Rendez-vous était pris à la Maison Commune dans la Grand rue de Berthen. « Je suis à la retraite, mais je continue à travailler. 53 ans que je suis là. Avant c’était mon père », annonce Marie-Thérèse Cadet, présidente des Attelages berthenois. Derrière le comptoir, elle en a vécu des histoires, notamment lors de la fête de l’Attelage.
L’estaminet, dommage de guerre racheté par son papa, fut reconstruit à partir de 1950, sur les ruines des bombardements de mai 1940. Un café avec sa ferme, comme « ça se faisait beaucoup à l’époque ». Les meubles en bois, le zinc, les photos et les affiches : tout y est. On voit l’église à travers la grande baie. À toute heure ou presque, quelqu’un rentre, pour des cigarettes, une bière du Moulin, un café, un fromage Mont des Cats, rouge ou bleu, ou tailler la bavette tout simplement. Comme ces randonneurs avertis. « On vient de Nieppe et on aime emprunter les chemins de randonnée, des deux côtés de la frontière. »
On n’est jamais seul à Berthen. Mais tout est plus calme. Ne manque plus qu’une Comtoise pour égrener les heures. Une jeune femme entre acheter son paquet de cibiches. C’est tout le village de Berthen qui peut se retrouver ici. Et les souvenirs affluent. « En 1976, c’était encore une fête de village, dans l’esprit de la Ducasse. Une autre fois, un amoureux éconduit qui semait la pagaille a été mis dehors de l’estaminet. Quelque temps après j’ai été convoquée au tribunal pour avoir reçu une personne manifestement ivre. Pourtant je ne l’ai pas servi. Le maire était témoin. On a fait appel à Douai et j’ai été innocentée. Et ce fut la grande fête encore une fois ! », s’amuse Marie-Thérèse.
« C’est mon père, Michel Huchette, qui a mis en route cette fête de l’attelage, avec le maire de Berthen, avec nous… Enfin toute une équipe ! », conte Marie-Thérèse. Dites 33. C’est le nombre d’éditions organisées entre Berthen et Boeschepe, au pied du Mont des Cats. Un terroir convivial et terre de cheval. De trait, mais pas seulement. « La première année, il y avait simplement un concours d’attelage l’après-midi. Puis on s’est dit qu’il fallait que ça dure toute la journée ».
Tout un monde qui se met en branle pour le 15 août chaque année. Et se met sur son 31, en costume et haut de forme. Sur la prairie l’après-midi, présentation des attelages, maniabilité et élégance se succéderont en cadence avant la remise des prix vers 18 h. « Nous aurons également des spectacles équestres des chevaux Boulonnais par l’association Traits d’élégance », assure Marie-Thérèse.
Pas moins de 80 chevaux fouleront les pâtures. Parmi les éleveurs, Olivier Blond, éleveur de Boulonnais de Foufflin-Ricametz (62), sera de la partie. « Il est très calme avec les chevaux. C’est mieux si on veut faire quelque chose avec eux ! », rappelle Marie-Thérèse Cadet. Debruyne, de Quaëdypre, sera de la partie.
La fête de l’Attelage se prépare depuis un moment déjà. Beaucoup de Belges, venus de la région de Poperinge, étofferont la cohorte des participants au concours d’attelage en 2025. Des balades en carriole, les trompes de chasse d’Hazebrouck, une brocante équestre ou une exposition de voitures anciennes, entre autres, vaudront le déplacement. « Ça se perd un peu, il faut intéresser la nouvelle génération. On espère encore 2 000 visiteurs », tranche notre interlocutrice.
Depuis, avec son mari Francis, d’une lignée d’éleveurs de volailles de Steenwerck, ils ont acheté un corps de ferme à Boeschepe. Le Boulonnais, c’est l’amour de Marie-Thérèse et de son mari Francis. Ils en ont même deux, Farceur et Ohlala, inséparables dans la vie. L’un âgé de 33 ans, mais encore facétieux et fougueux, croisé arabo-boulonnais. « On ne peut pas l’emmener en balade sur les routes, pas assez calme ! », avoue-t-elle.
Comme il faut être deux pour danser le tango, Francis Cadet partage à 100 % la passion de sa femme. Les rôles sont bien distribués : Francis s’occupe de la ferme, Marie-Thérèse gère l’estaminet. Mais le jour de LA fête, c’est elle qui tient les rênes. « J’ai connu le passage au tracteur en 1964. J’avais 13 ans. Mais j’ai appris à conduire au cordeau le cheval et la charrue », nous éclaire Francis. La passion est revenue en épousant Marie-Thérèse. « C’est une fêlée du cheval. Moi je préfère les soigner. À la fête, je m’occupe des parkings, pour que tout le monde trouve une place ». Une retraite active et dynamique à plus de 70 ans. Rendez-vous le 15 août pour vivre cette passion (5 €, gratuit pour les enfants). Une rencontre de mobylettes devrait également animer la journée !
Frédéric Douchet

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