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04-06-2025

Quelle jeunesse agricole dans les années 50-70 ?

Marie-Christine Allart, chercheuse en histoire, recherche des témoignages d’agriculteurs-trices et ruraux ayant eu entre 14 et 21 ans dans les années 1950 à 1970. Objectif, raconter la jeunesse agricole et la modernisation dans le Nord-Pas de Calais.

Jeunesse agricole : Via ses travaux de recherches, Marie-Christine Allart veut raconter la jeunesse agricole, loin des clichés. © DR
Via ses travaux de recherches, Marie-Christine Allart veut raconter la jeunesse agricole, loin des clichés. © DR

« Je ne sais pas d’où ça me vient mais j’ai toujours aimé l’agriculture, depuis toute petite. Alors c’était un peu une évidence que mes recherches s’orientent vers ce secteur », raconte Marie-Christine Allart, 67 ans, ancienne enseignante d’histoire-géographie et qui aujourd’hui consacre une grande partie de son temps à la recherche en histoire.

Dans le cadre de cette activité, l’historienne investigue dans le but de raconter la jeunesse agricole et la modernisation dans le Nord-Pas de Calais.

Rectifier les idées fausses

« Aujourd’hui je suis affiliée à l’Institut de recherches historiques du Septentrion à l’université de Lille et membre correspondant de l’Institut d’histoire du temps présent, unité de recherche du CNRS pour le Nord-Pas de Calais », explique Marie-Christine Allart.

« L’IHTP fonctionne sur un système de programme quadriennal. Donc tous les quatre ans nous avons un nouveau sujet de recherche. Le programme actuel est « La jeunesse rurale : 1950-1970 ». J’ai proposé le sujet « La jeunesse agricole et la modernisation dans le Nord-Pas de Calais. »» 

Si Marie-Christine Allart consacre autant de temps à ce domaine et en particulier à l’histoire agricole du Nord-Pas de Calais, c’est qu’elle y voit une forme de devoir et un moyen de « rectifier des idées fausses. Étudier le passé permet cela. Si on prend l’agriculture, une idée fausse est que le monde agricole pouvait être réfractaire à la modernisation. En réalité pas du tout et c’est particulièrement marqué dans la région où le monde agricole était même assez avancé par rapport à d’autres régions de France. Là où à certains endroits, les agriculteurs avaient au début des années 1950 des maisons en terres battues, il n’en est rien pour le Nord-Pas de Calais. Autre idée reçue, « on ne pense jamais collectif dans le monde agricole ». C’est complètement faux et les recherches le démontrent ».

Et de rappeler : « Il n’y a pas de jugement, on utilise des méthodes scientifiques et précises. L’idée est simplement de mieux connaître les agriculteurs, d’où ils viennent et ce qui les a amenés où ils sont. »

Pour cela, le travail est minutieux et commence par des recherches aux archives où « je recueille de multiples documents pour dégager des idées et voir si le sujet est réalisable. Ensuite on tire les fils, c’est fascinant ! » Cette étape, Marie-Christine Allart l’a terminée.

Appel à témoignages

Cela fait déjà plus d’un an que l’enseignante d’histoire-géographie à la retraite travaille sur son sujet. Aujourd’hui, pour étayer ses travaux, elle a besoin de témoins directs de l’époque.

« J’aimerais rencontrer des personnes, femmes et hommes, âgés de 14 à 21 ans dans les années 1950 à 1970, des agriculteurs-trices mais aussi simplement des ruraux du Nord-Pas de Calais. Je souhaite notamment recueillir des témoignages sur la mécanisation, les écoles ménagères, la modernisation des foyers et des exploitations… Je cherche également des personnes ayant fait partie de la JAC (Jeunesse agricole catholique) et de la JACF (Jeunesse agricole catholique féminine). J’ai aussi une demande plus spécifique : des témoignages sur les clubs agricoles de l’armée. J’ai appris l’existence de cela dans un document du lycée de Tilloy-lès-Mofflaines qui indique, « des militaires venus de tous les départements voisins à l’occasion de sessions d’animateurs de clubs agricoles sous les drapeaux ». Cet événement a sans doute eu lieu dans les années soixante mais je n’ai pas plus de précision. »

Le résultat de son travail devrait être publié en 2029 mais peut-être avant cela une exposition ou un colloque permettra de restituer ses travaux.

Et de conclure : « Je remercie tous les agriculteurs qui ont permis de faire avancer mes précédentes recherches et je remercie par avance ceux qui le feront aujourd’hui ! »  

Lire aussi : Histoire : De 1960 à nos jours : les moissons, toute une histoire

Pour témoigner :

Contactez Terres et Territoires par mail à epuel@terresetterritoires.com ou contacter directement Marie Christine Allart à marie-christine.allart@orange.fr.

églantine Puel 

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Agriculture Hauts-de-France

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