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SANTÉ. PATIENTS CHERCHENT MÉDECINS GÉNÉRALISTES

Le phénomène de démédicalisation touche également la région. Si le Nord et la Somme continuent d’attirer des médecins, le Pas-de-Calais, l’Oise et l’Aisne perdent des praticiens. Face à ce constat, l’Agence régionale de santé accompagne les professionnels médicaux.

La région des Hauts-de- France est elle aussi touchée par la difficulté d’accès aux soins de « premier recours » (offre de proximité aisément accessible en termes de distance, de temps de parcours, et dont le maillage doit être resserré sur le territoire), avec d’importantes disparités entre les territoires. Avec plus de six millions d’habitants, la demande en praticiens est forte. La densité médicale globale en 2016 faisait état de 366 médecins pour 100 000 habitants, soit une augmentation de 10,3 % par rapport à l’année 2007.

24 % des médecins actifs en région ont plus de 60 ans

Pourtant, sur les cinq départements qui composent la région, les situations sont disparates et les 22 239 praticiens, médecins généralistes et spécialistes, recensés en 2016 se répartissent de façon inégale sur le territoire régional. Le département du Nord, le plus peuplé des Hauts- de-France, concentre plus de la moitié des praticiens avec 11 496 médecins en activité recensés. Suit le Pas-de-Calais et ses 4 580 médecins, la Somme qui comptabilise 2 345 professionnels, l’Oise avec 2 345 praticiens et l’Aisne qui en compte 1 553.

La réelle problématique vient du fait que 24 % des médecins actifs en région ont plus de 60 ans. La pyramide des âges de la population médicale ne semble pas montrer de renouvellement des générations. Sur la période 2016-2025, les projections donnent une évolution à la baisse en ce qui concerne la médecine générale avec des effectifs qui vont passer de 7 786 à 7 279 médecins, soit 507 praticiens en moins sur la période.

La région Hauts-de-France occupe, à quasi-égalité avec Provence-Alpes-Côte d’Azur, la troisième place des régions en forte diminution du nombre de médecins généralistes.

L’ARS passe à l’action

Face à ce constat, l’Agence régionale de santé (ARS) Hauts- de-France met en place une poli- tique de soutien au profit des zones concernées par la démédicalisation. Cela implique la mise en place d’un accompagnement au profit des professionnels de santé en formation et en recherche d’installation comme des professionnels de santé d’ores et déjà installés.

Différents dispositifs ont été instaurés. Le premier est le « correspondant installation ». Son rôle est de donner aux étudiants et professionnels de santé libéraux, des conseils et des informations sur les aides au maintien et à l’installation dont ils pourraient bénéficier.

Le second dispositif est le « contrat d’engagement de service public». Ce contrat permet le versement d’une allocation mensuelle de 1 200 euros pendant la durée des études du signataire. Ce dernier s’engage, dès l’obtention de son diplôme d’études spécialisées de médecine, à exercer dans une zone fragile ou en difficulté pendant une durée égale au versement de l’allocation. Il est possible de signer un tel contrat à partir de la deuxième année d’étude.

Des mesures d’accompagnement

L’ARS propose un accompagnement privilégié aux étudiants et internes signataires d’un contrat d’engagement de service public, de la signature à la fin de leur contrat. L’objectif est de les aider à choisir le territoire en difficulté ou fragile sur lequel ils s’installeront. À ce jour, dans les Hauts-de-France, 175 contrats ont été signés en médecine et 46 en odontologie.

Par ailleurs, lorsqu’un médecin souhaite s’installer dans une zone fragile ou en difficulté, il peut bénéficier d’une garantie derevenu mensuel ainsi que des avantages en matière de protection sociale. Il devient alors « praticien territorial de médecine générale ». Ce contrat cosi- gné par l’ARS et le médecin « primo-installé » a une durée d’un an, renouvelable une fois.

L’ARS se charge de l’accompagner tout au long de son installation mais également de son exercice. Il est alors suivi par un correspondant installation de l’agence. 51 contrats ont d’ores et déjà été signés dont 29 actifs.

Enfin, les structures d’exercice coordonnées complètent le dis- positif. Notamment, les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) où une équipe de professionnels soignants de proximité (médecins généralistes, infirmier, masseur-kinésithérapeute…) ont choisi de travailler ensemble, de façon coordonnée, au sein d’une même structure ou sur des lieux différents (MSP éclatée).

La maison de santé pluri-professionnelle exerce des activités de premier recours, et le cas échéant, des activités de second recours (soins qui ne peuvent être pris en charge que par des médecins spécialistes en raison de leur complexité). Elle peut également participer à des actions de prévention et d’éducation à la santé. Sa vocation est d’offrir à la population d’un territoire un lieu de prise en charge la plus globale possible, d’améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé en facilitant la continuité des soins et la mutualisation des coûts des locaux, de contribuer à l’amélioration de la qualité de la prise en charge des patients, par le partage d’expérience, la complémentarité des approches, et l’insertion de la MSP dans un tissu partenarial sanitaire, médico-social et social. Enfin, elle a pour objectif de développer la formation des jeunes professionnels de santé, de les attirer vers le territoire concerné et le mode d’exercice coordonné des soins. À l’échelle régionale, 79 maisons de santé pluri-professionnelles sont en activité et 98 projets ont été recensés.

Gauthier Clausse

2017-10-20T08:18:46+00:00 20 octobre 2017|Categories: Actualité, Vivre|Mots clés: , , |