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23-06-2020

L’option cynégétique du lycée de Bapaume dans le viseur des animalistes

Une pétition en ligne lancée début juin veut supprimer l’option cynégétique et faune sauvage proposée par l’institut Saint-Éloi de Bapaume (62). Le président de la Fédération des chasseurs du Nord-Pas de Calais a lancé une contre-pétition de soutien. Récit des faits.

Une pétition en ligne a été lancée début juin contre l'option cynégétique et faune sauvage, proposéepar deux établissements en France dont l'Institut Saint-Éloi de Bapaume. Une contre-pétition a été rédigéepar le président de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais. Récit des faits.
L’option cynégétique et faune sauvage viserait avant tout à apprendre à reconnaître et à préserver la faune qui vit aux abords des champs. ©DR

Tout est parti d’une vidéo mise en ligne par Pierre Rigaux, naturaliste français connu pour ses positions anti-chasse, au mois de mai 2020. Sous le titre Un ex-élève de lycée « chasse » témoigne, elle relayait le témoignage anonyme d’un « ancien étudiant en bac GMNF (Gestion des milieux naturels et de la faune) » assurant avoir été emmené en voyage scolaire en 2016 dans un domaine de chasse privé pour une battue de chasse qui l’aurait profondément choqué. « C’est un abattoir en fait, c’est vraiment un abattoir », répète-t-il plusieurs fois.

Récupération militante

Difficile de vérifier la véracité du témoignage, mais vrai ou pas, le militantisme web s’en empare. Début juin, une pétition en ligne est lancée sur le site mesopinions.com « pour interdire l’option chasse au bac dans les lycées agricoles de France ». Elle recueille près de 80 000 signatures. L’autrice, Gabrielle Paillot, militante de la cause animale, est une habituée des pétitions en ligne (59 à son actif sur ce site).

La pétition relaie la vidéo de Pierre Rigaux, ainsi que deux articles de presse mentionnant les deux seuls lycées à proposer l’option cynégétique et faune sauvage : l’institut Saint-Joseph dans l’Aude (11), et l’Institut Saint-Éloi de Bapaume dans le Pas-de-Calais (62).

En soutien, une contre-pétition est créée sur le même site par le président de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, Willy Schraen. Elle avait recueilli (à l’heure où nous publions cet article) un peu plus de 10 000 signatures. 

Des faits antérieurs à l’ouverture de l’option

Dans les couloirs du lycée, l’heure est à la sidération. « Il y a quelque chose de détourné, explique Stéphanie Douale, directrice de l’Institut Saint-Éloi. L’Institut Saint-Éloi ne dispense pas la formation en bac pro GMNF que le jeune homme de la vidéo dit avoir suivie. Chez nous, ce n’est qu’une option. De plus, les faits qu’il rapporte datent de 2016, année où l’option n’était pas encore ouverte chez nous. »

« Profondément choqué et peiné » par les 80 000 signatures attaquant ces cours, le professeur enseignant cette option à l’institut Saint-Éloi a écrit au ministère : « Nous n’enseignons pas à nos élèves « le maniement des armes et du crime », comme nos détracteurs aiment à le faire croire, développe-t-il. Il s’agit (…) de sensibiliser les futurs agriculteurs et acteurs du monde rural à la faune sauvage (…). Les élèves n’ont jamais touché ou même vu une arme au cours de l’option. »

« Nos élèves apprennent à faire des plantations, à construire des nichoirs… On n’apprend pas aux jeunes à chasser », insiste la directrice.

« Entre propos diffamatoires, erreur dans l’intitulé de l’option, vidéo douteuse d’un ancien bac pro GMNF, conclut le professeur, cette pétition ne trouve pas de fondement sérieux et légitime. J’ai l’intime conviction qu’elle est juste un élément parmi de nombreux autres pour que cesse la chasse en France. »

Lucie De Gusseme

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