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30-12-2024

Habitat : de « passoire » à exemple de rénovation thermique

Depuis 2017, les anciennes cités minières font l’objet de rénovation d’ampleur. À la cité-jardin Barrois, à Pecquencourt, ce sont ainsi 321 maisons qui sont passées du statut de « passoire » thermique à véritable exemple de la rénovation énergétique.

La cité Barrois fait partie des cités minières classées au patrimoine mondial de l’Unesco qui bénéficie d’une rénovation d’ampleur de ses logements. © E. P.

À Pecquencourt (62), la cité-jardin Barrois est reconnaissable entre mille, avec ses maisons semi-mitoyennes et ses porches arrondis. Cette cité minière fait l’objet, comme la quasi-totalité de l’habitat minier du Nord-Pas de Calais, de rénovations d’ampleur. Plusieurs années de travaux qui toucheront à leur fin durant le premier trimestre 2025 en ce qui concerne la cité Barrois.

De « passoires thermiques », ces maisons de mineurs sont devenues des exemples de la rénovation énergétique, « du neuf dans de l’ancien », résume Franck Mac Farlane, responsable recherche et expertise pour Maisons et cités, bailleur propriétaire de la cité Barrois.

Mais pour en arriver là, il a fallu faire avec les contraintes de cet habitat ancien, mais surtout, classé à l’Unesco.

321 logements rénovés

Concernant la cité Barrois, tout commence en 2020 : « Nous avions 321 logements à rénover. Il y a eu trois tranches de travaux. Dans un premier temps, pour réaliser les travaux, nous profitions de déménagement sans remettre en location le logement. Mais passé un certain seuil, il a fallu faire autrement et proposer des solutions de relogement. Deux possibilités : le déménagement provisoire dans un logement déjà rénové puis un retour au logement d’origine, ou bien un déménagement définitif. »

Bien que les habitants aient un attachement particulier à leur logement, 60 % d’entre eux ont décidé de choisir la mutation définitive : « Le fait est qu’on pouvait proposer des logements plus adaptés à leur situation actuelle, de plain-pied, par exemple, à des personnes âgées. L’une des difficultés des rénovations était la pluralité des configurations : 14 au total, du T2 au T7 ! Mais cette pluralité a aussi permis de reloger en fonction des besoins », explique Vincent Leclercq, responsable réalisations.

Les habitants ont d’ailleurs été mis au cœur du dispositif : « Nous avions mis en place des groupes de travail avec les habitants. C’était important car ils sont très attachés à leur maison et ça a permis aussi que la transition soit douce », ajoute le responsable réalisations.

Mise à nu

Du fait du classement à l’Unesco, « on ne pouvait pas modifier l’aspect extérieur des maisons. On a donc tout fait en passant par l’intérieur. On est venu complètement mettre à nu les logements pour tout refaire car en réalité, il n’y avait jamais eu de travaux d’ampleur dans ces logements », décrit Franck Mac Farlane.

Dans les années 1980, il y avait bien eu l’introduction des sanitaires à l’intérieur des logements. Puis dans les années 1990, la mise en place du chauffage central alors que « certains étaient encore au charbon ! » Mais des travaux comme ceux entrepris depuis 2020, il n’y en avait jamais eu.

« C’est l’enveloppe de l’ERBM (pour Engagement pour le renouveau du bassin minier, un programme de l’État et des collectivités locales pour transformer le territoire du bassin minier sur dix ans) qui a permis cela. L’idée a vraiment été de faire passer ces passoires thermiques (au diagnostic énergétique E, F ou G, ndlr) a des étiquettes C. En réalité, on est arrivé sur des étiquettes BBC, c’est-à-dire mieux que C mais pas B. Le gain en confort est énorme pour les habitants ! »

Une remise en état des systèmes électriques, des sanitaires et la mise en place de volets électriques et d’un système de contrôle du chauffage sont venues compléter cette rénovation complète. Comptez trois à quatre mois de travaux par logement !

Mais les travaux ne concernent pas que les logements. « La commune de Pecquencourt a beaucoup investi le projet, notamment en engageant des travaux de rénovation des espaces verts et de la voirie. C’est vraiment une autre cité ! »

Matériaux innovants

Dans cette quête de gains énergétiques, Maisons et Cités a choisi de faire appel aux matériaux biosourcés, notamment le béton de chanvre, entre autres. « On a fait des tests, sur une ancienne maison d’ingénieurs où sur chaque paroi, on a mis un éco-matériau différent. Il fallait trouver un matériau qui puisse à la fois bien isoler mais aussi qui puisse gérer les infiltrations dues au fait que les murs sont en briques. Le béton de chanvre est apparu comme le meilleur compromis », explique Franck Mac Farlane.

« C’est une production française, qui peut être utilisée en brique ou en projection, en fonction de la saison de réalisation de l’isolation : en projection, le temps de séchage est très long », ajoute Vincent Leclercq. Pour ce dernier, « ces travaux sont une adaptation au réchauffement climatique mais permettent aussi d’atténuer l’impact écologique des logements. On divise par trois ou quatre la consommation d’énergie de ces logements ! »

Des travaux qui ont un coût. « On a bénéficié d’aides et de subventions mais on a aussi décidé de faire contribuer les locataires via une augmentation du loyer entre 10 et 20 € par mois, mais parallèlement, ils vont fortement réduire leurs factures d’énergies », conclut Franck Mac Farlane.

Au total, Maisons et Cités a rénové 4 000 logements par an depuis 2017 et souhaite atteindre 36 000 logements rénovés d’ici 2032.

Pour rappel, selon la Mission Bassin Minier, on compte 353 cités minières dans le Nord-Pas de Calais, dont 51 classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Eglantine Puel 

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