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02-04-2020

« Une situation très hétérogène en agriculture sur le plan économique »

Olivier Cauuet est le chef du service Financement de l’agriculture au Crédit agricole Nord de France. Il fait le point avec nous sur les conséquences de la crise du Covid-19 en agriculture et sur les dispositifs que proposent la banque pour accompagner ses clients.

Olivier Cauuet, responsable service financement de l'agriculture crédit agricole Nord de France
Olivier Cauuet, chef du service Financement de l’agriculture au Crédit agricole Nord de France. © DR

Quel constat faites-vous de la situation en agriculture ?

On constate une situation hétérogène en agriculture sur le plan économique. Dans sa globalité, il n’est pas celui qui subit le plus la crise sanitaire.

Certaines filières sont néanmoins touchées de plein fouet comme l’horticulture ou les centres équestres. Les fermes qui proposent des gîtes, ou les maraîchers, qui travaillent beaucoup avec la restauration hors foyer, ont également des difficultés.

Je pense aussi au teillage de lin ou aux usines de transformation de pommes de terre où l’on constate des reports d’activité.

De plus, des questions commencent à se poser dans la filière laitière, avec un appel à la limitation de la production printanière.

S’ajoute à tout cela une baisse marquée de la consommation, des problèmes logistiques et de recrutement de main-d’œuvre. La situation commence donc à se tendre.

Quels sont les dispositifs d’accompagnement mis en œuvre au niveau du Crédit agricole Nord de France ?

Les entreprises du secteur agricole ont accès aux différents dispositifs mis en place. Pour celles qui sont mises en difficulté par la crise du Covid-19, il est notamment possible de demander un report d’échéances des prêts en cours.

Au niveau agricole, 130 pauses dans les remboursements de crédit ont été effectuées chez nous. Pour l’ensemble de la caisse régionale, on en compte 5 000. Cela montre le caractère encore relativement épargné de l’agriculture.

Nous allons aussi proposer le dispositif de prêt garanti par l’État. Il s’agit d’un crédit de 12 mois destiné à soutenir les trésoreries. L’entreprise pourra décider, à l’issue de la première année, d’amortir le prêt sur une durée d’une à cinq années supplémentaires.

Après étude des besoins et des situations, le prêt sera accordé de façon fléchée aux entreprises viables jusqu’ici dont l’activité est directement déstabilisée par la crise du coronavirus.

Ce type de dispositif est-il satisfaisant ?

On ne pouvait pas vraiment espérer mieux qu’un prêt garanti par l’État à 90 % pour nous aider à accompagner les entreprises. Néanmoins, nous allons financer de la perte et les entreprises vont être durablement handicapées par la situation.

Aujourd’hui, on gère l’urgence mais la crise sanitaire va avoir de lourdes conséquences économiques.

Propos recueillis Par Virginie Charpenet

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