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Société. Les inégalités hommes-femmes persistent dans la région comme en France

Même si les lignes bougent, les inégalités entre les femmes et les hommes persistent dans les Hauts-de-France. Regardons de plus près ce qu’il en est dans la vie politique, au sein de l’éducation et dans le secteur associatif. 

Présentation des études de l'Insee, du rectorat et du milieu associatif à la préfecture de région le 7 mars à Lille. © DR

Les femmes sont-elles plus souvent diplômées du supérieur que les hommes ? Quel est l’écart de salaire annuel moyen (en équivalent temps plein) entre les femmes et les hommes de la région ? 

La journée internationale des droits des femmes (le 8 mars) est, comme chaque année, l’occasion de faire un état des lieux des inégalités entre les hommes et les femmes. Cette fois-ci, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les rectorats d’Amiens et de Lille ainsi que le Mouvement associatif (LMA) se sont penchés sur trois secteurs en particulier : la sphère politique, l’éducation et le milieu associatif. Les trois institutions ont présenté leurs études respectives jeudi 7 mars à la préfecture de région à Lille. 

Et pour ne pas vous laisser sur votre faim, la réponse à la première question est OUI : 35 ,6 % des femmes sont diplômées contre 29,8 % des hommes. La seconde réponse est de – 18 %, soit un écart de salaire (trop) important. 

Intéressons-nous d’abord à la vie politique : 

Le chiffre le plus marquant d’abord : 15 %. C’est la (très petite) part des femmes occupant le poste de maire dans les Hauts-de-France (17 % au niveau national). “Les femmes élues sont moins présentes sur les postes à responsabilité puisque la parité n’est pas obligatoire aux plus hautes fonctions”, explique l’Insee. 

En 2018, on dénombre 20 244 femmes conseillères municipales dans les 3 808 communes de la région, soit 38,5 % des élus municipaux (40 % au niveau national). 

Dans les communes de plus de 1 000 habitants, elles sont 47,6 %, contre 32,4 % dans les communes de moins de 1 000 habitants, non soumises à la loi de 2013 qui impose la parité. Cette parité est quasi atteinte au sein des conseils régionaux et départementaux (pour lesquels le respect de la parité est inscrit dans la loi). 

Enfin, l’Insee relève que les femmes élues sont en général plus jeunes que leurs homologues masculins : dans les assemblées municipales, elles sont en moyenne plus jeunes de deux ans.

À l’école :

Premier constat : les filles réussissent mieux aux examens que les garçons. Le taux de réussite aux baccalauréats en 2017 est de 89,1 % pour les filles contre 84,3 % pour les hommes. Même constat pour le diplôme national du brevet, le CAP et le BTS. Elles obtiennent, en outre, plus de mentions quel que soit le diplôme obtenu. 

Deuxième constat : leurs choix d’orientation sont différents. “Elles vont moins vers les filières scientifiques alors même qu’elles réussissent mieux aux examens, résume Antoine Van Assche, chargé d’étude. Elles sont d’autre part surreprésentées dans les services, la coiffure ou le travail social.” 

“Il y a un choix d’orientation qui s’appuie davantage sur des stéréotypes que sur des compétences. On peut faire le pari que la réforme du lycée fasse bouger les lignes sur cette problématique”, avance Sandrine Benafquir, représentant les rectrices des académies de Lille et d’Amiens. 

Dans le secteur associatif : 

Il y a environ 80 000 associations actives dans les Hauts-de-France et le secteur compte 177 754 salariés, soit  11,5 % du total des emplois privés. 

Attention, les chiffres suivant concernent le niveau national, aucune étude au niveau régional n’ayant été, pour le moment, réalisée. 

On observe une parité dans les adhésions (50 % d’adhérents de chaque sexe) qui ne se retrouve pas dans les présidences : 61 % des postes sont occupés par des hommes. “Plus on monte dans les fonctions, plus l’écart se creuse, souligne Claire Bizet, directrice du Mouvement associatif Hauts-de-France. C’est toutefois un peuxmieux que lors de l’étude précédente, où on était à trois présidents sur quatre.” 

On constate également une répartition différenciée des bénévoles, reflet des a priori sur les sexes : il y a plus d’hommes dans le sport, plus de femmes dans l’action sociale.

Au niveau de l’emploi, le monde associatif est majoritairement féminin. Mais un plafond de verre persiste avec une difficulté à accéder aux postes à responsabilité. 67 % des salariées sont des femmes, 52,8 % des postes d’encadrement sont occupés par des femmes tandis que 25 % des postes de direction le sont.
À noter que l’emploi y est précaire, avec plus de temps partiel et de CDD.

Et dans l’agriculture ? 

Retrouvez les chiffres ainsi que des témoignage, portrait et interview sur les femmes dans l’agriculture régionale dans notre édition papier du 8 mars 2019, numéro 99.

Laura Béheulière 

 

 

Laura Béheulière 2019-03-12T09:11:59+00:00 7 mars 2019|Categories: Actualité, Magazine|Mots clés: , , , |