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| Par Dylan Pique

Le chien, meilleur ami de l’homme ? Assurément pour Thomas Petit. Ce dernier, agriculteur de métier, a grandi avec eux et travaille aujourd’hui au quotidien avec ceux qui sont devenus ses meilleurs collègues. Pour partager son expérience d’agriculteur et de dresseur de chiens de troupeau, l’homme anime depuis 2023 des stages. Il était une fois l’histoire d’un agriculteur de Damousies, dans l’Avesnois…
« J’ai toujours eu des chiens », pose d’emblée l’agriculteur qui a grandi entouré d’animaux. Son premier chien en tant qu’exploitant laitier ? « Un labrador », la précision a son importance. « Elle venait tout le temps à vache avec moi. » C’était en 2008, l’année de son installation dans une ferme reprise à une tierce personne. D’ailleurs Thomas Petit ne manque pas d’anecdotes à ce sujet. « C’est une chienne que j’avais commencé à dresser en 2007, quand j’étais encore particulier. » Il sourit. « Je m’amusais à me cacher et Vanille devait me retrouver, ça me faisait marrer. »
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Il découvre alors l’intérêt du dressage pour que Vanille l’aide à rassembler le troupeau. « C’était plutôt atypique de pouvoir faire ça avec cette race de chien, normalement le labrador est un parfait chien de chasse », se souvient-il. Les années passent et Thomas perd Vanille en 2011. « Puis j’ai eu d’autres chiens : un autre labrador, un bouvier bernois et un setter anglais. » À chaque fois des animaux récupérés auprès d’autres propriétaires. « Je n’ai jamais su les faire travailler avec moi pour aller au troupeau. »
Il y a trois ans, nouvelle opportunité pour l’agriculteur de Damousies. « Ma femme m’a parlé d’une dame qu’elle connaissait et qui venait d’adopter un chiot. Chiot qu’elle n’arrivait pas à gérer », raconte-t-il. C’est ainsi qu’arrive la petite Tina, la première border collie de Thomas. Une aubaine pour l’éleveur. Car les border sont réputés pour leurs compétences exceptionnelles en tant que chien de troupeau. « C’est une chienne qui vivait dans un 50 m2en ville. Elle n’avait à la base rien du chien de troupeau », se remémore l’agriculteur. Dans la foulée, une dresseuse nommée Valérie lui fait bénéficier d’une formation pour éduquer l’animal. « Je l’ai dressée et la chienne a très vite accroché, Valérie a été épatée par ce que j’ai su obtenir de Tina. »
En novembre 2023, Thomas Petit plaque son activité d’éleveur laitier et se sépare de son salarié. « M’occuper des vaches laitières me prenait beaucoup de temps, c’était beaucoup de contraintes et je voulais recôtoyer des gens », se souvient-il. Lui qui est aussi papa de deux enfants se recentre sur l’élevage de bovins à viande, il en a une centaine. Et parallèlement sur sa centaine de moutons – principalement de race vendéenne – élevage dans lequel il s’est lancé au départ « pour former les chiens ».
La même année, il se renseigne auprès de la MSA concernant les stages de formation pour chiens de troupeau. « J’ai fait un an à animer des formations et des webinaires », confie l’exploitant. Activité qu’il a dû cesser après que la MSA a opéré des orientations de budget. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, il se rapproche d’Avenir conseil élevage.
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« Au départ je pensais que ça allait être un feu de paille », se remémore l’éleveur. Il se trouve que les stages qu’il propose rencontrent un certain succès. « Je pense qu’il y a deux phénomènes : il y a plus de difficultés à trouver de la main-d’œuvre dans les fermes, d’où l’envie d’un chien pour être épaulé. Le bouche-à-oreille doit aussi jouer, je le remarque sur les enquêtes de satisfaction, les gens sont satisfaits du suivi personnalisé lors de mes stages. » Regarder le présent sans oublier l’avenir : « Jamais je n’aurai pensé que mon implication pour le dressage de chiens de troupeau allait être aussi importante ». Et pour ceux qui hésiteraient encore… « C’est beaucoup de travail mais c’est incroyable. Ça revient presque à te demander comment tu as fait les années d’avant sans chien. »
Un prochain chapitre va peut-être bientôt s’ouvrir. L’éleveur va adopter un chiot de deux mois et demi venant cette fois-ci d’un élevage. « Je n’ai pas encore choisi son prénom », confie Thomas. Mais une chose est sûre. « Ce sera mon premier border qui ne sera pas encore passé par un autre maître. »
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Dylan Pique

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