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| Par Hélène Graffeuille
Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la Région Hauts-de-France en charge de l’agriculture, et Laurent Degenne, président de la chambre régionale d’agriculture, ont été auditionnés par le groupe de travail Élevage au Parlement européen. L’occasion pour eux de faire entendre leur voix.
Ils ont notamment demandé « la création d’un soutien européen complémentaire à l’élevage productif, le renforcement des aides couplées et des paiements par animal, afin de mieux sécuriser le revenu des éleveurs », indique le communiqué de presse de la Région. L’objectif est de « préserver les cheptels, maintenir les ateliers d’élevage et garantir la complémentarité entre productions végétales et animales, qui constitue l’une des grandes forces de l’agriculture régionale ».
La Région souhaite également que les difficultés des élevages de plaine soient mieux prises en compte dans les dispositifs européens. La concurrence entre prairies et grandes cultures, la pression foncière et les coûts de production figurent parmi les enjeux mis en avant.
Autre demande portée devant les représentants européens : garantir des moyens financiers à la hauteur des besoins d’investissement des exploitations agricoles. Rappelant les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs : moderniser les bâtiments, s’adapter au changement climatique, améliorer le bien-être animal, réduire les consommations d’eau et d’intrants, améliorer les conditions de travail…
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En 10 ans, la Région a perdu un tiers de ses élevage
Pour rappel, avec 41 000 actifs dans les exploitations agricoles, près de 18 900 bénéficiaires de la PAC et 68 % de la surface régionale cultivée, les Hauts-de-France constituent un pilier de la souveraineté alimentaire française et européenne. Pourtant, en 10 ans, les Hauts-de-France ont perdu 35 % de leurs exploitations spécialisées en élevage.
« Nous ne pouvons pas accepter que des territoires qui contribuent pleinement à nourrir la France et l’Europe soient insuffisamment soutenus par la Politique agricole commune », insiste Marie-Sophie Lesne. Et d’ajouter : « Dans les Hauts-de-France, nos éleveurs ont du savoir-faire, des capacités de production et la volonté de poursuivre leur activité. Mais ils ont besoin de perspectives, de revenus et de moyens pour investir. La future PAC doit cesser d’ignorer les réalités de nos plaines productives. Soutenir nos éleveurs aujourd’hui, c’est défendre notre souveraineté alimentaire de demain. »
Face aux enjeux de la réforme de la PAC pour la période 2028-2034, la Région Hauts-de-France et la chambre régionale d’agriculture avaient élaboré, en février dernier, un manifeste destiné à faire entendre la voix de l’agriculture régionale dans les négociations européennes.
« Fruit d’un travail commun d’état des lieux et de prospective, ce document s’appuie sur les réalités économiques et les spécificités agricoles des Hauts-de-France, grande région de production qui a pourtant vu ses aides découplées diminuer de plus de 30 % en dix ans », explique la collectivité.
Ce manifeste formule des propositions autour de plusieurs priorités : sécuriser les revenus des agriculteurs, préserver les capacités de production, soutenir l’élevage et les filières stratégiques, garantir les moyens nécessaires à l’investissement, accompagner les transitions agricoles et favoriser le renouvellement des générations.
Hélène Graffeuille

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