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06-09-2023

Flandre. La foire contée par Jacques Wyckaert

À la tête depuis 16 ans du comité d’organisation de la Foire d’Hazebrouck – qui se tient cette année jusqu’au 10 septembre – Jacques Wyckaert connaît son histoire sur le bout des doigts. Rencontré à quelques jours du coupé de ruban tricolore, il en choisit quelques morceaux.

Jacques Wyckaert (à droite) préside le comité d’organisation de la Foire d’Hazebrouck depuis seize ans. © J. D. P.

À une semaine du coup d’envoi des trois jours de foire, Jacques Wyckaert est sur tous les fronts. « J’ai la chance d’être entouré d’une bonne équipe, nuance-t-il, chacun ses responsabilités. »

Équipe à laquelle s’ajoute une centaine de bénévoles, qui viennent en renfort du 8 au 10 septembre pour accueillir les centaines d’exposants et milliers de visiteurs.

Naissance en 1946, virage en 1998

La foire d’Hazebrouck, c’est une histoire longue de 77 ans. « Elle est née sitôt après l’Armistice, en 1946, raconte le Flamand. On sortait de la guerre, c’était le temps où l’on demandait aux agriculteurs de nourrir le monde : il manquait de tout ! La foire a donc été créée pour inciter les gens à produire, présenter les nouvelles techniques, le matériel agricole… »

À cette époque, les tracteurs ne courent pas encore les champs. Mais dès les années 1950, les agriculteurs viennent à la foire d’Hazebrouck pour acheter leurs machines. Dix ans plus tard, elle s’élargit et devient également artisanale et commerciale.

Au fil des décennies, elle finit par s’essouffler. « Fin des années 1990, on était presque tombé à zéro !, reprend Jacques Wyckaert. À l’époque, on avait un grand responsable agricole dans les Flandres, Francis Fagoo, qui refusait de baisser les bras et voulait la redynamiser. Avec une poignée de responsables agricoles – dont moi, ajoute-t-il modestement – on a fait du porte à porte et remis en place la foire. Le virage date donc de 1998. »

38 000 visiteurs et 190 exposants en 2022

Depuis, l’organisation s’est rodée, enrichie par l’expérience des éditions successives. Le nombre de visiteurs et d’exposants est allé crescendo. Sauf en 2020, seule année qui a vu la foire d’Hazebrouck s’annuler. En 2022, 190 exposants et 38 000 visiteurs ont été comptabilisés en trois jours. « On se rend compte qu’on est à un sommet, on a du mal à faire mieux », analyse celui qui préside le comité d’organisation depuis seize ans.

« Cette année, on devrait être sur les mêmes chiffres, sachant qu’on est « concurrencés » par Terres de Jim. La date de la foire a toujours été le deuxième week-end de septembre, pour être après la braderie de Lille et avant l’opération Ville ouverte d’Hazebrouck », justifie-t-il. Si quelques exposants – cinq, d’après lui – ont choisi Cambrai exclusivement, la plupart se sont dédoublés, indique-t-il.

Rien de pire que la routine

Si le public vient en grande majorité de Flandres intérieures, Jacques Wyckaert se réjouit de voir la foire drainer de plus en plus large, « jusqu’en bordure du Pas-de-Calais, en Belgique… »

« Les gens ne viennent pas uniquement pour les bonnes affaires. C’est un moyen pour nous de communiquer, on s’exprime sur notre métier, notamment par nos forums et conférences. C’est aussi une façon d’animer la ville, de faire vivre les commerces et les restaurants. »

À la tête du comité d’organisation depuis 2008, Jacques Wyckaert jongle entre les incontournables – comme les animaux, facteur d’attraction des enfants et donc de leurs parents – et les nouveautés à initier pour perdurer. « Tous les ans, il faut se remettre en cause, il n’y a rien de pire que la routine ! Cette année, la grande nouveauté c’est la soirée Agri night une semaine avant la foire, pour profiter des chapiteaux encore vides : on attend 550 personnes au repas et on espère 1 200 personnes. » Objectif largement atteint.

L’an passé, les organisateurs ont proposé une messe en plein air. Gros succès. Pour cette deuxième édition ce dimanche 10 septembre, ils comptent sur plus de 500 personnes.

La foire, conclut Jacques Wyckaert, est organisée à 100 % par l’union agricole d’Hazebrouck. Avec une aide financière et technique de la ville et des collectivités, complète-t-il. « Mais c’est bien le syndicalisme qui la porte. On y tient. » 

Louise Tesse

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