
Il entame son troisième mandat en tant qu’élu de la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais, dit-il en guise de préambule. Sébastien Bocquillon, agriculteur en polyculture-élevage laitier à Humières, dans le Ternois, sixième sur la liste portée par FDSEA – JA du Pas-de-Calais, et maire de sa commune, vient, en ce mardi 4 mars, d’être élu président de l’institution. » J’ai un profil atypique car contrairement à mes prédécesseurs, je n’ai jamais porté de responsabilités syndicales « , pose-t-il en remerciant Christian Durlin – nommé président honoraire, pour la tâche « difficile qu’il a eu à accomplir « . Le relais change de main, mais pas de ligne.
« Les enjeux sont le changement climatique et l’adaptation des pratiques agricoles ainsi que la durabilité – économique, sociale et environnementale – des exploitations. » Sébastien Bocquillon, nouveau président de la chambre d’agriculture du Nord
D’ailleurs, la constitution du bureau s’est faite » dans un même état d’esprit » que la précédente mandature. » La représentation de l’ensemble des composantes du monde agricole (et donc des différents collèges de la session : propriété, coopératives, banques, salariés et production, ndlr) au sein du bureau donne une légitimité plus affirmée à la chambre d’agriculture. »
Qu’est-ce qui attend Sébastien Bocquillon ? « L’agriculture et les sujets agricoles ne se sont pas arrêtés avec les élections« , poursuit le nouveau président en citant quelques-uns des « dossiers du quotidien ». Aménagement du territoire, environnement, gestion de l’eau, installation-transmission, maintien de certaines filières et productions ou encore sujets techniques (associés aux retraits de molécules), il reprend des dossiers qu’il connaît. En toile de fond, « les enjeux sont le changement climatique et l’adaptation des pratiques agricoles ainsi que la durabilité – économique, sociale et environnementale – des exploitations », liste-t-il.
Pour ce qui est du renouvellement des générations, « la dynamique d’installation-transmission existe et il faut la maintenir en la portant politiquement.«
Sébastien Bocquillon l’assure, il portera sa vigilance sur le foncier. Les compensations sont la double peine pour les agriculteurs qui occupent 70 % du territoire. À ce sujet, pour le canal Seine Nord Europe, « sur la table depuis un moment », « les choses s’accélèrent et il faut discuter notamment des questions d’aménagement et de compensations « .
Les événements climatiques de l’hiver dernier ont eu des conséquences sur la population, enchaîne-t-il, dont les agriculteurs en particulier et il faudra en tirer un bilan, sur la gestion de l’eau dans la lutte contre l’érosion, le curage.
Quel regard porte-t-il sur les résultats des élections au niveau national ? Les listes portées par FNSEA et JA ont « relativement absorbé le choc« , au regard des contextes national et local, analyse Sébastien Bocquillon. « La </i>FNSEA est le syndicat majoritaire : ce n’est pas par décret mais parce qu’un travail de fond est fait sur le long terme et sur le terrain. Il y a un recul des voix mais on reste supérieurs à 50 % », tempère-t-il.
Les demandes fortes de l’an passé ont été suivies d’annonces mais les retombées tardent à se ressentir dans les fermes, dit celui qui entend » les frustrations du monde agricole. Et puis, le monde agricole n’est selon lui pas différent du reste de la société : « le monde du paraître est en concurrence avec ceux qui travaillent sur le fond et la durée mais n’empruntent pas des modes de communication alimentant des débats « , estime-t-il.
Outre les dossiers, le nouveau président est attendu sur la situation financière de l’organisme consulaire. Initié il y a quelques mois (lire notre article du 26 septembre 2024), le plan de retour à l’équilibre financier est » mis en œuvre en grande partie » mais ce » premier jet » « à surveiller » devra certainement être « amplifié sur certains aspects d’organisation, avec une plus grande vigilance dans la cohérence économique de nos missions « , annonce-t-il. Pas de licenciements prévus pour l’heure, mais le non-renouvellement systématique des départs volontaires à hauteur de 10 %, comme annoncé par son prédécesseur à l’automne dernier, est toujours d’actualité.
La phase de recrutement d’un directeur ou d’une directrice est quant à elle lancée et pilotée au national par Chambres d’agriculture France.
Vendredi 14 mars, ce sera au tour de la chambre d’agriculture régionale des Hauts-de-France de se réunir pour élire son bureau.
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Louise Tesse

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