
La CCI des Hauts-de-France a profité de la quatrième édition de Transfair, organisée le 24 novembre à Lille, pour lancer un annuaire régional en ligne des professionnels de la transmission-reprise. Une avancée saluée comme « une réponse directe aux besoins exprimés par les chefs d’entreprise », selon Marc Krzemianowski, président de la commission transmission-reprise de la CCI.
Cet annuaire en ligne recense avocats, experts-comptables, notaires, banques… « Chaque profil est vérifié et validé par la CCI selon son expertise, son périmètre d’intervention, son expérience et sa zone géographique », précise-t-il. Accessible gratuitement, il permet aux dirigeants « d’identifier les bons accompagnateurs au plus près de chez eux et de les contacter directement, sans intermédiaire ni rupture de parcours ». Pour son lancement, 39 contacts sont déjà référencés. Une base destinée à s’étoffer rapidement : « Plus il y aura de compétences représentées, plus les cédants pourront faire leurs courses pour choisir les bons accompagnateurs. »
« La transmission est un sujet majeur », rappelle Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts-de-France. Dans la région, plus de 37 000 chefs d’entreprise dépassent aujourd’hui les 55 ans. « Cela représente 117 000 salariés et un volant de cessions inédit à l’horizon de cinq ans. »
Le secteur le plus exposé ? « L’industrie, où l’âge du capitaine est le plus élevé et où l’on retrouve les structures qui emploient le plus », avertit François Girardin, responsable industrie et entrepreneuriat pour la CCI régionale.
Si la création d’entreprise atteint des records, « près de 70 000 créations dans la région en 2025 », souligne Philippe Hourdain, le passage de relais, lui, se grippe. Les repreneurs hésitent à s’endetter dans un contexte incertain, tandis que beaucoup de dirigeants n’anticipent pas leur départ. « Le vrai problème est qu’ils attendent le dernier moment pour penser à la transmission. Pour bien faire les choses, il faut trois à cinq ans », insiste-t-il. L’attachement au projet d’une vie n’est pas non plus à négliger selon Marc Krzemianowski. « C’est leur bébé, ils n’arrivent pas à s’en décrocher et remettent toujours à plus tard. »
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Et surtout, nombre d’entre eux restent seuls. « Faute de moyens, ou parce qu’ils ne sont pas jugés rentables par les cabinets spécialisés, la majorité passe par le système D pour vendre », constate Marc Krzemianowski. Or, en France, céder son entreprise reste souvent tabou. « La vente touche au secret : on pense qu’il y a un problème, qu’on cherche à s’en débarrasser. Il faut démystifier. La transmission est là pour assurer la pérennité d’une entreprise et donc ses emplois », continue-t-il.
Les chiffres sont parlants : 57 % des entreprises sans salarié n’ont identifié aucun repreneur potentiel ; 48 % de celles de moins de 10 salariés ; 32 % pour les entreprises plus grandes. Face à la situation, la CCI revendique un rôle de facilitateur, « notre statut d’établissement public nous donne une position neutre. Nous ne sommes pas là pour facturer le plus possible mais pour réaliser une mission d’intérêt public », détaille François Girardin. L’effort cible prioritairement les TPE et ETI. « Ces petites entreprises sont les oubliées des cabinets. Pourtant, sur 3,8 millions d’entreprises en France, 3,6 millions sont des TPE, insiste Marc Krzemianowski. Ce sont les organes vitaux de notre économie. »
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La transmission reste un chantier de longue haleine, mais la CCI veut croire à une dynamique naissante. L’année dernière, la chambre régionale a accompagné 150 transmissions. Elle rassemble toujours 500 entreprises en portefeuille via Transentreprise, son annuaire des entreprises à reprendre. Comme le résume Philippe Hourdain : « Il y a beaucoup de gens qui hésitent à passer à l’acte pour reprendre. Il faut leur montrer que c’est plus simple que de créer : il y a déjà des clients, des savoir-faire et des collaborateurs. Il faudra quelques années, mais on va y arriver. »
L’annuaire de la transmission reprise de la CCI est accessible en cliquant ici
Maxime Schilt

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