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Start-up. Découvrez l’incubateur AgTech et ses innovations 100 % agricoles

Préparez vos dictionnaires d’anglicismes. Le 2 mai avait lieu le « kick off » (lancement) du premier « batch » (promotion) de start-up de l’AgTech. Nous avons rencontré les petits nouveaux de cet incubateur de start-up 100 % agricoles implanté à Willems, dans le Nord.

Terres territoires - Agtech willems nord - DR
L’« ageekculteur » Thierry Bailliet est le parrain de cette première promotion de l’AgTech de Willems. © DR

Clic parcelle, FarmViz, Fungfeed, My bio assistant, Champ libre, Autofood, Tpay et Lituus. C’est la nouvelle promotion de l’AgTech, déclinaison agricole de l’incubateur de la métropole lilloise EuraTechnologies. C’est aussi la première, les autres start-up agricoles du réseau ayant en effet toutes été accompagnées par un programme généraliste. Présentées le 2 mai dernier à Willems, elles ont toutes pu « pitcher » (expliquer) leur projet devant un petit public composé essentiellement d’autres startupers. Elles ont aussi eu l’occasion de rencontrer leur parrain : l’« ageekculteur » Thierry Bailliet (le « geek » étant un fan inconditionnel de technologies). « La moyenne d’âge est de 40 ans », explique Amber Ogborn, chef de projet américaine de l’AgTech, « c’est donc un public plutôt confirmé. Tous ont l’envie profonde d’améliorer les pratiques et d’apporter des solutions pour améliorer le quotidien des producteurs et des consommateurs ».
Les huit embryons de projets ont maintenant 80 jours pour passer à l’état de projet viable, avec la présentation le 25 juillet prochain d’un grand oral assorti d’une version « de base » de leur projet : prototype, site Web, application mobile… S’ils passent cette étape décisive, ils gagneront le droit de rester incubés neuf mois de plus pour continuer à se développer, entamer leur commercialisation, ou intégrer le programme d’accélération destiné aux projets plus mûrs.

Le terreau du réseau
En plus de pouvoir se rencontrer, les petits nouveaux ont pu commencer à grappiller le terreau de toute start-up : le réseau. L’écosystème de l’AgTech des Hauts-de-France était en effet présent avec les fondateurs des désormais célèbres Sencrop, Samsys, Agrikolis et Karnott. Ceux-ci ont volontiers joué les maîtres Yoda en livrant leurs conseils et en contant leur parcours. « Une start-up, c’est surtout du réseau ! », reconnaît Cédric Guyot d’Agrikolis. « Du repos, vous n’en aurez pas vraiment », prévient Michael Bruniaux de Sencrop. « Monter une start-up, c’est travailler non-stop. Et attention, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous acheter le produit que vous n’avez pas encore développé. Le plus dur reste de leur dire non, et de s’en tenir au projet initial. Sinon, vous n’avancerez pas ! »
« Les agriculteurs, c’est quel type de clientèle ? », demande quelqu’un dans l’assistance. Michael Bruniaux se lance : « Au premier abord, ils peuvent paraître durs. Ils sont cash, mais c’est plutôt sain. On a besoin de leur franchise pour développer nos produits. S’ils voient qu’on ne se moque pas d’eux, c’est un public très fidèle. Il faut juste leur tenir un discours très technique, et s’en tenir à ce qu’on va leur apporter ». « Ce qui intéresse les agriculteurs, rebondit Thierry Bailliet, ce n’est pas la technologie, c’est la valeur ajoutée ! Que ce soit vert ou rouge, ils s’en fichent. » Cédric Guyot d’Agrikolis prend alors la parole : « Il faut aussi ranger ses a priori au placard. On m’avait dit : pourquoi développer une appli pour les agriculteurs, ils n’ont pas de smartphone ! évidemment, c’était faux ». 

Lucie De Gusseme

Les « premiers de fournée »
Elles sont huit à s’être implantées à Willems, dans le terreau de l’AgTech que tous espèrent fertile. Zoom sur les huit lauréates de cette première fournée.
⊲ Clic parcelle, l’assistant idéal
Être informé et alerté de l’état du stock d’intrants, avoir une vision détaillée de ses champs, avoir toutes les informations administratives du personnel sous la main, calculer, connaître le coût de chaque outil ou machine… Créée par Julien Prioul, agriculteur dans les Bouches-de-Rhône, la plateforme Clic parcelle se veut une aide globale à l’agriculteur en matière de gestion des cultures, des intrants, du personnel et du matériel.
⊲ FarmViz, l’anticipateur de rendements
Avec ses capteurs et ses algorithmes intégrant les éléments climatiques, environnementaux et les pratiques culturales, FarmViz veut permettre aux agriculteurs et aux coopératives de suivre le cycle des cultures et d’anticiper les rendements à l’échelle d’une parcelle, d’une exploitation ou d’un collecteur.
⊲ Tpay, le PayPal agricole
Destinée à la filière agricole dans un premier temps, Tpay sera une plateforme de gestion de trésorerie dotée d’un module pour payer les fournisseurs directement avec ses futures récoltes. Semences, engrais, services… La start-up ambitionne également d’innover en créant une économie circulaire autour de l’agriculteur pour développer et garantir les échanges dans la filière.
⊲ Fungfeed, l’insecte au service de l’agriculture
Fungfeed entend se spécialiser dans l’élevage d’insectes à destination de l’alimentation animale et des fertilisants agricoles. Les bêtes pourraient être nourries notamment avec les déchets de la ferme de la Gontière à Comines, et avec ceux de brasseris locales.
⊲ My bio assistant, le jardinage 2.0
Cette start-up, destinée non pas aux agriculteurs mais aux particuliers, veut fournir un assistant Web capable d’assurer le suivi détaillé des potagers, donner des conseils et proposer des formations. Ou quand le jardinage se met à l’heure du numérique !
⊲ Champ libre, haro sur l’isolement
Être un antidote à l’isolement, à la fois dans les campagnes et dans les grandes villes : c’est l’ambition de Champ libre (qui changera peut-être encore de nom). Son idée ? Mettre en relation agriculteurs et citadins tous deux en quête de reconversion ou de sens dans leur vie… Qui a dit que la technologie séparait les gens?
⊲ Autofood, un robot dans le potager
Le projet Autofood s’apprête à développer des robots pour entretenir des unités de production autonome en ville. Jardins publics en zone urbaine, potagers sur les toits d’immeubles… La start-up vise plutôt les endroits insolites.
⊲ Lituus, vaches sous haute surveillance
L’idée de Lituus est de développer des objets connectés pour la surveillance des troupeaux bovins, comme des colliers indiquant le bon moment pour inséminer. Les vaches ne seront jamais aussi bien gardées !

2018-05-09T16:54:26+00:00 10 mai 2018|Categories: Actualité|Mots clés: , |