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” UN GRAND CAPITAL SYMPATHIE EST ACCORDÉ À LA POMME DE TERRE “

L’interprofession de la pomme de terre s’est réunie à Arras le 5 décembre pour fêter ses 40 ans. Retour sur son rôle et ses missions avec son vice-président Luc Chatelain.

Luc Chatelain, vice-président du CNIPT. Crédit : DR

À l’occasion de la convention anniversaire des 40 ans du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), qui s’est tenue à Arras le 5 décembre, Luc Chatelain, vice-président de l’organisme et producteur de pommes de terre dans le Pas-de-Calais, a répondu à nos questions.

Pourquoi avoir choisi Arras pour organiser la convention du 40e anniversaire du CNIPT ?
Traditionnellement, l’assemblée générale du CNIPT est organisée à Paris. À l’occasion de cette convention anniversaire, le conseil d’administration a souhaité venir à la rencontre de ses adhérents au cœur du bassin de production de pommes de terre, à Arras, dans le Pas-de-Calais. C’est un point central dans les Hauts-de-France, région qui rassemble plus de 60 % de la production française.

Comment est organisé le CNIPT et quelles sont ses missions ? Le CNIPT se compose de deux collèges : un collège « amont », avec des représentants des producteurs*, et un collège « aval », avec des représentants des négociants et de la distribution**. Le champ d’action du CNIPT concerne principalement la pomme de terre de consommation commercialisée en l’état sur le marché du frais. Notre organisme a quatre grandes missions : la veille économique, la qualité des produits et l’établissement de normes de commercialisation, la promotion et, aspect plus méconnu, le financement de la recherche et du développement.

Quel est le rôle exact du CNIPT sur le volet qualité ?
C’est une des particularités de notre interprofession : elle est dotée de son propre corps de contrôle dont le rôle est de vérifier en magasin la qualité des pommes de terre mises en rayon. Le but est de vérifier le respect des normes de commercialisation décidées en interprofession concernant les calibres, les variétés, la segmentation culinaire…

La pomme de terre a-t-elle la cote chez les consommateurs ? La promotion du produit est l’un des rôles majeurs du CNIPT. Nous avons vraiment une expertise dans ce domaine et menons des programmes de communication depuis de nombreuses années. Nous menons aussi des enquêtes de satisfaction. Elles montrent que la pomme de terre bénéficie d’un très grand capital confiance et sympathie auprès des consommateurs mais qu’elle peine à séduire les jeunes générations. Deux tiers des pommes de terre fraîches achetées en France le sont par les plus de 50 ans qui représentent environ la moitié de la population. Il y a donc un vrai enjeu à inciter les jeunes à consommer plus de pommes de terre. Une stratégie en ce sens est en cours de finalisation. C’est parfois difficile de faire comprendre à nos adhérents l’importance d’investir sur ce volet communication.

Quels sont les dossiers d’actualité pour l’interprofession ?
Nous menons actuellement un travail pour mettre en place une charte concernant les réceptions en centres de conditionnement. L’objectif est d’aboutir à une évaluation la plus objective possible des lots de pommes de terre. Nous sommes d’ailleurs parvenus à une remise à plat de la grille de l’échelle de présentation des pommes de terre.

Autre grand sujet d’actualité pour nous, qui sera d’ailleurs le thème de notre convention : la responsabilité sociale et environnementale (RSE) de notre filière pour mieux répondre aux attentes des consommateurs. Nous allons nous fixer des objectifs ambitieux en matière de réduction d’intrants, d’encouragement à l’utilisation des outils d’aide à la décision (OAD), de certification…

Que dire des relations entre les collèges représentés au CNIPT ?
La vie interprofessionnelle est loin d’être un long fleuve tranquille, surtout les années de grande production, mais notre organisation est enviée dans d’autres pays européens. Nous sommes dans une année difficile avec des opérations commerciales à répétition déconnectée de la réalité économique et des coûts de production. C’est un contexte où il est très difficile de gérer l’offre. Une des particularités de notre marché est sa grande volatilité : 1 % de volumes en plus entraînent une chute des prix de 7 %. De plus, l’atomisation de l’offre crée une surenchère à la baisse.

La contractualisation reste une de nos grandes préoccupations. Et je continue d’appeler de mes vœux la mise en place de contrats tripartis allant du producteur au distributeur. La filière frais se caractérise encore trop souvent pas des relations archaïques.
Un des rôles de l’interprofession reste d’améliorer l’organisation de la filière et nous avons des débats intenses sur la façon dont il faut s’y prendre. Le CNIPT est un lieu d’échanges indispensable qui a à son actif de très belles réussites.

Virginie Charpenet

2017-12-06T17:22:30+00:00 6 décembre 2017|Categories: Actualité|Mots clés: , , |