
Un trait d’union entre le cœur du village de Socx et le quartier du Faubourg-de-Cassel, situé de l’autre côté de l’autoroute. L’ancien chemin agricole, emprunté par les tracteurs ça va de soi mais aussi par les cyclistes les plus téméraires – son revêtement le rapprochait plus du Paris-Roubaix que de la balade du dimanche -, est désormais pensé pour tous. Une ligne centrale d’enrobé permet à chaque piéton et cycliste d’emprunter le raccourci, créant ainsi une connexion directe jusque Bergues, où de nombreux Socxois se rendent pour travailler, pendant que le passage des roues de tracteur a été laissé tel quel. En prime, les fossés ont été curés et une haie sera bientôt plantée le long du chemin, « pour que les agriculteurs puissent continuer à travailler tranquillement », formule Alexandre Rommelaere. Un projet qui illustre la volonté du jeune maire de contenter tout le monde. « Nous n’allions pas créer une piste cyclable au milieu des champs qui aurait mangé des terres agricoles et ce chemin était emprunté deux fois par semaine par les agriculteurs : nous avons trouvé une solution pragmatique », se satisfait l’édile.
Ce même matin de juillet, à quelques centaines de mètres de là, une armée de bénévoles est à l’œuvre pour monter le site du festival Woodsocx, dont la 10e édition fera hurler les guitares quelques heures plus tard : un rendez-vous né dans un jardin qui accueille désormais plusieurs milliers d’amateurs de rock sur deux journées et où la population est invitée par la mairie. Une façon toute simple de soutenir le festival autrement que par une seule subvention et de faire accepter les punks et autres bikers par une population plutôt tranquille et cossue (Socx, où est notamment implantée l’usine Coca-Cola, possède le revenu par habitant le plus élevé du territoire).
« Notre rôle, aux politiques, est de mettre de l’huile dans le rouage », estime celui qui dit avoir arrêté le concours des villages fleuris par refus de la compétition. Au contraire, celui qui ne compte que « deux ou trois chasseurs du dimanche » dans son conseil municipal a signé un contrat avec la fédération française de chasse qui finance arbres fruitiers et haies plantés par la commune. « Nous avons trois agriculteurs dans notre conseil municipal, nous sommes un territoire agricole et ce sont quand même les aménageurs de nos territoires, si nous ne les avons pas avec nous on se tromperait de combat », affirme encore l’édile qui explique achever le remembrement, initié par son prédécesseur : « Nous sommes passés de 1 000 parcelles à 487 et les avons regroupées pour qu’un agriculteur n’ait plus à cultiver de part et d’autre de la voie ferrée notamment. » Si le Département est le premier financeur de l’opération, la commune gère, elle, les travaux connexes (réouverture de fossés, plantation de haies, ponts de champs…).
Alexandre Rommelaere habite Socx depuis 46 ans et n’a quitté le village que le temps de suivre des études d’ingénieur en bâtiment et travaux publics à Caen. Petit-fils de Roger Drapier, maire de Bergues pendant 45 ans, et neveu de Sylvie Desmarescaux, ancienne maire de Hoymille et sénatrice du Nord, celui qui a perdu son père à l’âge de 17 ans a trouvé dans leurs parcours un repère. « L’engagement public donne du sens à la vie, comme peut le faire celui d’un patron envers ses salariés, ou celui qu’on a dans une association », pense-t-il. Conseiller municipal dans la précédente mandature, il s’est vu proposer de prendre le relais par le maire sortant qui arrêtait, y est allé et repartira naturellement en 2026.
Ingénieur dans l’industrie, Alexandre Rommelaere a notamment longtemps travaillé chez Ramery et ce parcours a nourri sa philosophie : « Ne pas séparer le privé du public. Certes, les règlements peuvent différer mais on a trop tendance à stigmatiser les uns et les autres. Moi, je prends les bonnes méthodes, d’où qu’elles viennent », prévient l’élu qui annonce fièrement, pour illustrer son propos : « Nous allons être la première commune de France à passer la certification MASE. » Une certification passée par les entreprises, notamment les industries de pétrochimie, qui repose sur l’amélioration de la sécurité et de l’environnement. « Dans les entreprises, on prend soin des salariés : je me suis demandé comment on pouvait faire pareil à l’échelle de la commune » (950 habitants, sept agents municipaux). Élu sans étiquette, il revendique volontiers son héritage de la droite républicaine. « Aujourd’hui j’écoute ce que dit Édouard Philippe, précise-t-il. Ma vision économique est d’accompagner le dynamisme et l’envie des entrepreneurs. » Pour lui, la collectivité ne doit pas tout assumer.
Plusieurs chantiers ont été lancés dans le village qui traduisent l’approche du quadragénaire, comme la réhabilitation thermique de l’école. « Je n’ai pas la fibre écologique d’un point de vue politique, mais l’environnement c’est l’affaire de tous et je ne peux pas m’imaginer une seule seconde que quelqu’un dise s’en ficher », formule l’élu pointant les panneaux solaires surplombant les toits de l’école.
Idem pour la gestion du cimetière : « À mon élection, j’ai découvert que les phytos étaient tolérés dans les cimetières alors qu’on les interdisait partout ailleurs. Nous avons décidé d’arrêter de lutter contre les herbes entre les graviers : aujourd’hui le sol herbeux, complété d’arbres et de fleurs récemment plantés, accueille la biodiversité et améliore le cadre de vie », détaille Alexandre Rommelaere qui se réjouit de voir les habitants prendre leur part en plantant, eux aussi, des fleurs dans le sol.
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Justine Demade Pellorce

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