
C’était il y a 29 ans. Les cinq chambres d’agriculture du Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne et Oise se mettent autour d’une table avec une envie commune : créer un événement. Parmi eux, se trouve Jean-Marie Raoult, à l’époque à la tête de l’organisme consulaire du Pas-de-Calais. « C’est en 1995 que tout a démarré, rappelle-t-il. À l’époque, nous voulions renforcer ce lien important entre les paysans et les gens des villes. » Terres en fête était né.
« L’idée, au départ, et toujours d’actualité, était de cibler le grand public et les professionnels », se souvient, de son côté, Jean-Bernard Bayard, qui lui a succédé à la chambre d’agriculture du Pas-de-Calais. « Pour attirer le grand public, il faut bien les savoir-faire des professionnels : mais ce sont deux publics différents c’est en même temps toute la difficulté. »

Ces années-là, la maladie de Creutzfeldt-Jakob crée un vent de panique chez les consommateurs qui « avaient peur de manger n’importe quoi et avaient besoin d’être rassurés », complète Jean-Marie Raoult. C’est pour cette raison notamment que naîtra Saveurs en’Or, mais ça, c’est une autre histoire…
D’un côté, donc, « les gens de la ville en quête de sécurité alimentaire », de l’autre « le monde agricole qui ne demande qu’à expliquer ce qu’il fait ». Et au milieu, les cinq départements qui, avant de former une seule région lorsque viendra la réforme territoriale, créent la rencontre. La recette plaît puisque dès la première édition, le salon attire 50 000 visiteurs dont, déjà, 5 000 écoliers guidés dans les allées par l’association Le Savoir vert. Le ruban tricolore est coupé par le tout nouveau ministre de l’Agriculture, originaire du Pas-de-Calais, Philippe Vasseur.
Si les cinq départements imaginent que le salon se déplacera d’une édition à l’autre, la réalité les rattrape. Une telle organisation a plus de sens en conservant un même site. Justement, la communauté urbaine d’Arras (CUA) dispose d’un terrain qui se trouve, c’est un atout, accolé au lycée agricole arrageois.
Au fil des éditions, les allées sont aménagées pour pallier les aléas météorologiques. Car Jean-Bernard Bayard comme Jean-Marie Raoult s’accordent sur le souvenir pluvieux de 2008, « l’édition de la boue », surnomme le premier. L’inauguration s’est déroulée « sous des trombes d’eau. On a raflé toute la paille de Tilloy-lès-Mofflaines et fait venir deux camions chargés de sciure pour absorber l’humidité dans les allées, c’était très folklorique ! Des années pluvieuses, d’autres caniculaires, c’est ça la nature, philosophe-t-il. Cela fait partie du cachet. » L’idéal se situant, pour l’agriculteur d’Izel-lès-Équerchin, entre 20 à 22 °C sans vent.

Dans sa boîte à souvenirs également, un obus qui aurait pu contrarier la fête s’il n’avait été neutralisé. La sécurité d’un tel événement, c’est un dossier de plusieurs centimètres, travaillé de concert avec la préfecture, les pompiers, explique Jean-Bernard Bayard. Quant à l’équipe aux manettes de l’organisation, elle est mise à disposition par la chambre d’agriculture et financée par l’association Terres en fête. Elle monte en puissance à mesure que s’approche l’ouverture des portes du salon. La Région Hauts-de-France, les Départements du Nord et du Pas-de-Calais soutiennent avec la CUA chaque édition tandis que certains exposants – Groupama et le Crédit Agricole pour ne citer qu’eux – sont là depuis la première heure.
Mais refermons cette page du passé pour nous tourner vers le présent : cette 15e édition qui s’ouvre ce 7 juin et devrait, elle, passer entre les gouttes…
Louise Tesse
Retrouvez toute l’actualité de Terres en fête dans notre dossier spécial

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