
« Tu as été sage cette année ? » Cette question, c’est le père Noël qui la pose, évidemment. Et la réponse en cette fin d’après-midi est toujours la même : « Oui. » Sous la barbe, Christian Leleu. À ses côtés, Jérôme et Pascal, les frangins.
Tous les trois ouvrent leur jardin merveilleux de Balinghem (62) à la visite pour la vingtième année, même que pour l’occasion ils se sont fait un petit plaisir en débusquant de magnifiques père et mère Noël. Lui vient d’Allemagne et elle de Hollande, ils se dressent fièrement aux côtés du traîneau occupé par la meute de Pat Patrouille.
Autour d’eux, d’immenses sapins qui brillent dans la nuit, des animaux de la forêt, des lutins, des personnages et décors par centaines. « Plus de 600 pièces et 40 000 LED sont installées », calcule Jérôme Leleu entre deux échanges avec les visiteurs du jour. « Bravo, c’est super comme tous les ans », lance Stéphanie en quittant le jardin avec ses enfants de 10 et 12 ans. Elle, habite Audruicq, à une quinzaine de kilomètres de là : elle vient tous les ans depuis quelques années après avoir entendu parler de la maison des frères Leleu sur les réseaux sociaux et ne se lasse pas du spectacle. Elle donne déjà rendez-vous à l’année prochaine.
« Nous améliorons chaque année les univers et installons des nouveautés pour que les gens aient toujours quelque chose à découvrir », explique Jérôme. Une cinquantaine de nouveautés est à découvrir cette année, mais il faudrait faire dix, vingt fois le tour du jardin, dans un sens et dans l’autre pour imaginer en capter tous les détails tant ils sont nombreux. Maisonnettes avec personnages automatisés (un système maison à base de moteurs de tourne broche), saynètes miniatures, pôle Nord, village de Noël, casse-noisettes, maison de pain d’épices, boutique de Noël… On ne sait où donner des yeux.
Tout commence il y a 25 ans quand les trois frères commencent à décorer leur maison, pour leur plaisir personnel. Quand un concours de maisons illuminées naît dans le village, ils sont logiquement inscrits d’office. Et gagnent tous les ans. « Puis nous avons commencé à voir des gens s’arrêter devant la maison pour regarder nos décorations, et nous avons décidé d’ouvrir à la visite », explique Jérôme Leleu.










Depuis, chaque année, la maison du coin de la rue Goudenove réchauffe la nuit hivernale. Pendant un mois (du 5 décembre au 4 janvier cette année), les visiteurs passent la porte ouverte sur le jardin magique. 7 000 d’entre eux viennent des environs, mais aussi de plus loin avec, c’est le record enregistré, une famille qui avait fait l’aller-retour depuis Paris l’année où ils avaient vu passer la maison des frères Leleu sur TF1. « Et ils sont revenus la semaine suivante », se souvient parfaitement Pascal.
Autre record : l’année du covid où, parce qu’ils avaient obtenu l’autorisation d’ouvrir leur jardin à coups de protocole et autre respect du couvre-feu, les frangins ont accueilli 11 000 visiteurs en quête de lumières dans la nuit. Et c’est pile ce qui motive le travail titanesque d’installation : le bonheur des gens. Pas une casse, pas une dégradation en 20 ans d’ouverture au public. Par contre des galères météo – tempêtes et autres inondations – qui ont pimenté l’aventure.
Il faut un bon mois et demi aux trois frères pour transformer leur jardin en univers féerique. « Nous commençons début octobre, quand il fait encore beau, par l’installation de tout ce qui nécessite une échelle », détaille Jérôme Leleu. Le toit se pare alors de dizaines de guirlandes qui transforment illico la maison en vraie fausse maison de pain d’épices.
Puis les grands arbres, et les décors, tous équipés de leur propre tableau électrique. « Pour qu’il n’y ait pas un fil qui traîne », explique le porte-parole de la fratrie où les rôles sont clairement répartis : Pascal est le menuisier du trio, c’est lui qui fabrique tous les décors à partir de matériaux récupérés ; Christian alias le père Noël est, lui, l’électricien en chef.
Il aura fallu plus d’une semaine et demie rien que pour l’installation du village miniature sous le préau, où manège, théâtre, télécabines et autres installations montagnardes tournent et clignotent. Et ensuite ? Il y aura le démontage et le stockage dans le garage et le hangar dédiés, avant de repartir en quête de nouveautés pour l’an prochain. Mais avant ça, des milliers de sourires.
Justine Demade Pellorce

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