« Le marathon de la patate », comme il le nomme, il le connaît bien car depuis quelques années, ce journaliste est un habitué de l’événement. Tantôt membre du jury, tantôt président, il a déjà « honoré de sa présence » plusieurs éditions ! Cette fois, il parle de « marathon » car il sera aux commandes de l’animation durant trois jours ! Il faudra savoir garder la frite ! Mais pas de souci, Vincent Ferniot connaît bien les rouages de l’événement arrageois et tout aussi bien la patate à laquelle il a dédié un ouvrage On veut des patates. « Maintenant, je fais partie de la famille, confie-t-il. C’est une grande fête ce championnat du monde de la frite, une fête très populaire, familiale qui correspond tellement à l’esprit du Pas-de-Calais et du Nord de la France. » Sa frite, Vincent l’aime « bien cuite, dorée sur les angles, croustillante et moelleuse à l’intérieur, et sans sauce ! Uniquement avec du sel » et ce n’est pas son épouse d’origine lensoise qui le contredira.
Pour lui, la pomme de terre réunit la famille : tout le monde aime les pommes de terre et on peut tous s’installer autour d’une table pour les éplucher ou d’une sauteuse pour les cuisiner. « La patate, c’est aussi l’histoire de ma famille, c’est pour cette raison que j’ai conçu ce livre », note-t-il. Chaque recette de l’ouvrage est introduite par un souvenir de Vincent Ferniot. Pour la salade suédoise (pomme de terre, saumon) : « La meilleure amie de ma femme est suédoise […]. Ma femme se rend au moins une fois par an chez son amie […] et me rapporte du saumon cuit-fumé et de la cardamome verte en poudre […] ». Sa recette de bruschetta à la patata, il la rattache à un souvenir d’enfance, quand à 10 ans, ses parents l’ont emmené en Italie et le gratin franc-comtois à ses arrière-grands-parents Ferniot, mandataire en beurre-œufs-fromages aux Halles de Paris au début du XXe siècle. « Il s’agit en réalité d’un grand livre de recettes, qui retrace mon histoire familiale et qui fait le lien entre mes ascendants et mes filles et petits-enfants », ajoute-t-il. 77 recettes et donc 77 souvenirs autour de la pomme de terre mais aussi l’histoire des terroirs, des savoir-faire et du goût.
Quand on lui demande si la pomme de terre reste, à ses yeux, attachée au Nord : « Pour moi, c’est un produit universel. Un goût qui plaît à tout le monde. On trouve des frites et des patates partout ! ». À Arras, ce week-end, le journaliste gastronomique pourrait donc partager avec le public et les amateurs de frites en tout genre, tout le bien qu’il pense des pommes de terre. « N’oublions pas que c’est un produit que l’on trouve dans les baraques à frites de Jean-Paul Dambrine mais aussi sur les tables étoilées ! ». La patate s’adapte et sait dévoiler des trésors d’ingéniosités pour satisfaire tous les gourmets. « Et n’allez pas croire que faire des frites, c’est facile ! Pas du tout ! Il faut choisir la pomme de terre et surtout maîtriser la ou plutôt les cuissons ». Vincent Ferniot aura l’œil sur toutes les patates ce week-end et il quittera Arras dimanche soir avec un nouveau souvenir lié à cette patate !
Virginie Pruvost
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