À la préfecture de Lille, mardi 23 septembre, les acteurs publics de la transition écologique (Météo-France, Ademe, Dreal, COP…) ont fait le point sur leurs leviers d’action dans les Hauts-de-France. Cinq d’entre eux se sont distingués dans l’adaptation du territoire au changement climatique et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le dérèglement climatique accentue l’érosion des milieux naturels, réduisant la capacité des sols à absorber l’eau ou à stocker du carbone. La France travaille donc à réduire les pollutions, étendre les aires protégées, inviter la nature en ville, restaurer les habitats… Concrètement, les Hauts-de-France soutiennent par exemple la plantation de haies bocagères. Celles-ci limitent l’érosion des sols et créent des corridors écologiques.
La végétalisation des quartiers est également encouragée pour réduire les îlots de chaleur et protéger les populations vulnérables, tout en améliorant le cadre de vie au quotidien. À Lille, neuf cours d’école 100 % béton ont été déminéralisées en 2021, pour un budget de 400 000 €. Elles comptent à présent au moins un tiers de surface végétale et un tiers de surface mixte.
Le transport routier reste le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre avec 34 % des émissions françaises. Pour inverser la tendance, la Dreal finance les mobilités douces. Depuis 2019, une centaine d’aménagements cyclables ont vu le jour et quinze nouveaux projets ont été lancés en 2025. Plus de dix millions d’euros seront investis d’ici 2027 dans les véloroutes.
À plus grande échelle, le projet ferroviaire Roissy-Picardie (en 2026) et le canal Seine-Nord Europe (en 2030) doivent offrir des alternatives moins carbonées au transport routier de voyageurs et de marchandises. À noter qu’un recours a été déposé en décembre 2024 par deux associations pour contester l’autorisation environnementale du canal.
Les prévisions de Météo France pointent vers des hivers plus humides (+ 20 % de précipitations) et des étés plus secs (-14 %) d’ici 2100, avec pour conséquence une alternance de crues et de sécheresses agricoles. Cette pression croissante exige une gestion collective.
Dans les bassins Artois-Picardie et Seine-Normandie, l’application du plan eau limite les prélèvements et réglemente les usages. Il définit les volumes disponibles et instaure des plans de sécurité sanitaire. Objectif : protéger la ressource et l’accès à une eau potable de qualité, même en période de tension.
La région porte l’empreinte de son passé, avec de nombreuses friches industrielles. À ces dernières s’ajoutent désormais des friches commerciales. Puisqu’artificialiser de nouvelles terres agricoles accentuerait la vulnérabilité face aux sécheresses et aux inondations, tout en mettant à mal la biodiversité, la région a choisi de réhabiliter ces espaces.
Depuis 2023 dans les Hauts-de-France, le Fonds vert a investi 91 millions d’euros. Cela représente plus de 150 opérations, pour environ 250 hectares transformés et près de 4 200 logements créés.
Le changement climatique ne réduit pas les besoins de chauffage dans les Hauts-de-France. Or les bâtiments mal isolés cumulent haute consommation et émissions élevées. Pour y remédier, l’Agence nationale de l’habitat mobilise des dispositifs comme MaPrimeRénov’ (partiellement en pause aujourd’hui, ndlr), engageant plus de 185 millions d’euros en 2025 pour améliorer l’isolation et le confort thermique, été comme hiver. Plus localement encore, l’Engagement pour le renouveau du Bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais, porté par l’État, a permis à plus de 15 500 foyers de réintégrer un logement rénové et isolé à la mi-2025.
Maxime Schilt

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