« Fédérer des acteurs publics et privés autour de projets d’énergies renouvelables avec une notion citoyenne. » Voilà comment Loïck Boudier, salarié d’EnergEthic définit l’action de l’association créée en 2011 à Ambricourt, dans le Pas-de-Calais.
Si le concept semble un peu flou, quand on entre dans le concret, ce que fait cette association – dont le projet « Booster les énergies renouvelables », qui associe les habitants du Ternois – 7 Vallées sur la commune d’Ambricourt (près de Saint-Pol-sur-Ternoise) a été récompensé par le Prix des dynamiques et solidarités rurales du Ceser* des Hauts-de-France – devient beaucoup plus clair.
Concrètement, « nous accompagnons des projets citoyens pour investir sur de la production d’énergie renouvelable dans leur commune. Nous les aidons à créer un collectif citoyen puis une SAS (société par action simplifiée, ndlr) ou une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif, ndlr), qui permet à ces citoyens d’accéder à la gouvernance du projet », explique Loïck Boudier.
Une différence notable avec les projets participatifs, qui a toute son importance pour Loïck Boudier : « Quand des citoyens investissent dans un projet participatif, ils investissent dans la « dette » du projet et n’ont pas de voix, n’ont pas leur mot à dire. Alors que dans les projets citoyens, ils investissent au capital et ont donc leur mot à dire. »
De fait, pour l’association EnergEthic, en faisant cela, « on s’assure que le projet sera pérenne car ceux qui ont investi sont ceux qui utilisent l’énergie. Il y a une surveillance des travaux, ils font généralement appel à des entreprises locales et donc il y a un suivi et un entretien des équipements importants ».
Le fait est que le besoin de développer les énergies renouvelables est aujourd’hui plus que jamais dans les têtes des communes mais « pour des petites collectivités, ce sont des petits projets qu’il faut développer et ça n’intéresse pas les gros développeurs. Avec les projets citoyens, on permet ainsi à des petites collectivités – car généralement, elles investissent aussi – qui ont peu de moyens de pouvoir équiper leurs communes en production d’énergies renouvelables. Et puis, il y a un vrai impact social pour les citoyens participants via le sentiment d’être un citoyen actif, le travail en collectif… »
Selon une étude réalisée en 2019 par le mouvement national « Énergie partagée » dont fait partie EnergEthic, « pour un euro investi dans un projet citoyen, on comptabilise environ 2,50 € de retombées économiques sur le territoire ».
Mais créer une SCIC ou une SAS, ça ne se fait pas tout seul. « Nous apportons un appui juridique, économique, financier. Puis on les aide aussi en ce qui concerne la communication et l’animation autour de leur projet. » Il faut dire que depuis 2021, l’association porte la mission d’animation régionale. « Dans ce cadre nous organisons chaque année les RREC, les Rencontres régionales des énergies renouvelables citoyennes. L’idée est de faire émerger des projets citoyens. Généralement, ce sont des collectivités qui viennent nous voir ou alors des citoyens déjà réunis en collectifs. »
EnergEthic met aussi un point d’honneur à « faire de l’éducation populaire à propos des énergies renouvelables. Le but est que tout le monde ait une certaine connaissance technique du projet pour qu’ensuite, dans les conversations, il y ait une égalité de compréhension ». Pour « former » ces citoyens, EnergEthic s’appuie sur « Énergie partagée »** qui donne accès à « des outils d’accompagnement, des webinaires, des formations… »
Aujourd’hui, EnergEthic suit quatre projets. « L’idée n’est plus trop à l’heure actuelle la création de nouveaux collectifs, reprend Loïck Boudier. Nous souhaitons plutôt accompagner la création de société ou alors permettre à des collectifs citoyens d’entrer dans des sociétés déjà existantes. Par exemple, nous avons accompagné la création de la société Mines de soleil à Loos-en-Gohelle (62). Un collectif citoyen à Divion (62) et peut-être un à Lens (62) devraient rejoindre la société prochainement pour, eux aussi, avoir des panneaux solaires dans leurs communes. Quand on est proche géographiquement, il y a plus d’intérêt à se regrouper et à mutualiser les coûts. Cela permet aussi d’assurer un relais, un roulement, entre les citoyens pour l’animation, les réunions, etc. »
En bref, le but est de s’unir pour « faire monter en compétences ces sociétés et qu’elles puissent gagner en autonomie. Le but est vraiment aujourd’hui de créer des espaces d’échanges et de bienveillance pour que chacun puisse mettre ses compétences au service du collectif ».
Eglantine Puel

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