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PORT. BOULOGNE-SUR-MER GARDE LE CAP

La cité de la Côte d’Opale reste le premier port de pêche français en termes de volumes. Des halles à marée aux ateliers de transformation en passant par la criée, découvrez le parcours des produits de la mer au cœur de la zone de Capécure.

© A.Vrolant-OTBCO

Si New York est surnommée la « ville qui ne dort jamais », le port de Boulogne-sur-Mer mérite tout autant ce titre. Du lundi au samedi, les marins-pêcheurs de la rade reviennent du large avec leurs lots de poissons entre 2 et 3 heures du matin. Une fois les bateaux amarrés à quai, un ballet de transactions, contrôles et transformations bien rodé se met en place. Une véritable course à la qualité et à la fraîcheur.

Pêcheurs, écoreurs, acheteurs

Avec ses 140 kilomètres de côtes, le Nord-Pas de Calais est un très grand territoire de pêche. Les espèces remontées par les flottilles rattachées au port sont nombreuses : poissons d’eaux profondes (lieu noir, grenadier, lingue bleue, sabre, cabillaud, empereur) ou issus de la pêche artisanale et côtière (merlan, maquereau, rouget-barbet, hareng, seiche, sole…). Ajoutez à cela les crevettes, la coquille Saint-Jacques et les moules de la Côte d’Opale (de bouchot, de pleine mer ou élevées à plat sur corde). « Plus de 70 espèces différentes sont pêchées sur notre littoral », indique Pascal Labarre de la CCI Hauts-de-France. Une fois débarquée aux halles à marée (un quai de 477 mètres de longueur et doté de 8500 m2 de modules réfrigérés destinés à l’allotissement et au transit), cette diversité de produits halieutiques est prise en charge par des écoreurs. « Ce sont des prestataires de services qui commercialisent le poisson pour le pêcheur, poursuit Pascal Labarre. Il s’agit d’une particularité historique boulonnaise ». Les écoreurs fixent un prix de vente et sont chargés d’écouler la marchandise à la criée.

La criée… silencieuse

Chaque jour, c’est le même rituel. Dès 5 heures, ils sont en moyenne 60 acheteurs agréés (mareyeurs, poissonniers, grossistes et transformateurs) à prendre place à la criée, aussi appelée « le petit Wall Street des produits de la mer ». Les 112 postes d’achat sont même régulièrement complets le samedi matin. La criée a été informatisée en 2008 et se fait donc aujourd’hui en silence. « Grâce à des photos, les écoreurs soumettent les produits qu’ils ont à vendre, explique Gildas Dubois, chef de service de la criée. Les poissons défilent sur quatre cadrans géants faisant face à l’assemblée d’acheteurs ». Sont affichés : l’espèce, le poids du lot, le calibre, la zone de pêche, le label et le type de caisse. La rapidité d’action est de mise pour pouvoir acquérir l’arrimage désiré ! Les acheteurs sont rodés puisque la durée de la vente excède rarement les 45 minutes. Certains arrivent en amont au port pour faire des repérages lors du déchargement des bateaux. « La criée est également accessible par visioconférence, souligne le responsable du site. Une trentaine d’acheteurs y participent quotidiennement à distance ».

Première et seconde transformations

Après avoir trouvé acquéreurs, les poissons voguent vers diverses destinations : commerçants, GMS ou ateliers de transformation. « Cette activité connaît un certain dynamisme dans l’espace de Capécure, affirme Pascal Labarre. Plusieurs entreprises se sont récemment agrandies ou installés (Cuisines d’art’rome, J. C. David, Delanchy). Une unité de lavage des caisses à poissons va aussi voir le jour ». La cité portuaire, qui intensifie ses liens avec les ports de Calais et Dunkerque, est ainsi devenue la première plateforme européenne de transformation des produits de la mer. La « première transformation » com- prend le mareyage (commerce de gros), le filetage et le conditionnement « frais emballé » des poissons. La « seconde transformation » aboutit à des produits finis tels que salaisons, conserves, soupes, plats préparés et surgelés. Ce secteur représente 67 % des emplois, le négoce 19 %, le transport entreposage 13 %. Sur son dernier exercice, la pêche du port de Boulogne-sur-Mer a atteint 287 000 tonnes de denrées transformées.

Simon Playoult

 

La Rédaction 2019-05-17T12:31:00+00:00 24 novembre 2017|Categories: Actualité, Agroalimentaire|Mots clés: , , |