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15-10-2025

Agnès Pannier-Runacher : « Je continuerai à porter mes combats à l’Assemblée nationale »

Agnès Pannier-Runacher a été de tous les gouvernements depuis 2018
et a choisi de ne pas repartir, entendant le besoin de rupture des Français. Elle reprend son mandat de députée du Pas-de-Calais, où elle compte poursuivre son engagement pour la réindustrialisation notamment, et « contre les extrêmes ».

Après sept ans au Gouvernement, Agnès Pannier-Runacher est de retour dans sa circonscription du Pas-de-Calais « au moment le plus parlementaire, sans doute, de la Cinquième République ». © K. S.

Pourquoi avoir quitté le gouvernement après y avoir participé depuis 2018 ? 

Après sept ans au gouvernement sous six Premiers ministres différents, j’ai fait le choix de ne pas solliciter de nouveau portefeuille ministériel. Je viens de la société civile et je suis quelqu’un de simple. Les Français nous demandent des ruptures dans le choix du Premier ministre, la composition du gouvernement, les politiques portées ? J’entends ce besoin et je me l’applique à moi-même. 

Mon engagement pour la réindustrialisation, la souveraineté énergétique et agricole et l’environnement reste entier, mais je vais désormais le porter en tant que députée de l’Arrageois dans le Pas-de-Calais, un territoire qui me tient particulièrement à cœur et où les enjeux sont immenses, notamment face à la montée des extrêmes. Je continuerai à porter mes combats à l’Assemblée nationale, au moment le plus parlementaire, sans doute, de la Cinquième République.

Quelles victoires retiendrez-vous de votre action ministérielle ?

En sept ans, j’ai porté beaucoup de politiques et j’ai été en première ligne pour soutenir l’économie et faire produire des vaccins pendant la période covid. J’ai plusieurs fiertés. 

Des textes d’abord : la loi sur l’accélération des énergies renouvelables, celle sur le développement du nucléaire et le texte qui reconnaît l’importance du nucléaire au niveau européen. Je pense aussi au troisième plan national d’adaptation au changement climatique et à la stratégie française énergie climat.

Des succès à l’international ensuite, tels que l’entrée en vigueur du traité sur la haute mer qui permet de réguler plus de 60 % des océans après vingt ans d’atermoiements. Mais ce dont je suis le plus fière, c’est le travail au quotidien sur la souveraineté énergétique et industrielle de la France : le sauvetage d’Ascoval, le lancement de la vallée européenne de la batterie électrique dans les Hauts-de-France ou de deux nouveaux réacteurs nucléaires à Gravelines, la création de plus d’emplois dans le Béthunois que Bridgestone n’en a supprimés ou encore les dispositifs comme le leasing social qui permet à des travailleurs modestes d’avoir accès à une voiture électrique pour 100 euros par mois. 

Quels regrets ?

Je n’ai pas pu présenter, alors qu’ils sont prêts, le plan de réduction de la pollution plastique ou la programmation pluriannuelle de l’énergie. J’aurais voulu simplifier et décentraliser la rénovation thermique pour lutter vraiment contre la précarité énergétique, j’aurais voulu travailler à la réduction de l’impact des pollutions sur la santé… Et puis j’ai dû batailler pour préserver les crédits essentiels à la rénovation énergétique, à la biodiversité ou à l’adaptation des territoires.

Plus profondément, je regrette aussi que notre lien à la nature soit distendu et que l’urgence climatique ne soit pas toujours perçue à sa juste mesure, alors que les Français attendent des réponses fortes et stables. On ne le sait que trop dans ce territoire du Pas-de-Calais qui alterne sécheresses et inondations depuis quelques années.

Quelles priorités pour votre successeure à la Transition écologique ?

Il y a d’abord un agenda climatique international très important où la France doit continuer à jouer son rôle de leader face aux Etats-Unis et à la Chine. Rien ne serait pire que de céder à la facilité et au court-termisme.

Au niveau national, la priorité absolue doit être de garantir un budget à la hauteur des enjeux et qui soit avant tout dédié à l’accompagnement des ménages, des collectivités locales et des entreprises notamment ceux qui ont le moins de moyens. Je suis inquiète aussi pour la politique énergétique de notre pays : nous avons tous les ingrédients pour être indépendants et proposer de l’électricité à coût très compétitif, mais les postures politiques ont empêché de prendre les décisions qui s’imposent. Enfin, il est crucial de restaurer la confiance dans l’action publique en associant davantage les citoyens et les acteurs locaux à ces transformations.

Quelles priorités pour votre mandat de députée du Pas-de-Calais ?

Je suis une élue de proximité et je veux être un relais efficace à l’Assemblée nationale. On connaît aussi mes combats pour défendre la réindustrialisation, protéger notre territoire des risques climatiques ou des pollutions. Mais je veux aussi être active sur la santé mentale, notamment des plus jeunes, ou sur la formation. Et bien sûr je vais porter une voix progressiste, ancrée dans les réalités du terrain, pour contrer les discours de repli.

Propos recueillis par Justine Demade Pellorce

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