Chaque année, le même scénario se répète à Conchy-sur-Canche : les pluies lessivent les sols, provoquent un ruissellement important et transforment le sud du village en zone inondée. Dans ce petit village du Pas-de-Calais, situé à une vingtaine de minutes de Saint-Pol-sur-Ternoise, les conséquences du remembrement agricole des années 80 se font particulièrement sentir.
Maire de la commune depuis 1995, Dominique Coquet a décidé de ne pas baisser les bras face à cette situation. Avec les agriculteurs et les élus locaux, il tente de freiner le ruissellement, de préserver les sols et d’empêcher que la matière organique qui les compose ne finisse dans la Canche, le fleuve qui traverse le village.
Né en 1958, Dominique Coquet a grandi à Conchy-sur-Canche avant de « partir à la ville » pour faire ses études. Il poursuit sa scolarité au collège et au lycée de Saint-Pol-sur-Ternoise, avant de terminer son cursus au lycée Saint-Joseph de Boulogne-sur-Mer, où il obtient un bac technicien en fabrication mécanique. Pourtant, une fois diplômé, il hésite : « J’ai longtemps cherché ma voie », admet-il. Finalement, c’est dans la grande distribution qu’il fait ses premières armes. En 1980, il rejoint le groupe Intermarché, grimpe les échelons et devient directeur de magasin à Saint-Pol-sur-Ternoise.
Mais après 15 ans, le rythme soutenu du métier l’épuise : « J’avais envie de travailler à mon compte, la grande distribution c’est éprouvant. » En 1996, il saute le pas et crée un pressing (entreprise d’entretien de textile ndlr), à Hesdin. Ce choix lui offre l’indépendance qu’il recherchait, tout en renouant avec un savoir-faire manuel. « Quand j’étais gamin, ma mère m’obligeait à repasser mes pantalons. J’ai toujours aimé faire ça ! », se rappelle-t-il, visiblement amusé. Pendant 24 ans, le natif de Conchy-sur-Canche développe son entreprise, qui emploie jusqu’à cinq salariés à son apogée, avant de la céder en 2020, l’année de sa retraite.
Parallèlement à sa carrière professionnelle, Dominique Coquet ressent un appel grandissant pour la politique locale. En 1989, il intègre le conseil municipal de Conchy-sur-Canche comme conseiller municipal, puis il est élu maire de Conchy-sur-Canche quelques années plus tard, en 1995. « C’est une opportunité qui s’est présentée assez naturellement », explique-t-il. Depuis, il n’a jamais quitté son fauteuil de maire. À l’échelle locale, il prend aussi des responsabilités en devenant vice-président de la communauté de communes de la région de Frévent de 1999 à 2005, avant d’en devenir le président de 2005 à 2008.
Depuis 2020, il est vice-président de la communauté de communes du Ternois (créée en 2017 de la fusion de plusieurs intercommunalités dont la communauté de communes de la région de Frévent, ndlr), chargé de l’environnement, de la Gemapi et de l’eau. Plus récemment, en 2024, l’élu du Pas-de-Calais a pris la présidence de la commission Risques à la commission locale de l’eau (CLE) de la Canche et la vice-présidence du Symcéa, une structure intercommunale spécialisée dans la gestion des eaux de ruissellement.
S’il y a bien un sujet qui occupe le temps et l’esprit de Dominique Coquet, c’est l’eau. « Nous avons toujours eu des problèmes liés à l’eau, mais les pratiques agricoles actuelles et les remembrements des années 80 ont aggravé la situation », déplore-t-il. « Depuis 25 ans, à chaque saison, une tonne de terre par hectare disparaît, charriée par l’eau vers le fond de vallée. »
S’il y a bien un sujet qui occupe le temps et l’esprit de Dominique Coquet, c’est le sujet de l’eau. Et pour tenter de limiter les dégâts, le maire de Conchy-sur-Canche mise sur plusieurs leviers. D’abord, la sensibilisation des agriculteurs qui ont des terres sur la commune à l’agriculture de conservation, qui permet de préserver la matière organique et de rendre les sols plus résistants face au ruissellement. L’élu promeut également l’hydraulique douce, une approche consistant à installer des fascines, des haies et des bandes enherbées pour ralentir l’écoulement de l’eau. Et enfin, l’implantation de cultures comme le miscanthus qui aide à retenir les sols : « C’est simple, les sols agricoles doivent redevenir des éponges si l’on veut éviter les inondations ! »
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Avec l’aide des techniciens du Symcéa, la commune a également lancé plusieurs projets pour anticiper les risques futurs et limiter les effets des inondations récurrentes. Grâce à ces initiatives, Dominique Coquet cherche à trouver des solutions à un problème qui frappe la commune depuis plusieurs décennies déjà. « Selon moi, l’avenir de nos territoires, c’est l’amélioration du capital sol. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine, mais on avance dans la bonne direction ! », conclut l’élu qui souhaite rester optimiste.
Julien Caron

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