
Le sans alcool se déploie doucement dans la région où une unique cave spécialisée (mais trois adresses : en ligne, à Orchies et Lille) existe : Sanzalc, « la seule cave sans alcool au nord de Paris », rappelle son fondateur. Arnaud Calvet est un gars du sud-ouest, 49 ans, ancien rugbyman : « Je cochais toutes les cases pour être musclé du coude », formule celui qui promet : « Je ne savais pas qu’il existait des gens qui ne buvaient pas. »
Lui, a arrêté il y a quatre ans et s’est trouvé fort dépourvu lorsqu’il s’est agi de trouver de bonnes alternatives. « Comme mes clients, je me suis retrouvé en supermarché dans le rayon des Tourtel, Coca-Cola et autre Orangina. Je pense qu’entre l’eau et l’alcool il y a une multitude de possibilités », ose-t-il. C’est ainsi qu’il s’est mis à chercher. « Une tannée », retrace celui qui poursuit : « Quand on rapproche l’offre et la demande, dans le domaine de la boisson, ça s’appelle caviste. »
C’est ce qu’il devient, d’abord en ligne en mai 2023 puis à Orchies moins de six mois plus tard et enfin à Lille en juin 2024. À Orchies notamment, des clients de toute la Pévèle, mais aussi de Belgique ou du Luxembourg viennent se fournir en vins, bières et spiritueux sans alcool, dans l’ordre d’importance.


500 références de vins effervescents, apéritifs et autres cocktails sont ainsi proposés aux « adultes décomplexés » – c’est le slogan de la cave sans alcool – auxquels Arnaud Calvet propose de donner le choix. Lorsqu’il a ouvert, le caviste s’attendait à voir débarquer femmes enceintes, sportifs et autres personnes qui ne boivent pas d’alcool pour raisons religieuses. Et il s’est trompé : « Huit clients sur dix sont des buveurs d’alcool – certains parlent de flexi-buveurs, moi je parle simplement de buveurs modérés – qui veulent sanctuariser l’apéro : sans alcool et sans sucre la semaine et avec alcool le week-end, le tout dans une approche santé qui s’est accrue depuis le covid », analyse Arnaud Calvet.
Une tendance qu’il voit grandir et dont il se réjouit, pas en ayatollah du sans alcool, mais pour s’opposer à cette « injonction à l’alcool », formule-t-il. « Je ne dis pas qu’il ne faut pas boire de l’alcool, même si boire de l’alcool revient à empoisonner son corps à l’éthanol et ça de façon légale. Même si cet alcool est vendu sur les aires d’autoroutes ou dans les hôpitaux et qu’il rapporte, 5 à 6 milliards de retombées économiques en ce qui concerne la vigne, pour un coût social de 118 milliards. L’alcool est la deuxième cause de mort évitable en France après le tabac, la première chez les moins de 30 ans, et aussi la première cause d’hospitalisation en France », chiffre le Cysonien. Une culture de l’alcool qui se mêle dans notre pays à la puissance des lobbies : pas un hasard si la France est le seul pays d’Europe où le Dry january ne bénéficie pas de soutien de l’État.
Justine Demade Pellorce

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par Justine Demade Pellorce
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