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Guinée : un projet pour soutenir l’agriculture grâce au numérique

07-02-2024

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Utiliser le numérique comme levier de développement de l’agriculture en Guinée et attirer les jeunes, c’est le projet porté par l’Afdi Hauts-de-France et la Fédération des paysans du Foutah Djallon. Présentation du projet avec Luc Allard, bénévole à l’Afdi.

Les responsables du collège des jeunes de la Fédération des paysans du Foutah Djallon et Luc Allard (au centre), lors de la présentation du projet en octobre dernier. © L. A.

DigitOp : c’est le nom d’un projet de coopération entre la région des Hauts-de-France et la Guinée, pays d’Afrique de l’Ouest. L’idée ? Favoriser l’accès au numérique pour développer l’agriculture locale et attirer les jeunes.

Ce projet est porté par la section régionale de l’Afdi (Agriculteurs français et développement international) et par la Fédération des paysans du Foutah Djallon (FPDP)  (FPDP). L’objectif : que 20 % des exploitations familiales de la fédération (30 000 adhérents) aient bientôt un accès à des services numériques d’information.

30 ans de collaboration

Le choix du Foutah Djallon, région montagneuse de Guinée, ne doit rien au hasard. « Depuis plus de 30 ans, l’Afdi Hauts-de-France travaille avec la FPDP et a aidé notamment au développement de la culture de la pomme de terre dans cette région, explique Luc Allard, bénévole de l’association des Hauts-de-France. Chaque année, tous les plants sont achetés dans le Pas-de-Calais. Et il y a là-bas un groupe de jeunes agriculteurs très dynamiques, qui a beaucoup d’ambition et qui doit reprendre un peu le flambeau. »

Ils sont ainsi plusieurs dizaines à vouloir développer l’agriculture pour se développer économiquement et contrecarrer l’émigration. « Ça nous intéresse pour fixer les jeunes, explique Luc Allard. C’est aussi montrer qu’il y a de l’argent et de l’épanouissement à gagner sur place. » Car comme partout, l’activité agricole n’attire pas ou peu les jeunes générations. Pour autant, si les exploitations y sont plus petites qu’en France – de deux à trois hectares jusqu’à une dizaine selon l’agriculteur installé dans l’Aisne -, « quand on y travaille bien, on peut bien gagner sa vie ».

Lire aussi : Coopérations : Les actions de l’Afdi Hauts-de-France

Loin des idées reçues, tous les agriculteurs sont équipés d’un smartphone. Et si l’accès à internet peut être complexe dans certains territoires, la digitalisation les intéresse. « Leur but, c’est d’arriver à se former via les smartphones », continue Luc Allard. Le projet DigitOp envisage ainsi de créer une bibliothèque technique et juridique en ligne, mais également de construire une base de données sur les prix et les marchés agricoles, en partenariat avec l’organisation Afrique verte internationale. Derrière tout ça, l’idée est de diffuser plus rapidement toutes les informations dont ont besoin les producteurs locaux : l’accès aux intrants, les conditions de vente, les évolutions techniques…

« Avant, on partageait l’info par mail. Aujourd’hui, il y a WhatsApp »

« C’est assez novateur, les paysans sont équipés et ils ont envie, observe Luc Allard. L’idée est que ça serve à tout le monde et que la communication passe mieux. C’est ce qui manque. Les voies de communication en Guinée sont mauvaises, le commerce s’en trouve freiné. Mais on peut intervenir sur le numérique. »

DigitOp devrait durer trois ans au total. En octobre dernier, Luc Allard s’est rendu sur place pour rencontrer les membres de la FPDP, porteurs du projet, les acteurs locaux, ainsi que des opérateurs de télécoms avec lesquels les porteurs de DigitOp comptent travailler. Une « grande messe » pour lancer symboliquement le projet.

Kévin Saroul

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