
Vice-président de la Région Hauts-de-France en charge notamment de la stratégie territoriale, Daniel Leca commente, quelques jours après la réunion de la conférence régionale de gouvernance mise en place pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) fixé par la loi Climat et résilience, la politique de réduction de l’artificialisation des sols.
Nous avons considéré que la loi, telle qu’elle était imaginée, était trop lourde, trop technocratique voire suscitant des effets pervers qui empêchaient d’atteindre le zéro artificialisation nette. Nous avons donc regardé ce qu’elle permettait de faire pour empêcher que certains territoires se trouvent bloqués dans leurs projets d’aménagement : quasi tous les territoires dynamiques qui accueillent le développement d’entreprises sont impactés. Nous avons voulu lancer un message fort : si vous souhaitez vous installer en Hauts-de-France avec un projet créateur d’emploi et de filière d’avenir, le foncier ne sera pas un problème. Pour poursuivre cet objectif, il y a l’utilisation de friches, la densification, et la promotion de stratégies d’aménagement pour réduire l’impact foncier. On ne construit plus une zone économique aujourd’hui comme dans les années 2000. On réduit le parking, on construit en hauteur, on optimise l’espace, c’est une absolue nécessité. Cette stratégie régionale est, jusqu’à preuve du contraire, un succès. Tous les territoires ont compris qu’on était partenaires face à une loi contraignante qui pose de nombreux problèmes. Notre choix exigeant et courageux est bien compris in fine et à la fin sera un succès.
Cet appel à projet (AAP) très transparent a été lancé à travers le Sraddet (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, ndlr). Le cahier des charges retenait trois grands types de projets : ceux qui contribuent au développement économique lié à la décarbonation, la réindustrialisation ou les filières d’avenir ; au report modal vers le fluvial ; ou en lien avec les zones impactées par le changement climatique ou le recul du trait de côte. 135 projets ont été déposés, 63 retenus* qui vont pouvoir bénéficier de 73,5 % de l’enveloppe foncière de 1 335 hectares que la Région a mutualisée. Cet AAP sera annuel pour tenir compte de l’évolution des projets et l’enveloppe sera réajustée selon la réalisation des projets. À la fin de la décennie, il y aura bien 54,5 % de réduction de l’artificialisation. Pour le nouvel AAP 2026, nous avons proposé une modification concernant le Dunkerquois. Confronté à une pression économique positive, il nous a sollicités car il a considéré qu’il ne serait pas en mesure de répondre aux besoins de logements.
La loi ZAN évoque une trajectoire qui impose un minimum de 54,5 % de réduction de l’artificialisation. L’État a créé une enveloppe de solidarité nationale pour les grands projets type Canal Seine-Nord qui ont vocation à être redistribués aux territoires. Nous avons repris l’intégralité des hectares que ça implique et appliqué le 54,5 %. La loi demande ensuite aux Régions de territorialiser les trajectoires selon différents critères : dynamiques de population, économiques, efforts faits par le passé pour éviter l’artificialisation, travail de densification des logements pour réutiliser les logements vacants, etc. Nous avons travaillé Scot par Scot, il y a eu plus d’un an de concertation, de dialogues avec les territoires, d’explications de cette loi ZAN qui s’est imposée : la Région a fait le travail de pédagogie à la place de l’État. On s’inscrit dans l’effort nécessaire de réduction de l’artificialisation, surtout quand on voit les effets du changement climatique.
Propos recueillis par Louise Tesse

Actualité

Actualité
Agriculture, Économie, Politique, Syndicalisme

Actualité

Vivre et travailler ensemble : la vie d’un couple à la ferme !
par Hélène Grafeuille
Ecoutez leur histoire !
