015 et assure y avoir reçu « un bon accueil ». « C’est une culture exigeante, parce qu’elle est peu mécanisable, constate Pierre, mais c’est aussi un bon précédent agronomique pour d’autres cultures et peu sensible aux maladies. Les semis tardifs, idéalement avant le 15 mai, permettent de se consacrer à d’autres cultures et j’ai le temps de réaliser plusieurs faux-semis pour faciliter ensuite le désherbage ».

Une année comme celle que l’on est en train de vivre sur le plan météorologique pose forcément un certain nombre de défis techniques : « Ce n’est pas simple du tout. On ne sait pas ce que l’on va récolter, mais c’est le métier qui veut cela ». La possibilité de contractualiser la vente d’un certain nombre de productions – notamment en ce qui concerne les légumes de plein champ – reste pour lui « un avantage majeur ». Dans le même temps, l’agriculteur n’est pas peu fier de participer au maintien d’un produit emblématique de la gastronomie des Flandres.
En ce qui concerne l’avenir de son exploitation, Pierre l’imagine davantage par la diversification de ses productions et la transformation que par l’agrandissement de ses surfaces dans un secteur où la pression sur le foncier est forte : « Dans le Loiret, le prix des terres n’est pas vraiment comparable, mais les exploitations à reprendre sont aussi plus grandes, moins diversifiées et le fait de ne pas être issu du monde agricole ne facilite pas les choses ».

À terme, explique le jeune homme, « j’aimerais convertir l’intégralité de la surface en bio, mais je veux faire les choses progressivement pour avoir le temps de m’adapter. Je n’ai de toute façon pas trop le choix, je suis obligé de dégager un revenu ». 

Des haricots parmi les Trésors de Flandre

 Pierre commercialise ses haricots via plusieurs magasins de produits fermiers, sur quelques marchés et s’est inscrit depuis peu au catalogue d’une Ruche qui dit oui du Dunkerquois. Les produits issus de ses parcelles converties en bio ou en conversion prennent pour la plupart le chemin de la coopérative Norabio.
 
En conventionnel, ses pommes de terre sont destinées au marché du frais, via un négoce. Idem pour les céréales conventionnelles. Celles cultivées en bio devraient dans l’idéal être vendues auprès de Biocer. Les pois de conserve (conventionnels) sont quant à eux produits sous contrat avec Bonduelle, et le lin sous contrat avec la coopérative L.A. Linière.
 
Toujours à la recherche d’équilibre, Pierre Campion n’est pas du genre à vouloir opposer les systèmes et les modes de commercialisation.
2018-06-12T14:17:02+00:00 12 juin 2018|Categories: Valoriser|Mots clés: , |