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13-07-2022

Lecture : l’histoire rurale du Pays de Pévèle au fil des siècles

Dans son dernier ouvrage, Paul Delsalle retrace l’histoire rurale du Pays de Pévèle, depuis la fin du Moyen-Âge jusqu’aux premiers tracteurs. Il y brosse un ensemble de tableaux illustrant les paysages et l’habitat, les villages et la société, les édifices, l’élevage, les cultures, les humains.

Cette miniature peinte par un chanoine de l’abbaye de Cysoing en 1639 illustre la tonte des moutons. © Bibliothèque municipale de Lille

 « Ce livre est une vieille histoire, commencée il y a très longtemps, débute Paul Delsalle, docteur en histoire, à l’initiative de la société historique du Pays de Pévèle. L’intérêt était de montrer un cas local d’une histoire rurale au fil des siècles. »

Et si chaque territoire a son originalité, le Pays de Pévèle a révélé une caractéristique assez rare en France : celle d’un pays profondément rural, écartelé entre des villes périphériques. « Orchies a ce petit côté urbain qui la distingue des autres localités mais ne s’est jamais imposée comme capitale de l’ensemble du Pays de Pévèle car les grandes villes périphériques ont toujours été plus importantes et surtout trop proches : Lille, Tournai, Saint-Amand-les-Eaux, Valenciennes, Douai ou encore Seclin. »

Autre particularité, « ce pays est d’abord et avant tout flamand : il ressemble beaucoup à la Flandre avec un sous-sol argileux qui influence son agriculture, mais également le même type d’habitat au cours des siècles.  » S’y mêlent des influences historiques extérieures venues de Picardie, d’Artois, de Belgique et même de Bourgogne. « C’est une terre de contacts, d’affrontements, d’échanges et de brassage de population  », ajoute Paul Delsalle.

Une histoire de familles

En prenant la plume pour écrire Pévèle, une histoire paysanne XVe – XXe siècle, Paul Delsalle s’est intéressé à l’histoire des gens, « à partir du moment où l’on peut les nommer ». Devienne, Carpentier, Leroux, Cocheteux, Rosières, Barate, Deroubaix, Lagache, Petit, Lorthiois ou encore Delesalle (justement) : autant de noms que l’on retrouve dès 1500, l’orthographe variant au fil des siècles, et qui sont encore courants aujourd’hui.

« Les grandes familles ont connu des déplacements mais relativement faibles  », précise l’historien.

Un pays rural mais industrialisé

L’élevage a toujours été très diversifié et développé, les céréales ont prédominé pour nourrir la population de cette région très peuplée : la Pévèle dispose d’une terre favorable aux cultures malgré le climat qui change au fil des siècles. L’originalité de la Pévèle est aussi la culture d’endives et de betteraves à sucre.

Le pays est rural mais fortement industrialisé. La région est aussi marquée par l’industrie textile : « Les paysans avaient besoin d’un revenu complémentaire, les marchands de Roubaix et Tourcoing leur ont demandé d’installer des métiers à tisser », explique Paul Delsalle. Cysoing comptait ainsi 400 tisserands au début du XIXsiècle.

Le tracteur a tout chamboulé

Le tissu agricole est constitué en « immense majorité de tout petits paysans avec de toutes petites fermes et quelques hectares ». La grande transformation a eu lieu au moment de l’arrivée du tracteur, juste avant la Seconde Guerre mondiale, qui a complètement chamboulé la vie locale.

Ceux qui pouvaient se l’acheter ont survécu. Pour les autres, « on a assisté à la disparition du paysannat. Les uns sont partis travailler en ville, les autres se sont reconvertis dans les brasseries, les tanneries, les faïenceries, ou encore les distilleries. »

Et un litre de bière

L’alimentation avant la Révolution française et au siècle dernier a été parmi les sujets sur lesquels il s’est penché, en étudiant par exemple la part de fromage, de volailles, de miel et la variation de leur production et leur consommation d’un village à l’autre.

À Cysoing, les foires et marchés remontent au XIIIe siècle. Orchies connaît, quant à elle, des marchés plus spécialisés : au beurre, aux légumes, aux œufs.

Tout au long de son ouvrage, Paul Delsalle recense des anecdotes, dont le repas servi aux ouvriers agricoles logés et nourris chez Florimond Desprez, à Capelle-en-Pévèle, en 1909. «  Leur menu principal a lieu à midi. Il est composé d’une soupe aux légumes, une ration de viande d’environ 250 grammes avec des légumes à discrétion. Et un litre de bière  », conclut-il. 

Louise Tesse

Lire aussi : Farine : Éloïse Waast, future meunière pévèloise

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